Crédit : Ons Abid

À société sclérosée, Nature qui résiste aux assauts d’Homo sapiens,

Primate ne sachant que faire de son cortex trop encombrant!

Plongée en Méditerranée et retour à la matrice, Alma mater!

Désolation!

Individus conscients, collectivité inconsciente,

Drôles de paradoxes !

Personnes généreuses, foule affamée,

Humilité des proches, cupidité démesurée des omnipotents!

Veni, vidi, non vici!

Peut-être que les Romains ont eu tort de déguerpir, ils auraient dû garder leur grenier et nous notre St-Augustin!

Faut-il attendre notre inquisition à nous ? Faut-il passer par le bûcher des sorcières ? Tout brûler et épandre le sel pour voir renaître une civilisation digne de ce nom ?

Ou se contenter de voir en silence les barques de fortune s’échouer sur l’autre rive et déverser des milliers d’espoirs perdus?

Pourquoi devoir quitter cette terre si généreuse, cette terre des mythes, cette Africa mater et se jeter dans les bras de Mare nostrum qui avale les néophytes, les éclopés de la vie?

“Nous sommes voisins après tout!”, dis-je à un couple de Siciliens, à la chauffeur de taxi sarde, à la voisine italienne de St-Léonard. C’est toujours la même réponse que je reçois : un long silence et un regard trouble comme la Méditerranée en plein hiver. J’ai compris! C’est la mer qui nous sépare et quelques siècles de pensée, de travail, de rigueur, de réflexion, de progrès, etc. Mais Rome est tout aussi coupable! Ils nous ont pillés, colonisés, ces Européens qui ont tout aujourd’hui! D’accord! Mais on fait quoi maintenant? On pleure sur notre sort et on se jette dans les vagues qui nous enfoncent vers les abysses?

Avant de nous jeter, de plonger, apprenons à dompter la mer, à ne faire qu’un avec elle, à flotter, à couler et remonter, à nous redresser et regarder l’Autre droit dans les yeux, même s’il n’y a que vide et mépris!

Nous sommes plus que complices, sommes responsables, auteurs de ce qui nous arrive! C’est à nous seuls de biffer le préfixe d’impasse, de briser nos propres chaînes, mettre les voiles dans la direction juste, le gouvernail du bon côté, tenir la barre fermement et affronter ainsi le temps qui pète!

Hélas! c’est toujours l’égoïsme qui triomphe; l’hubris des ultrariches, la bigoterie du troupeau qui se laisse guider vers l’abattoir!

À quoi sert de guillotiner nos riches si c’est pour les remplacer par d’autres néo-ultrariches encore plus barbares, tatoués, bedonnants, trônant comme des hyènes sur la charogne?

Solo, unique moment d’apaisement, sous l’eau, là où tout n’est qu’ordre et beauté, iode, calme et éternité!

Mais pour combien de temps?

Deux ou trois minutes à peine! Le temps de brûler son oxygène et de remonter en chercher encore plus malgré les turpitudes d’un Monde ingrat face à Naturarerum!