I- introduction

Par moment de révolution à la tunisienne, révolution de la jeunesse et des chômeurs (hauts diplômes et sans), soutenue sans réserve et immédiatement par la classe populaire et la classe moyenne, mais sans programme social et économique, ni un model culturel et politique, par conséquence avec des objectifs partagés (dignité, liberté, travail) et des moyens proposés/consentis par nature et dans la spontanéité/gravité de la situation (démocratie, justice transitionnelle, réconciliation nationale) le tout dans un régime républicain qui fait unanimité, et culturellement « pour la grande majorité des acteurs politiques et société civile » une ouverture sur le monde extérieur sans tabou avec un certain respect des singularités pour le besoin de l’identitaire ou l’affirmation de la différence, d’où l’acceptation collective de la transition du pouvoir par les institutions et puis par la construction et l’organisation d’un processus d’étapes (dissolution de deux chambres du parlement, président de transition, gouvernements de transition, créer la haute instance pour la défense des objectifs de la révolution…, l’ISIE) afin qu’élection transparente s’organise et que la légitimité des nouveaux hommes et femmes de l’état se prend par les urnes et idem pour la légalité.

II- le nouveau en discours politique et courants d’idée légalisé ou en attente.

Pendant la période de transition (l’après ben Ali harab) la société a permis l’apparition sur la seine publique de tout phénomène d’idée, culturel, politique … (nouveaux, ou anciennement réprimés…) qui se distinguent par le discours et les pratiques de la grande majorité des acteurs sociaux culturels et politiques. Sur le plan du discours politique/idéologique qui ne fait pas démocratie par sa nature d’origine, on a eu droit essentiellement à trois nouveaux courants reconnus légalement. Pour l’honnêteté et il faut le dire, ces courants politiques à ma connaissance ont fini d’accepter le jeu démocratique et la nécessité de la transparence de leurs actions politiques. – le discours universaliste « kilafa » avec le parti de Tahrir, même s’il n’a pas eu sa légalisation pour faute d’intégration de la démocratie comme l’outil politique pour gagner la majorité politique et à défaut de laisser le pouvoir (la passation démocratique du pouvoir d’une majorité à une autre), il représente toutefois, toute un discours politique bien identifié et avec des solides références en matiere de pensée politique, – l’internationale communiste avec le POCT, tous on a lu le grand slogan lors du congrès du parti oumamiyoun wa lakin wataniyoun, et la lutte des classes reste encore un élément qui fait encore la particularité du POCT, (je ne pas l’info que le POCT abandonne la lutte des classes).
– et le parti Elbaas, qui dans notre image collective, une fois arriver au pouvoir (…), voila nous avons l’expérience en Irak, et en Syrie… ces expériences ne joueront pas en sa faveur en matière des libertés individuels et en pluralisme politique.

l’actuel parti du développement et de la justice, parti salafiste, qui a intégré dans sa pensée politique le jeu démocratique, et il condamne les violences et les attaques contre les adversaires politiques et idéologiques, reste bien sur à convaincre davantage par les manières et les outils de son militantisme politique, et sur ce terrain de militantisme tous les partis sont invités à la transparence, donc à convaincre et à renforcer la démocratie et ses outils.

Dernièrement la dissidence de Mr Abderaouf Ayad (CPR), semble être une dissidence nationaliste de droite, vu ses déclarations au sujet de Hitler. Le nationalisme arabe était toujours un nationalisme de gauche (donc valeurs universelles et progressistes), les expériences en dictatures politiques (…), celle de Nasser est référence en ce paradoxe de progressisme et dictature, mérite d’être ré observée et ré restituée). Ce nouveau nationalisme de droite s’il se confirme, devient très préoccupant.

La légalité en matière de reconnaissance politique doit être conditionnée par l’intégration de chaque parti aux objectifs de la révolution et à considérer l’enjeu démocratie comme un enjeu partagé et durable. Par conséquence logique et naturelle, il reste à tous les partis, à nous convaincre, comme-même, à travers leurs pratiques militantes et propositions politiques, que la démocratie demeurera s’ils sont au pouvoir par les urnes l’outil et le mécanisme de relation dans la société et entre la société et l’état. Pour l’optimiste que je suis, je pense qu’ils sont capables de faire leurs preuves dans le sens des objectifs de la révolution et particulièrement en démocratie, c’est un défis historique à tout le monde et nullement à eux trois uniquement.

