Monsieur le Premier Ministre Intérimaire,

J’étais depuis la première minute un de vos plus fervents supporters, à toujours défendre et justifier vos propos et vos positions et ce jusqu’à la lecture de l’article paru dans le NYT.

Vos propos étaient non seulement choquants mais également injurieux et surtout illusoires.

“When someone is hungry asking for food, you only give him what he needs, you don’t give him more, or else he might die, so we offer a step-by-step approach”.

Sur ce point, je vais me permettre de vous rappeler que vous n’avez rien à donner à qui que ce soit, que le peuple s’est libéré seul d’une tyrannie que vous avez personnellement contribué à mettre en place.

Vous aurez beau nous ressasser le passé glorieux de Bourguiba, les acquis pour le droit de la femme, l’éducation, la santé etc., mais nous connaissons tous le revers de la médaille, la dictature, la torture et l’enchaînement des libertés individuelles qui se sont multipliés durant ces années glorieuses.

Personne ne nous a donné ce dont nous avions besoin, nous l’avons pris tout seuls !
Les Tunisiens sont morts sous les balles d’autres Tunisiens pour qu’aujourd’hui vous soyez reçu par le président des Etats Unis et autres puissants de ce monde.

Le peuple seul, a pris ce qui lui ai dû et a ouvert la voie aux autres peuples pour faire de même. Nous ne devons rien à personne

[…] he also acknowledged that he was not yet ready to retire and hoped for a continued role in the new government — perhaps as its prime minister.

“Why not?” he asked. “When you are a politician, it means to work for the benefit of the country, not to stay home. In politics, it ends only when one dies.”

Passant maintenant à vos espérances à rester à votre poste après les élections, je vais me permettre de vous rappeler vos maints engagements à quitter la scène politique après les élections, je tiens à vous rappeler aussi que dès votre prise de fonctions, vous étiez celui qui a demandé aux ministres qui avaient des projets à long terme de quitter leur poste par souci de crédibilité.

Le temps où les visages politiques ne changeaient pas pendant des années est révolu, et peu importent vos ententes avec les partis politiques, aujourd’hui seul le peuple décide.

La carrière d’un politique ne s’arrête pas quand il meurt comme vous semblez le croire, mais quand le peuple le décide. Et si vous avez la mémoire courte je m’en vais vous le rappeler. Il nous a fallu moins d’un mois pour faire tomber une dictature, quelques jours pour son gouvernement de corrompu et encore quelques jours pour son Premier Ministre incompétent.

Alors ne vous méprenez pas, Monsieur, vous occupez ce siège parce que le peuple vous le permet.

Sachant que vous êtes amateur de citation, voici ma préférée “Power of the People is Stronger than People in Power”. Wael Ghonim (Ingenieur egyptien, 31 ans)

Je pensais que l’âge avancé était synonyme de sagesse, cela ne semble pas être votre cas, alors je me permets de vous donner un conseil, le 23 sortez par la grande porte, car peu importe ce que les politiques pensent, le peuple veille et il n’est pas dupe.

Cordialement,
Hichem</strong>