Par Mehdi Khodjet El Khil

Pendant ce mois historique de janvier 2011, un rêve s’est réalisé ! Plus fort que le rêve de faire chuter un dictateur, encore plus fort que le rêve de faire chuter les caciques d’un régime dictatorial, le monde a pu observer le peuple tunisien prendre son destin en main, autogérer, s’autodéterminer!

En effet, devant les exactions terroristes des milices antirévolutionnaires de la dictature de ZABA et des RCDistes rémanents, le peuple tunisien a pris l’initiative d’administrer son propre destin ! De manière spontanée, unanime et à l’échelle de la nation, le peuple s’est structuré et organisé en comités de quartier pour assurer d’abord sa sécurité et en a profité pour faire voler en éclat la censure et la propagande de 23 ans de dictature. Le réveil des consciences a été le plus fort de tous les miracles !

Les comités de quartier, socles de la patrie tunisienne, sont appelés à se former ou se reformer en assemblée générale constituante populaire. Leur rôle sera dans un premier temps éducatif et culturel afin de rependre dans la société l’idéal démocratique. Tout citoyen, sans exception, est invité à y participer pour y débattre de l’avenir et du développement de son quartier, de sa ville et de la nation. Ces assemblées constituantes devront être institutionnalisées et pourront alors participer aux décisions locales en intervenant dans les conseils municipaux. Des élections devront être organisées de manière à ce que ces assemblées puissent se faire représenter par des délégués au niveau de confédérations, à l’échelle des villes et des gouvernorats et enfin de la nation. Le rôle de la confédération nationale sera dans un premier temps le suivi du développement de la politique du gouvernement nationale. Dans un second temps, elle pourra lui faire remonter les propositions qui auront été suggérer au niveau local et appuyer leurs applications.

Le réseau de citoyens pour la démocratie inclusive, hébergé sur Facebook, fait le vœu de faire exister durablement cette expression fondamentale et sincère de l’autodétermination du peuple tunisien ! Ce réseau se propose d’être la plateforme structurelle et centrale de la fédération des assemblées populaires de quartier à l’échelle nationale. Il sera le catalyseur de la décentralisation du pouvoir et la garantie de l’intégration de tous les citoyens dans la construction de la démocratie locale et nationale. Grace aux réseaux sociaux tel que Facebook, chaque citoyen pourra à tout moment se connecter, participer par sa voix et contribuer par son action aux initiatives des assemblées de quartier et de la confédération.

En constituant une fédération d’assemblée populaire à l’échelle nationale, le peuple tunisien pourra jouir d’un espace de liberté et de démocratie inédit dans le monde. Cette fédération, née de la prise de conscience du peuple tunisien, aura le pouvoir illimité de permettre la libre expression des idées et la libre circulation de l’information. Elle deviendra alors l’organe populaire de vigilance qui maintiendra tout gouvernement sous « haute » surveillance. Elle pourra alors se constituer en un contre gouvernement à l’image des « cabinets fantômes », qui existent déjà dans plusieurs pays. A la différence de ce qui existe déjà, ce contre-gouvernement ne sera pas constituer par un parti politique en particulier, désireux de prendre le pouvoir, mais par des citoyens libres et désireux de garantir l’expression et l’application de la démocratie. Avec le pouvoir de mobiliser des milliers de personnes en très peu de temps, ce contre-pouvoir sera la garantie que les acquis de la révolution tunisienne ne seront jamais détournés, bafoués…

En termes d’économie inclusive, le contre-gouvernement sera en mesure de développer des projets locaux s’inspirant des bonnes pratiques de l’économie alternative pour une meilleure redistribution des richesses dans le respect de l’environnement et des spécificités locales. Par exemple : Il pourra mettre en place une banque de temps ou « time banking ». Ce concept, qui a déjà fait ses preuves, est un système monétaire alternatif qui permet de rémunérer les volontaires et les sans-emplois, ayant donné de leur temps pour un échange de services, en « crédit temps » utilisables pour acheter des produits et d’autres biens de services (santé, éducation, …). Ceci viendra en aide aux communautés locales et aux chômeurs, leur permettant d’avoir une activité rémunératrice, le temps de trouver ou de développer des emplois stables et durables.

La marche des braves et la révolution de la kasbah aurait bénéficié de l’appui de la fédération si elle avait existé ! Ainsi le socle du peuple tunisien n’aurait jamais été évacué comme de simples citoyens de seconde zone : en démocratie, le citoyen de seconde zone n’existe pas !

Dans le cas prévisible où le peuple tunisien fera le choix de se faire représenter par un gouvernement élu au suffrage universel, il ne faudrait pas que ce même peuple lui livre totalement sa confiance au risque de se faire trahir. La fédération de comité populaire de quartier deviendra alors pour la première fois dans l’histoire de l’humanité le premier syndicat du peuple libre. Il sera la première force historique de lutte et de vigilance contre les forces anti-démocratiques à l’œuvre dans notre cher pays meurtri !

Compte tenu de la composition et de la nature des initiatives du gouvernement d’union nationale, l’avenir de notre démocratie et de la révolution tunisienne est incertain. Aussi et sans attendre les modifications chronophages et probablement ambigus de la constitution tunisienne, ou bien la mise en place d’élection qui pourrait se révéler frauduleuses, le peuple tunisien a besoin de cette structure populaire indépendante pour se défendre et se prémunir des initiatives des forces anti-démocratiques et antirévolutionnaires, à l’œuvre dans notre pays !

Autogestion, auto-administration et autodétermination : Le peuple tunisien garde son destin entre ses mains !

Le réseau citoyen pour la démocratie inclusive
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