En dehors des ces cinq lignes politiques autant identifiées et historiquement connues et où on trouve plusieurs publications qui expliquent leurs philosophies de base, et ils se référent dans leur majorité à des expériences du verbe gouverner et du monde pouvoir. Ces expériences, on ne peut pas d’une manière ou d’une autre dire qu’elles sont toutes noires ou toutes blanches, déjà dans leurs époques elles étaient critiquées, aujourd’hui les temps en changés et surtout en Tunisie on est et grâce à nos martyres dans un espaces des libertés qui ne pas à négocier certes, mais chaque démocratie a besoin de légiférer pour garantir le meilleur fonctionnement, personne ne conteste le verbe légiférer et l’état a besoin et a le devoir de prendre sa place, personne n’est au dessus de la loi.

III- groupes et bandes en action
– D’autres groupes se référant au salafisme jihadiste, ont apparu sur la seine (la police et l’armée ont eu raison sur eux). Vu plusieurs données sociales et de territoire « en précarité… », politiques et géopolitiques (la géostratégie) locale « les contres révolution » et qui dépassent aussi les frontières nationales, la situation de la Libye (…), …, la menace de ces groupes et leurs alliés reste à l’ordre du jour. Le peuple doit préserver sa démocratie, l’état doit jouer son rôle à tous les niveaux (voila vite fait et avec tous les raccourcis).
– D’autres groupes perturbateurs de l’ordre public et de l’ordre religieux dans les mosquées se référèrent au salafisme avec la dite religiosité de leurs tenus vestimentaires et allure externe (barbe, Djellaba, épais, bâton) qui essayent d’imposer un certain comportement vestimentaire (hijab…) et relationnel (femme-homme) contre la mixité. Ces groupes dans leurs majorité sont fragiles et très facile d’être infiltrés et même utilisés pour d’autres fins contre révolutionnaire, nuire à l’état et à la révolution.
– Des groupes de contre bande bien organisés qui ont soufflet le chaud sur les prix (grande hausse des prix, en désobéissance revendiquée haut et fort, aux recommandations de l’état et de ses services de contrôle), au niveau des marchandises, le consommateur a souffert (rareté de certaines produits de 1ère nécessité), et pour les biens (+ + + de vole des voitures, motos, bétail…).
– D’autres (individus et familles) ont sauté sur l’occasion de l’absence des services de l’état, ils ont construit sur les terres de l’état et d’autrui.

– les agressions en public aux acteurs de théâtre, ou à certains acteurs du théâtre.

– agressions même aux journalistes qui ont essayé de couvrir certains procès. Libertés menacées et attaquées, par l’effet de la liberté ? De l’absence de l’autorité de l’état ? Par moment de liberté et de rétrécissement de la place de la loi toutes les suppositions et les lectures sont permises publiquement. Justes ou fausses, ce n’est pas notre question ici.

– même la milice rcdiste a violenté des journalistes venus pour la couverture des réunions politiques.

