Les dessins de Massinissa Selmani pourraient passer inaperçus. Leur facture faussement simple a l’économie des scènes qu’ils remontent. Économie light, cela se comprend, pour des scènes qui tiennent en quelques silhouettes entre murs interposés, panneaux, rambardes et poutres. Ces dessins frêles et réservés, sans artifices, on dirait qu’ils se fondaient dans les murs. Massinissa Selmani interpelle son spectateur à la troisième personne. Ce sont tantôt des saynètes insolites, tantôt des montages où le regard se cogne à un événement tragique. Ce sont aussi des compositions qui font parfois proliférer le dessin hors-cadre. Jamais austères, délicatement improbables, ces œuvres sont tout à leur jeu combinatoire.