À deux ans d’intervalle, La fuite vient enfoncer le clou fixé par la pièce de théâtre éponyme dont il se veut la transposition. En se donnant une matière inflammable, on dirait que Ghazi Zaghbani s’essaie à un chassé-croisé entre cinéma et théâtre sous la règle des trois unités. Unité de lieu : une chambre vétuste dans une maison close. Unité de temps : une journée. Unité d’action : un jeune salafiste, pour échapper à la police, vient se planquer chez une prostituée. Idée fort intéressante. Mais le bonheur de la trouvaille est de courte durée, et le maillage se révèle lâche. S’il est permis de rester circonspect devant ce premier long-métrage de fiction, c’est moins parce qu’il laisse craindre une resucée de la pièce que parce que le cinéma s’y négocie péniblement.