IV- exercices des libertés, et frustration des certains.
– Mais aussi du côté de la laïcité, on trouve des dures, les « extrémistes » laïcs, ou laïcs sans compassion, qui ne négocient pas leurs libertés, ont exercé leur droit à la liberté lors des démonstrations/manifestations (Persepolis,…) culturelles qui ont choqué (par l’effet de la surprise, de la nouveauté… peut importe).
La longue liste des nouveautés en phénomènes, actions, pratiques, seines de démonstration de force « défilés de puissance », exercices des libertés culturelles… ces pratiques sont nouvelles sur la seine de partage collectif télévision, cinéma, espace public, théâtre, mosquées… et elles ne sont pas inconnues à l’ensemble de la population. Tout cela pour dire que le vide créé par de recul de l’autorité ou de la terreur de l’état par la fuite du dictateur a profité presque à toute envie et divers excès de trouver une place sur la seine de partage collective. La révolution et le vide (en autorité de l’état) ont offert l’espace à se manifester.
Tout simplement, la liberté à atteint un niveau d’expression, de manifestation, de pratique et d’association dépassant des limités en matière des valeurs morales/sociétales plus ou moins anciennement (avant ben Ali harab ) collectivement partagées et même pour certaines seines (libertés) dépassant l’ordre juridique en vigueur « la loi en vigueur», ou bien, disant, tout simplement dépassants les règles qui faisaient ordre sociétal/social/public lors de la présence de l’état avant le 14 janvier 2011 (par la force de la tradition, de la dictature et du projet culturel du régime unique, par la force du modernisme permis, résultat du travail de longue haleine des mouvements des lumières pour certaines opérations/manifestations culturelles, pour d’autres elles sont parues choquantes par la force du consensus qui s’est imposé par le temps…), peut importe la cause.
Le dépassement violant des frontières de la coutume, de la l’habitude, de la routine existante avant le 14 janvier 2011 et de la dictature, est devenu un plat de résistance qui amuse une tranche de la société, profite à d’autres et choque et réjouit certains. Ces pratiques et expressions nouvelles, marginales, nouvelles libertés acquises ont atteint parfois des sommets de l’anarchie et des pratiques extrêmes qui ont menacé et qui menacent encore, le corps Tunisie, le vivre ensemble en étant toutes et tous libres et responsables et concernés par un destin collectif meilleur que le précédent, donc solidaires autour d’un socle commun et nécessairement consensuel pour les libertés, (mais quelles libertés ?). Toutefois, à mon sens, cette vision du destin commun (avec solidarité et consensus) est par nature aliénante à tout désir individuel ou de groupe qui menace tout élément structurant ce destin commun ou collectif. Il est question des libertés, d’émancipation, des valeurs traditionnelles, des valeurs imposées par le temps devenues habitudes et coutumes, difficile pour le mental collectif ou d’une large composante de la société à les transgresser. Certaines seines ou créations culturelles et artistiques,… choquent une large partie de la population, mais dans sa finalité « malgré la frustration de certains », elles provoquent des questionnements. Des seines de démonstration de force « défilés de puissance » par la référence religion, choquent, frustrent et générèrent la peur et inquiètent pour l’avenir. Quel type de société voulons-nous ensemble ? En plus avec la révolution, la liberté générée, le rétrécissement de la place de l’état (police, justice) sur l’espace public et à l’échelle sociale et économiques (malgré l’état d’urgence), la Tunisie est rentrée dans un travail démocratique malgré tout pour construire un nouveau socle commun en droits démocratiques singulières et universels, où religieux et laïcs, conservateurs et modernistes ont trouvé l’espace et le temps pour débattre et produire des consensus et faire aussi différences.
Les exemples qui on fait choc, donc réaction au niveau de la société et de l’état, sont nombreux :
– ceux qui se sont isolés pour faire la prière dans des garages et faire l’appel à la prière que deux fois par jours après leur journée de travail « croyant faire bien », mettant le monde des croyants en perplexe et les services de l’état en difficulté, ceux qui ont imposés les règles de la contre bande et ont pris le pouvoir sur le marché et ses règles, imposant des prix dépassant la capacité d’achat du consommateur et dépassant les prix calculés par l’état et ses services, ceux et celles qui ont agit d’une manière où d’une autre pour dire leurs tendance sexuelle, homosexualité…, la diffusion du film iranien persepolice (retouché ou pas ?), les discours de certains prêcheurs fondamentalistes locaux ou venus d’ailleurs…, le nikabe aux universités et …, avec toutes les mouvements de résistance, d’impuissance, de dialogue qui ont fonctionné à tous les niveaux de la société, la situation en Tunisie reste en mouvement, l’exercice de l’état s’améliore, les manières de nuire prendront d’autres formes. Et les libertés ? la société et l’état resteront liés par la logique s’opposer/contrôler, c’est la dialectique éternelle. Le contrat social valorisant au citoyen et lui permettant un large espace de participation politique continuera encore à être le lien idéal pour que société et état luttent et résistent contre les régressions.

La liste est longue et riche en questionnement et en peur et inquiétude, mais aussi en recherche de (s) solution (s).

