Au nom de la révolution, le gouvernement de la Troïka avait déjà tenté de briser les mouvements sociaux. Moncef Marzouki, lui-même, alors président de la République, n’avait pas été en reste. Je n’ai pas la patience de relire l’ensemble de ses discours pour vous en donner une citation exacte mais en substance, il tenait ce langage : les luttes sociales, c’est sympa, on les comprend, mais faut pas abuser et le mieux serait quand même de s’en abstenir. Au nom de l’économie, c’est-à-dire du patronat, et au nom de la sécurité, c’est-à-dire de la police, les nouvelles autorités se font plus menaçantes encore. Khaled Chouket, le porte-parole du gouvernement a la réputation de dire à peu près n’importe quoi. Il n’est pas cependant l’être complètement acéphale que l’on croit et il arrive qu’une parole sensée lui échappe. Sensée bien sûr du point de vue de la politique de ceux qu’il représente.