Abdallah Kallel, Abdelaziz Ben Dhia et Abdelwahab Abdallah

Par Tahar Amri

Dans une vidéo sur le Facebook, j’ai suivi comme nombre de Tunisiens, avec stupéfaction, les 3 “Abadillah”, Abdelaziz Ben Dhia, Abdelwaheb Abdallah, Abdallah Kallel user de la force de ce qui restait dans leurs coups de poing contre les journalistes tunisiens dépêchés pour couvrir leur conduite chez le juge d’instruction au palais de la justice à Tunis.

C’est que durant les 23 ans de plomb, ces trois fonctionnaires de l’Etat ont pris l’habitude d’user de leurs coups de poing pour seul langage pour museler la presse et mater le peuple.

Jusqu’à la veille du 14 janvier, ils utilisaient les armes, l’escroquerie, le vol, la corruption, la tricherie, pour abattre et s’abattre sur les innocents usant et abusant de leurs sinistres pouvoirs et de celui de leur tyran qui squattait le palais de Cartahge.

Les voilà donc entre les mains de la justice tunisienne libérée qu’ils ont longtemps piétinée, eux, Mr Ben Dhia, Mr Abdelwaheb et Mr Kallel.

Malheureusement pour eux, les grosses matraques, les kalachnikov ou les armes à jumelles des tireurs de votre sanguinaire ne sont plus là pour torturer, terroriser, exiler ou tuer les braves tunisiens.

Les Tunisiens se sentent, certainement, mieux sans eux. L’histoire s’écrira correctement avec des plumes fiables loin d’eux, eux qui ont tout falsifié :

1- la prise du pouvoir une certaine matinée du 7 novembre, un putsch déguisé et maquillé en changement,

2- le parcours sanguinaire de votre despote, qualifé, injustement, d’“artisan du changement”. Celui qui en 1984, tirait, personnellement, à balles réelles sur la foule désarmée à la cité de Bab Al Khdhra, ne peut être qualifié d’artisan. Le qualificatif qui lui convenait le mieux était le terme d'”assassin”,

3- la constitution, délibérément, taillée à la mesure du président déchu et affamé de mandats qu’il aimait briguer contre la volonté des tunisiens.

Comme ils sont devenus détestables, tristes figures de notre malheur, les serviteurs de Caligulla, de Néron !

Mrs Andellaziz Ben Dhia, Abdelwaheb Andelalh, Abdellah Kllal, indignez-vous. Acceptez votre sort et assumez votre responsabilité et demandez pardon à ce brave peuple qui vous a supporté pendant les 23 années de feu et de sang.

Le peuple tunisien a fait preuve de beaucoup de civilité, de respect et de responsabilité à votre égard. Ce fut un devoir, certes. Sous votre règne, des innocents seraient, sauvagement, lynchés et rejetés, sans jugement, dans les oubliettes des sinistres caves de vos geôles.

Ici, vous êtes, dignement, conduits chez le juge d’instruction, sans menottes, bien escortés, entourés de vos proches et de vos avocats pour répondre de vos abus face à une justice respectant tous vos droits. Apprenez les grandes valeurs de ce grand peuple que vous avez longtemps humilié et assujetti.

La révolution vous a, certainement, libéré de votre satanique esprit et sauvé de votre maléfique âme. Avez-vous la lucidité de saisir cette leçon de l’histoire?

Dépossédés malgré vous, des abus du pouvoir que vous avez pratiqués, sous le règne du tyranneau, vous aurez tout le temps de ruminer votre triste histoire et de revivre tout le mal que vous avez infligé aux tunisiens :

1. vous, Mr Kallel qui avez torturé jusqu’à la mort vos victimes dans les caves de l’avenue Bourguiba du temps où vous étiez ministre de la terreur au portefeuille de l’intérieur?

2. vous, Mr Abdellah qui avez conseillé à votre despote d’interdire aux tunisiens de suivre en direct les funérailles de Bourguiba. Les tunisiens qui étaient autorisés à suivre les funérailles du feu Hassen II, de Diana, de Sadate et du roi Houssein de Jordanie se voient privés de jeter un dernier regard sur le fondateur de la nouvelle Tunisie. Vous étiez le malheureux conseiller, en information, du chef du clan mafieux,

3. vous, Mr Ben Dhia qui avez usé de votre science en droit pour charcuter notre constitution et cautionné les abus de votre ancien maître. Vous étiez ministre et mauvais porte parole à la langue de bois, au président déchu, qui ne connaissait que la langue des balles.

A la décharge de l’histoire, enfin, on vous rejette sans regret ni remords. Quel soulagement!