Les violences conjugales constituent 75,5 %  des affaires de violence à l’égard des femmes qui ont été rapportées à la ligne d’urgence des autorités tunisiennes entre janvier et octobre 2021. La violence que les femmes ont subie en grandissant dans leur propre famille, elle, est rarement dénoncée, laissant dans l’ombre les répercussions durables qu’elle a sur leur vie. Ces six derniers mois, j’ai enquêté sur la violence domestique à travers la Tunisie – au Kef, à Tunis, Sidi Bouzid, Regueb, Mahdia, Gabès ainsi qu’à Zarzis. Je me suis entretenue avec 30 survivantes de violences domestiques et plus de 50 représentant·e·s d’organisations de la société civile, juges, avocat·e·s, agents de police et autres parties prenantes.