Pour ce qui est du verbe réagir, chacun d’entre nous a eu le plaisir et le droits d’exprimer ce qu’il pense. Normal, nous sommes dans une société où la liberté d’expression est devenue un élément qui meuble l’espace de la réaction. L’état a mis en marche ses moyens pour dire son mot et s’exprimer par ses moyens régaliens (police, justice) sans prétendre avoir réussi, ni échouer totalement. Certains actions qui inquiètent le citoyen (en matière de violence continuent à être, mais l’état commence à travailler pour être présente), c’est une avancée significative, malgré tout. Mais aussi l’état a laissé le débat se faire dans l’espace public et sur les chaines de télévisions et… La société de son côté, n’a pas agit contre l’état (vu la non présence de l’état par la répression de toute liberté, ni par une ligne culturelle unique qu’elle souhaite imposer), mais la société se préserve d’un côté et continue à débattre de l’autre côté.

C’est dans cet espace du vide (absence de dictature policière et culturelle), que la nouvelle Tunisie avance et avancera dans la construction de sa démocratie, de sa nouvelle ouverture sur le monde et sur les cultures et les arts, de ses nouvelles solidarités. Toutes les forces présentes essaient de gagner, mais dans ces types des matchs, les manches sont illimitées, ni il s’agit d’un match de foot, ni de tennis, c’est une affaire de société où liberté et émancipation peuvent s’interroger mutuellement, par moment de démocratie bien sur, faut-il le rappeler encore. La régulation des relations dans l’espace public par l’état, n’est pas qu’une affaire de majorité politique sortie des urnes, c’est une affaire qui conjugue la chose publique, la tradition, les valeurs religieuses et celles qui se veulent universelles, la liberté, l’émancipation. Il ne s’agit pas d’une affaire de démocratie, 50% + 1 tu imposes ce que tu vois juste, loin de là, et heureusement. Les sociétés ne peuvent être que dans le changement et le mouvement. Evidement tout dépend vers où ? Et c’est là où le combat/débat s’installe et il aura surement besoin de l’état pour réguler, réprimer, appuyer, mettre le paquet en moyens pour certaines orientations… la société continue à être unie ou partagé contre l’état, mais avec la présence de l’état et en ayant besoin de l’état.

Au sujet du phénomène salafiste (surtout l’anarchique, le jihadiste, les groupes qui s’auto-apportent une légitimité par la façade « longue barbe, djellaba » perturbateurs de l’espace public et dans les mosquées), plusieurs de nos hommes politiques, sociologues… ont émis des avis. Le plus inquiétant pour moi est de considérer ce phénomène « qui ose défier les règles du vivre ensemble (le respect) et la loi de l’état, de la république, les lois qui font ordre public et font gagner l’espace public en sécurité » comme un phénomène passager.

Pour moi dire que le phénomène (salafiste jihadiste ou anarchique) est un phénomène passager, c’est plutôt être dans le discours et non pas dans la réponse (c’est un discours pour rassurer l’étranger, ou faussement minimiser le phénomène, ou pour s’empêcher de voir la source du problème dans l’absence d’une alternative économique et culturelle, être dans l’attentisme). En Tunisie on est dans ce vide qui est devenu par l’effet de (ben Ali harab) un espace d’expression libre, des propositions multiples, des divers débats…, afin de réussir en mouvement et en dynamique le changement (autre chose que la dictature) et gagner en démocratie et en dignité et en bien et mieux vivre ensemble.
Le phénomène salafiste (par ces méthodes d’agir « violence du verbe et physique ») vient perturber cette dynamique de changement par le débat et la démocratie dans cet espace de pluralisme gagné par la révolution. Le phénomène salafiste est un phénomène d’époque où injustice sociale, disparités territoriales et faiblesse/absence de l’état font partie du réel vécu, donc palpable. Le salafisme comme il est proposé aujourd’hui (valeurs, mode de vie et méthodes) ne pourra pas être l’alternative à la dictature. L’alternative c’est une autre société où se conjugue liberté, justice et développement, le tout dans un espace-temps où se conjugue aussi respect, émancipation, solidarité et pluralisme.

