Dans une des ruelles étroites de la médina se niche le refuge de Beity. Rien n’indique la nature des lieux. « C’est pour des raisons de sécurité », assure Wafa Fraouis, la directrice du centre d’hébergement pour les femmes victimes de violences et de l’exclusion socio-économique. La porte s’ouvre sur un vaste patio central. Les chambres en premier étage sont tournées vers la cour. Quelques jeunes femmes papotent discrètement en surveillant les enfants du regard. Seuls les cris des petits qui se chamaillent retentissent dans le lieu. Dans une gaieté innocente, ils investissent le patio en courant dans tous les sens. Les trois jeunes femmes assises sur un banc dans la cour sont des mères célibataires. Leur parcours est jalonné de toutes sortes de violences.