L’épidémie du Covid-19 a fragilisé des pans entiers de la société tunisienne dont les travailleuses du sexe œuvrant dans les maisons closes. Marginalisées, ces femmes se sont trouvées du jour au lendemain sans travail, sans ressources et livrées à elles-mêmes sous une omerta des pouvoirs publics. Le confinement général décrété en mars 2020 a sonné le début du calvaire de cette population avec la fermeture des maisons closes.

La crise du Covid-19 a été un coup de massue pour elles. Mises au ban de la société, elles se sont trouvées totalement démunies,

affirme Souhaila Bensaid, présidente de l’association tunisienne de prévention positive (ATP+).

La précarisation des travailleuses de sexe

Avec la crise sanitaire, les historiques maisons closes situées à la rue Sidi Abdallah Guech à Tunis et celles de Sfax ont été fermées. Contactée par Nawaat, Amel Meddeb, présidente de l’arrondissement municipal de la Médina de Tunis, a indiqué que cette fermeture date de mars 2020. La même décision a été prise à Sfax. «Afin de protéger les travailleuses et les clients, j’ai demandé l’arrêt de l’activité des maisons closes à Sfax», a fait savoir à Nawaat docteur Abdelmajid Zahaf, médecin municipal assurant le suivi médical des travailleuses du sexe à Sfax et président de l’Association tunisienne de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles et le sida (ATL MST/ Sida). Cette fermeture «momentanée», selon docteur Zahaf, a perduré avec la persistance de la crise sanitaire. En conséquence, ces femmes «sont dans une situation lamentable », regrette le président de l’ATL MST/Sida.