Qui dit danse, dit corps dansant. Et la question du corps, comme celle du sexe, demeure l’un des tabous de nos sociétés arabes à qui l’on a fait la part belle lors de ce festival. Est-il d’ailleurs indispensable de définir l’identité sexuelle du corps dansant pour pouvoir apprécier une chorégraphie ? Et qui aurait la légitimité de le faire ? Ces questions –et bien d’autres- ont été posées avec un sens esthétique non dénué d’audace à travers un extrait du spectacle « Tijwal » d’Alexandre Paulikevitch et « Dresse-le pour moi » de Nancy Naous (avec Alexandre Paulikevitch et Nadim Bahsoun). C’était la première fois que « Tijwal » était présenté dans un pays arabe, en dehors du Liban, patrie du danseur. Malheureusement –ou heureusement !- pour Alexandre Paulikevitch, la jupe longue faisant partie du costume qu’il se préparait à vêtir sur scène s’est déchirée. Imperturbable et en caleçon, ce dernier a déclaré : « Je crois que je vais danser pour vous comme ça ! »… sous les applaudissements du public ! L’absence du dit costume ne diminuait en rien la grâce des mouvements de danse orientale, de même qu’elle n’atténuait pas la violence des insultes prononcées, sur la musique, par une douce voix féminine, sur un ton quasi neutre, et qui représentaient une partie des injures que Paulikevitch avait reçues dans les rues de Beyrouth.