En 1994, Moncef Marzouki, actuel Président de la Tunisie, avait tenté de se présenter aux élections présidentielles. La révolution n’était pas encore passée par là et il avait payé fort le prix de son ambition : 4 mois dans les geôles de Ben Ali ! Moncef Marzouki avait alors retrouvé la liberté grâce à l’intervention de Nelson Mandela. C’est Khadija Chérif, secrétaire générale adjointe de la FIDH qui avait rencontré Mandela à Tunis, pour plaider la cause de M. Marzouki. Aujourd’hui, il est libre et il est le Président de la Tunisie.

Manifestation de soutien à Jabeur Mejri. Tunis. 13 décembre 2013.

Nelson Mandela et Khadija Cherif, le 15 juin 1994, à Tunis. Crédit photo : FIDH

Mais le passé s’oublie et l’histoire se répète…

Le 10 décembre dernier, M. Marzouki a refusé pour la troisième fois de gracier Jabeur Mejri. Ce jeune homme âgé de 29 ans a été condamné le 28 mars 2012 à 7 ans et demi de prison pour atteinte aux bonnes mœurs. Il est accusé d’avoir publié des images et des textes insultant envers l’Islam. Il est le premier prisonnier d’opinion de l’ère post-Ben Ali.

En 1994, la société civile tunisienne avait soutenu et obtenu la libération de Moncef Marzouki. 20 ans plus tard, elle entend bien obtenir celle de Jabeur…

Khadija Chérif participant à une marche en soutien à Jabeur, le 13 décembre 2013, à Tunis. Photo Via FIDH

Khadija Chérif participant à une marche en soutien à Jabeur, le 13 décembre 2013, à Tunis. Photo Via FIDH