crise-tunisie

Après avoir dressé un tableau de l’état de la Tunisie ici et maintenant in « Quels chemins pour la Tunisie ? » Nous y reviendrons dans cette seconde partie pour examiner, dans un style télégraphique les conditions de redressement du Pays.

En effet, la Tunisie qui vit depuis près de trois ans au rythme d’une crise mutante et qui n’en finit pas, une crise généralisée d’ordre culturel, moral, économique et politique ne peut avoir qu’un seul qualificatif, celui de « guerre » Oui la Tunisie est en guerre, mais elle ne sait pas conduire cette guerre qui nécessite à la fois une organisation, une méthode, une discipline, une logistique et enfin des soldats capables d’aller aux fronts.

Depuis plusieurs mois, elle croit mener une guerre contre le terrorisme au Chaambi, à Gbellat, à Raouade et quelque part ailleurs. Une « petite guerre chirurgicale » avec anesthésie locale, limitée au seul plan sécuritaire sans prendre en compte tous les éléments qu’implique une vraie guerre. Plusieurs ressources humaines et économiques sont quasiment gaspillées sans aucune considération pour l’intérêt supérieur de la Nation. Le tunisien creuse avec méthodologie et engouement, tous les jours son propre tombeau, croyant profiter de l’état du chaos dans lequel se débat le Pays. La montée des intégrismes et des arrogances de tous bords, la multiplication des assauts contre l’Etat et ses symboles, et les facilités avec lesquelles on dilapide les denrées, les biens et les fonds publics par la mauvaise gouvernance, sont devenus dans ce Pays la marque indélébile de ce début du siècle.

La Justice est mise au banc des accusés. Les Tunisiens réclament des « Tribunaux d’exception » pour rejuger les « vrais faux coupables » de la révolution. Et, on dénonce avec véhémence les Tribunaux militaires d’avoir rendus les sentences qu’on sait. L’autorité judiciaire est devenue le « nègre » des « parlementaires » de dimanche. La partitocratie au sens le plus cynique du terme fait des ravages inguérissables, les plateaux de télévision, et les forums d’opinion les plus divers sont sous les bottes des hommes politiques aux dépens de la chose publique, comme si la politique est le commencement et la fin du monde.Le Tunisien est devenu atteint de la phobie de la « politique » !

On consomme à crédit, car notre production nationale ne couvre même pas 50% de nos besoins. Nos importations dépassent de très loin ce que créons comme richesse. La spirale de l’endettent public et privé est devenu tel un serpent des mers difficilement contrôlable. Dès lors, comment s’en sortir d’une telle situation inextricable ?

– Il faut d’abord restaurer la confiance et réconcilier l’Etat légal avec le Pays réel, dissiper les malentendus, bien communiquer, parler vrai et cesser de prendre le Petit peuple pour un imbécile. *- Restaurer l’autorité de l’Etat sur tout le territoire, sans la moindre concession, briser le mur de la « peur », ainsi que toute forme de résistance ou d’opposition qui viendrait à mettre en péril le redressement économique de la Tunisie.

– Considérer le Pays comme étant en état de guerre, et agir comme tel vis-à-vis de tout débordement ou refus de l’autorité, renvoyer sans solde les « soldats » indisciplinés, défaillants, non productifs, ou « invalides » en temps de guerre, car tous ceux qui détruisent la production nationale ,comme tout ceux qui déversent le lait subventionné par l’Etat dans les égouts, ou qui submergent l’économie nationale par les marchés parallèles de contrebandes et de trafiques de tout genre, et tous les agents de l’administration active qui sont devenus un lourd fardeau pour les finances publiques dont la production en biens et services ne couvre même pas 40 % de leurs salaires, et qui en outre s’ingénient à créer de nouveaux autoroutes de la corruption, et constituer des féodalités insoupçonnables à tous les niveaux de l’Etat.

– Faire appel à de nouveaux soldats parmi « les réservistes de l’enseignement supérieur », en faisant entrer dans l’Administration publique un nouveau sang, celui des universitaires en chômage depuis leur sortie d’université, avec une nouvelle grille des traitements et salaires en rapport avec l’état réel des finances de l’Etat ici et maintenant et ne pas gaspiller toutes ces compétences restées au bord de la route, alors que l’Administration est entre les mains d’une génération à bout de souffle, et qui chaque jour nous montre un peu plus qu’il est impossible de faire du neuf avec du vieux.

– Faire cesser de toute urgence le chaos qui engloutit nos ville, renvoyer ceux qui font semblant de travailler, qui touchent un salaire sans contre partie, car seul tout travail mérite salaire, l’Etat doit cesser d’être « le bordel » du coin, où tous les bras cassés s’y séjournent pour l’égarement d’un soir. On ne reconstruit pas un Pays avec de simples slogans, et on ne part pas à la guerre, avec des « soldats » invalides.

– Faire cesser cet état chaotique qui fait de nos villes un parking généralisé pour tous ceux qui ont trois ou quatre roues, et qui occupent de façon illégale le domaine public sans être verbalisé. Repenser un nouveau système basé sur le numéro d’immatriculation et instituer une amende forfaitaire pour tout débordement ou occupation non autorisée.

– Faire baisser l’inflation, réguler les prix, supprimer l’abus de monopole, et réprimer sévèrement les coalitions monopolistiques pour mieux doper la consommation des ménages et faire repartir la roue de l’économie pour une meilleure croissance. Libérer le capital, et les hommes d’affaires qui sont actuellement mis en quarantaine, et qui font l’objet de toutes les formes de chantages par les politiques. Laisser la Justice faire son travail, dans le respect des lois et des procédures, avec toute la rigueur qu’il faut sans immixtion de quiconque dans son domaine d’expertise, et faire cesser toute forme de laxisme et de favoritisme quelle qu’en soit la partie en cause.