Ce phénomène salafiste jihadis, salafiste perturbateur et anarchique, n’est pas un phénomène qui offre un refuge identitaire (une recherche de sécurité dans le passé, par les outils du passé) pour être en conformité avec un modèle, dit sacré. C’est un phénomène de délinquance sociale, qui se transformera et mutera dans ses méthodes fur et à mesure de l’absence de l’état ou de sa présence. Donc il ne pas passager il est mutants, et c’est à la société d’être en veille active par le savoir, la culture, la démocratie et l’ouverture sur le monde.

V- la Tunisie des efforts demandés et des résultats à atteindre, et les objectifs de la révolution ?
Je pense que la Tunisie pour qu’elle réussi le changement pour un lendemain meilleur, elle doit se pencher sur son projet jeunesse en mettant fort l’accent sur l’éducatif, le culturel, l’apprentissage de la création et de la critique (l’esprit critique), de l’inventivité, de l’ouverture sur l’autre, ainsi on gagnera en démocratie, en émancipation, en pluralisme, en développement, par conséquence en vivre mieux et bien ensemble. Je pense que le projet culturel ne pourra pas être pensé en dehors de la jeunesse, il s’agit d’un projet de génération en génération et non pas uniquement d’un besoin d’âge. La petite enfance ce le dessin, les ados au sport, les jeunes au cinéma et les adultes au théâtre ou à l’opéra. C’est plus complexe que par le facile. Nous avons vécu durant des siècles où c’est uniquement la place sociale qui a décidé de l’avenir des enfants (des jeunes) (capital économique, culturel, symbolique) (avec une absence significative de l’état central, donc carence totale en politiques publique en matière de projet jeunesse), résultat : on avait alors plusieurs jeunesses. L’état de l’indépendance qui c’est voulu providence, donc responsable du tout (éducation, logement, santé, culture…), ne nous a pas offert une société qui favorise la créativité, qui respecte le choix, et qui offre le pluralisme et le possible historique en la chance à tous les territoires du pays où urbain et rural se joignent par le biais du développement et de la réussite des générations. L’offre (culturelle, sociale, économique, en éducation, en droit à la mobilité) de cet état de l’indépendance était déséquilibrée et à sens unique (garantir une belle image au pouvoir de l’état à l’étranger) accompagnée au même temps, par une dictature politique et la favorisation « par le lien familial, le lien du parti, le lien d’un réseau d’intérêt », des espaces d’activités économiques et d’investissement d’intérêt mafieux, excluant et spoliateurs. Durant 55 ans on a perdu en développement, en pluralisme, on a perdu en justice sociale et en justice tout simplement.

L’état de l’indépendance a falsifié son offre culturelle, il a limité son offre en développement et il a trompé le peuple par son offre en liberté et en dignité (l’offre politique), (évidement en terme d’héritage, le tout n’est pas noir, mais le tout est déséquilibré, d’un territoire à l’autre, d’un espace de vie à l’autre), même à l’étranger les tunisiens n’étaient pas égaux, le contrôle policé a déséquilibré l’égalité républicaine et l’espace sécurisant pour l’individu est devenu le parti politique (psd, rcd). Par conséquence l’opération (ben Ali harb) nous a laissé avec plusieurs jeunesses et pas qu’une seule société, et ce n’est pas que le déséquilibre en équipements entre un territoire et un autre qui à décidé de cette situation de grave et profondes inégalités, le mal est plus profond (…).
Le 17 décembre, le symbolique, intervient pour réunir un peuple contre un dictateur spoliateur. Le 14 janvier on gagne en liberté et en pluralisme. Le défit démocratique s’impose (comment organiser tout ça ?), c’est à nous de le construire et de le gagner. La place du culturel, du savoir, de la justice sociale, du type de modèle de développement choisi, nos taux et degrés de réussite décideront du niveau d’ouverture et de niveau de disponibilité au débat dans la société. Le chemin parcouru en développement et en justice sociale décidera des apports et des limites de nos avancées en démocratie, en sécurité et en pluralisme qui seront réalisées dans le sens d’un progrès social, humain et historique collectif. Donc c’est à nous de faire le bon choix politique.
Cette nouvelle époque qui s’offre à nous doit nous mener à travailler ensemble sur les éléments et les mécanismes qui ont fait rupture du lien social et du lien politique entre état et peuple, entre citoyen et politique, entre territoire marginalisé et territoire choisi pour assoir la belle image d’un régime despotique, les éléments de rupture entre une grande masse et culture, entre certaine jeunesse et pluralisme, entre rural et urbain et qui ont creusé les écarts entre les classes sociaux et provoquer les fractures (sociale, culturelle, énergétique, numérique et informationnelle …). Et puis donner la place aux mécanismes qui permettent de construire notre nouvelle société de justice sociale, de liberté et d’égalité des chances.

