Nouveau petit chapitre au dossier qui a fait revenir des pères sur le fil dans les fictions tunisiennes depuis 2011 (voir ici, ici et ici par exemple), Le Bain se fait fort d’en déjouer l’attente. Si l’on a intérêt à ne pas le déflorer, c’est moins parce que ses qualités se situent là où il aimerait nous conduire, que parce qu’il réclame sa part d’opacité et de suspens. L’intérêt de ce court-métrage de fiction réside dans sa capacité à voir un peu plus grand que d’habitude. Si Best Day Ever, son premier court de 2018, étrille l’apparente cohésion familiale en y injectant un bouquet de malentendus, Le Bain traverse la matière de son refoulé en s’engageant sur une autre pente glissante. Ici, Daoud ne lésine pas sur ses moyens. Elle tient la barre de l’attention, à égale distance du secret et de l’énigme.