En informatique la résilience c’est la continuité ou reprise d’activité sur un site éloigné après un incident grave sur une configuration d’origine.

C’est dire que la « vie » reprend son cours.

Toutefois, ce qui est important à clarifier pour avancer c’est la nature de l’incident si on peut se permettre le parallèle avec des situations humaines telles que l’emprisonnement, l’exclusion ou la torture. Par exemple la situation des islamistes dans les dernières 50 années ou la situation d’autres avant cette période.

C’est un parallèle qu’on peut faire aussi pour tous les émigrés que le jeu des égos met sur les routes.

Le même parallèle peut se faire avec ceux qui restent sur place mais dépossédés de leur liberté remplacée par une mécanique asservit.

Le problème en Tunisie est que la société tunisienne reste effritée. Elle n a jamais eu une consistance suffisante pour parer aux horreurs qu’on a vu ces dernières années mais également avant et depuis des siècles car dans un si petit pays en surface comment se fait il qu’il y ait autant d’égos disparates ornés d’autant de régionalismes et d’archaïsmes ?

Il y a eu et qu’il y aura encore et encore la violence des uns envers les autres si la résilience ne s’accompagne pas par un travail de terrain.

Islamistes, gauchistes, yousséfistes, bourguibistes, modernistes, salafistes , nord ouest, sud, bizertins, …

Que de qualificatifs, pour régressivement appartenir à un clan, fuir le compromis avec l’autre, se cacher dans l’angoisse, se leurrer par l’exclusion, la division, le non partage … et en fin de compte simplement nier l’égoïsme et nier une certaine culpabilité envers son prochain et donc envers soi même.

L’égoïsme au nom de la nation, de l’islam, de la modernité, du passé, de l’origine, …

Le partage, lui, n’a pas besoin d’alibi … la citoyenneté non plus.

On peut se poser la question de savoir quelles étaient ou quelles sont les interrogations et les rêves d’un jeune exclu de toute époque plongé, dans les guerres, les poteaux de torture, la nature, la supériorité technologique des autres, l’énormité des problèmes à résoudre, la dictature profane ou religieuse, la ruse des guerriers, la contrebande, la drogue, la rivalité des sorciers et des chefs …

Le rêve c’est la faveur de toute la désunion, la fleur de l’inconsistance.

C’est la poésie du tiraillement entre les pertes de repères, le refuge identitaire ou le déni.

C’est la politesse des manipulations politico-médiatiques, des coups et des contre coups de ce que les ainés croyaient, naïvement ou pas, être des solutions par l’éradication et par l’injustice.

La résilience, quelque part est l’incident tant les situations passées étaient l’immaturité sociale au-delà du clan.

La résilience est le travail qui reste à faire et c’est la chance qu’il y a aujourd’hui pour construire un avenir commun capable de fusionner le rêve de ces exclus et des autres qui le seront sans cela.

La résilience est peut être du coup le poids de ce rêve, l’étincelle de la révolution, le travail d’évolution à venir.

Sans cette résilience il restera peut être le retour à la poésie à défaut de la paysannerie, de la nature, du temps antique supposé meilleur.

Ainsi au mieux c’est la résilience et le retour à la poésie et au pire ce n’est ni l’une ni l’autre.

Kamel Mahdhaoui
15 mars 2012