Les mécanismes de la casse sociale consacrés par la dictature durant plus qu’un demi siècle ont eu plusieurs axes d’action (culturel, politique, économique…) afin d’établir des frontières rigides entre les personnes et les groupes et garantir aux gens du système, leurs singulières belles vies (l’image de développement en Tunisie est une belle démonstration, d’un déséquilibre d’accès à la culture, à l’école, à l’eau potable…).
Néanmoins, c’est à nous de mettre les moyens et de dépasser les frontières de l’immobilisme et de faire tomber les limites et les barrières. Le sécuritaire n’a de sens que quant-il y a dégâts (…), troubles publics et menaces sérieuses et bien identifiées. On ne ressoude pas le problème des idées extrémistes qui n’admettent pas l’ouverture, le pluralisme et la démocratie, par le sécuritaire, mais nécessairement on a besoin de la sécurité, c’est a nos politiques de faire les bons choix et d’être constamment présents par les moyens de l’état (des politiques publiques pour toutes et tous (logement, santé, école, eau potable pour toutes et tous…), la violence légitime de l’état « police-justice » est une politique publique aussi), c’est le sens et l’intérêt individuel/commun de notre délégation de pouvoir par le vote et l’objectif de notre choix libre et éclairé (le bulletin dans urne) en servitude volontaire. Maintenant, faut-il insister, pour dire encore que les moyens de l’état ne sont pas que les moyens régaliens (police, justice), c’est aussi les moyens de l’état providence (moyens en culture, santé, loisirs…). Le défit démocratique et en pluralisme ne pourront être gagnés qu’en gagnant le défit en justice sociale et en sécurité (fur et à mesure évidement, dans le cadre d’un parcours de nos politiques publiques qui rassure, donc palpable, et où le constat en développement et en accès aux droits démocratiques se vit et se sent).
La révolution du 14 janvier n’est pas pour travailler sur l’artificiel pour le besoin d’une nouvelle image petitement et limitativement représentative, d’une classe sociale ou d’une autre, d’une majorité politique ou d’une autre, c’est un travail de rupture avec les manières de la dictature et la construction d’une autre culture de faire. L’urgence en sécurité s’impose, une réponse à la grande urgence sociale (précarité extrême) s’impose aussi. Ainsi la révolution de 14 janvier demeurera la révolution de la dignité, pour l’urbain et le rural, l’homme et la femme, et où besoin en sécurité et en liberté se conjugueront simultanément pour signifier la cohérence de l’action de l’état et permettre un climat de sécurité aux citoyens, aux étrangers, aux investisseurs et aux touristes.
Il s’agit alors d’avancer pour la bonne cause de toutes et tous, et non pas pour la cause d’une couleur ou d’une odeur, le jasmin… Nos deux couleurs collectives sont le rouge et le blanc, notre odeur nationale est le sang des martyres et blessés de la révolution et notre espoir collectif et la dignité et le développement, ainsi les barrières tombent et on gagne en pluralisme et en valeurs qui nous unissent. Le pluralisme se construit par le débat et l’échange et non pas par/et à travers les jugements des valeurs et les irruptions dans les mosquées et sur l’espace public (sit-in, grève anarchique, agression physique…) pour nuire à la liberté et mettre en danger l’intégrité physique des individus et les biens. Pour gagner en pluralisme, en démocratie, et en égalité des chances, C’est un travail sur les représentations, nos propres représentations, qui nous attend aussi. Bon été à toutes et à tous.

ben Ali harab.