Il y a, dans Brûle la mer de Maki Berchache et Nathalie Nambot, davantage que ce que nous sommes invités à voir. Il y a, dans ce documentaire, une parole qui brûle du même feu que ses images nocturnes. Le film laisse une singulière persistance rétinienne. On est d’entrée de jeu en présence d’un regard-caméra. C’est le gros plan tremblant d’un visage presqu’endormi, cadré en plongée, qui ouvre le film. S’enchaînent ensuite, au ralenti, en un seul plan fixe, les vagues houleuses d’une mer déchaînée. Et puis un témoignage vient accompagner le troisième plan-séquence, dont la beauté straubienne s’émousse à mesure qu’un panoramique balaie lentement, au soleil couchant, le rivage d’un petit port de pêche. En voix off, l’ami de Maki Berchache raconte comment l’idée leur est venue en pleine révolution de quitter Zarsis vers Lampedusa, en prenant le large sur un rafiot de fortune.