La mémoire sur le fil du rasoir

Il est des propositions chorégraphiques qui se nourrissent de l’histoire, comme d’une pente à remonter. D’autres qui choisissent plutôt de la contresigner, en déposant l’orgueil à la manière des naufragés de l’oubli. C’est sous le signe de la contresignature que s’échafaude Ouled Jalleba, la dernière création de Rochdi Belgasmi. Cette proposition artistique est un remontage d’un dépôt gestuel et rythmique où l’histoire et la façon dont le corps sexué s’interroge sur l’histoire avancent d’un même pas. Sur scène et au plus proche de son corps, le chorégraphe fait surggir le risque d’une mémoire encombrée. Dans une démarche où la dextérité d’exécution ne pâlit pas devant la liberté d’interprétation, le geste de Rochdi Belgasmi se veut intempestif.