L’idée d’en finir avec le statut personnel semble être une idée « insensée », « improbable », à contre-courant du consensus politique et constitutionnel.A quoi bon agiter la boîte de pandore, objecterait-on. Et en finir avec le CSP pour le remplacer par quoi ?En vérité « en finir avec le statut personnel » est loin d’être l’idée absurde que l’on peut croire. Car il ne s’agit pas, bien évidemment, de renier les vertus du texte, ou de minimiser ses prouesses juridiques et ses performances sociales,mais bien de montrer en quoi, aujourd’hui, dans une Tunisie en mutation sociodémographique et en transition démocratique, il a épuisé ses fonctions historiques. Le Code du statut personnel s’est en effet mué en plafond de verre, empêchant l’accès des femmes à la citoyenneté pleine et entière et à la jouissance de tous leurs droits humains, couvercle normatif qui les plombe dans des positions d’assujettissement et de statut inférieur. Le Code est en effet otage de son paradigme « sacro-patriarcal », duquel il ne peut se libérer qu’à la condition d’en finir avec ce qui s’est donné à voir au cours des siècles et s’est perpétué à nos jours comme étant LE statut personnel en pays d’islam.