Crédit image : Malek Khadhraoui | www.nawaat.org

Crédit image : Malek Khadhraoui | www.nawaat.org

A l’annonce de l’assassinat de Chokri Belaid ce matin la population a immédiatement réagi. Alors que des personnalités comme Maya Jribi, Hamma Hamami, Radhia Nasraoui, Abdessatar Ben Moussa et des partisans du Front Populaire se sont directement rendus à la clinique de Ennasr (à Tunis) où Chokri Belaid avait été transféré, les citoyens ont commencé à se masser devant le ministère de l’Intérieur, entonnant l’hymne national et criant « Dégage » et « echa3b yourid isqat innidham ». Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes se sont rassemblés pour dire leur indignation. Et partout des visages tristes, des yeux rougis.

L'émotion était forte aujourd'hui sur l'avenue Habib Bourguiba. Crédit image : Malek Khadhraoui | www.nawaat.org

L’émotion était forte aujourd’hui sur l’avenue Habib Bourguiba. Crédit image : Malek Khadhraoui | www.nawaat.org

Les avocats, les étudiants et lycéens étaient présents en nombre parmi les milliers de manifestants présents devant le ministère.

En début d’après-midi, alors qu’un cortège autour de l’ambulance transportant le corps de Chokri Belaid circulait sur l’avenue Mohamed V en direction de l’avenue H. Bourguiba la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Dans l’après-midi la manifestation a dégénéré sur toute l’avenue Bourguiba jusqu’à la Porte de France avec une utilisation excessive de gaz lacrymogène.

En début de soirée le ministère de l’intérieur a annoncé le décès d’un policier suite de ses blessures. Lotfi Zar, agent de police, a trouvé la mort à la suite de coups reçus à la tête et à la poitrine lors des affrontements au niveau de la rue Charles De Gaule.

Le cortége funéraire de la dépuoille de Chokri Belaid a traverser l'avenue Habib Bourguiba sous les acclamations des manifestants avant qu'il soit pris pour cible par la police. Les forces de l'ordre ont tirer des bombes à gaz lacrymogène sur le cortége. Crédit image : Emine Mtiraoui | nawaat.org

Le cortége funéraire de la dépuoille de Chokri Belaid a traverser l’avenue Habib Bourguiba sous les acclamations des manifestants avant qu’il soit pris pour cible par la police. Les forces de l’ordre ont tirer des bombes à gaz lacrymogène sur le cortége. Crédit image : Emine Mtiraoui | nawaat.org

Plusieurs cas de brutalité policière ont été constatés alors que des affrontements ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre.

Partout dans le pays des manifestation d’indignation ont eu lieu. A Sidi Bouzid dans la matinée des manifestants ont tenté de forcer la porte du district de police. La police a utilisé des bombes de gaz lacrymogène pour disperser la foule sans y parvenir. En début d’après-midi les manifestants ont fini par mettre le feu au bâtiment du district de la police.

A la ville de Sousse, la police a utilisé du gaz lacrymogène et aurait utilisé des armes à grenailles pour disperser la foule dans la matinée.

A la ville de Gafsa, des milliers de manifestants sont sortis dans la rue. Le local de Ennahdha a également été saccagé, les meubles et les documents ont été brûlés, comme à Redeyef.

A la ville de Mahdhia, des manifestants se sont massés devant le local du parti Ennahdha en criant : « Dégage ». A Bizerte le local du parti a été envahi en début d’après-midi. Comme dans les villes de Monastir et de Sfax.

Rassemblement de manifestants devant le siège du gouvernorat de Mahdia en réaction à l'assassinat de Chokri Belaid. Les manifestants se sont en suite dirigés vers le local d'Ennahdha. Crédit image : Sami Sakka | nawaat.org

Rassemblement de manifestants devant le siège du gouvernorat de Mahdia en réaction à l’assassinat de Chokri Belaid. Les manifestants se sont en suite dirigés vers le local d’Ennahdha. Crédit image : Sami Sakka | nawaat.org

A la ville de Jendouba, la population a appelé à la chute du gouvernement.

A la ville de Siliana, une manifestation qui avait commencé au siège de l’Union Régionale du Travail pour s’est rendue devant le siège du gouvernorat. Les manifestants ont appelé à la « chute du régime ».

A la ville de Beja, une forte présence de l’armée à été remarquée. L’armée aurait pour mission de protéger les administrations et les magasins.

Partout dans le pays les administrations ont fermé plus tôt pour raisons sécuritaires.

Voir aussi notre reportage sur déroulement de la manifestation à Tunis