Exposition “J’aurais voulu être un artiste” d’Omar Bey. Crédit photo: Sihem Sidaoui

Le spectacle dans la société correspond à une fabrication concrète de l’aliénation.

Guy Debord

Nous ne sommes plus dans l’image mais dans l’hyper-spectacle. S’il n’y a pas d’images, il n’y a pas de cinéma, pas de pensée. Il n’y a que la logique pornographique, celle de Daech, empruntée elle-même au mauvais cinéma hollywoodien.

Jean-Louis Comolli

Le 26 mai 2022 s’est tenu le vernissage de l’exposition d’Omar Bey au Palais Kheireddine avec un titre – J’aurais voulu être un artiste – dénotant avec beaucoup de sincérité une certaine « intranquillité » de l’artiste au sens où l’entend Pessoa, à savoir une lutte constante entre ses différents « moi » en butte à l’environnement nocif de la « société du spectacle ». La main de l’artiste surexposée dans la plupart des œuvres est transmuée en organe de danseur, l’exhibant au lieu de l’impliquer dans l’expérience en tant que recherche de l’inconnu. Le siège de l’expérience où s’établit « un rapport étroit entre l’âme, l’œil et la main »[1] perd sa puissance créatrice, semble dénoncer l’artiste dans l’une des œuvres éponymes : J’aurais voulu être un artiste 1.