Pile à l’heure, comme à son habitude. Ismaël, barbu à bonne bouille qui parle à la vitesse d’un commentateur sportif, sait que la nuit sera longue. Et l’hospitalité, il la pratique jusqu’en minibus, direction banlieue nord de Tunis. « Il faut peut-être compter une bonne petite demi-heure sinon plus, et on passe chercher l’assistante réalisation ; elle est sur notre chemin ». Pas de temps à perdre : à cet avant-dernier jour d’un tournage apaisé en surface, le frêle quadra passe ses nerfs à resserrer les boulons, le plan de travail ne cessant d’être modifié au gré des circonstances. Producteur, co-scénariste, monteur, ce « touche-à-tout » ne recule devant rien, et passe même le balai s’il le faut. Pour autant, Black Medusa n’a rien d’un projet improvisé. La modestie des moyens risque d’en rendre l’équilibre précaire. Les chiffres résument l’équation : du budget estimé, explique Ismaël, « trente mille dinars ont été d’abord mis en participation », sans faire échapper le projet à la hache. « Mais, à part ça, tout roule », poursuit-t-il, sourire en coin, en pianotant vite fait quelques textos pour s’assurer que toute l’équipe est déjà en place.