Cinquante-quatre ans plus tard, la révolution de 2011 sonnait le glas de la dictature, mettant fin à la tyrannie «républicaine» de Zine EL Abidine Ben Ali et ouvrant le chemin à une 2ème République : d’abord, en s’opposant aux tentatives de restauration puis en organisant les élections d’une constituante pour donner à l’Etat de nouveaux fondements juridiques. Cette seconde République est-t-elle devenue pour autant démocratique en intégrant sans discrimination les citoyens dans le processus de décision ?

Tout au long de la décennie 2010-2020, des voix s’élèvent régulièrement implorant la République à renouer avec les mots d’ordre de dignité et de travail qui, outre la liberté, ont donné naissance à la Révolution. Tel l’appel des mouvements sociaux qui n’ont cessé de se multiplier, l’exhortation des régions défavorisées et des quartiers populaires qui, périodiquement, se manifestent, ou encore la levée des jeunes de janvier 2021. La République, discrète voir oublieuse jusque-là, est ainsi sommée de renouveler son message, de rassembler ses forces et de repenser son projet.