Enfin le gouvernement vient de faire machine arrière et d’annuler l’interdiction de manifester sur la Rue Habib Bourguiba, ce qui est tout à son honneur. Mais ceux qui ont été agressés par la milice d’Ennahdha ne renoncent pas à leur droit de savoir et de porter plainte contre cette milice et ceux qui l’emploient. Qui paie cette milice ? Est-ce le contribuable tunisien, autrement dit nous payons nos propres bourreaux, ce qui serait criminel ? Ou est-ce un pays étranger ? Ce qui serait encore plus criminel, car il s’agirait de haute trahison.

Ce qui nous amène également à nous poser des questions quant aux modalités de leur recrutement, et pourquoi on assiste à l’arrivée d’autant d’exilés djihadistes. Serait-ce pour avoir la commande, le contrôle et l’entrainement de cette milice ?

Quoi qu’il en soit, il ne faut pas que la raison de ce retrait de loi soit l’arrêt de l’enquête de la constituante. Et les Tunisiens n’ont pas confiance en cette commission d’enquête chargée par le gouvernement. ll faut qu’elle soit faite par la constituante et il faut qu’elle aboutisse. Les Tunisiens ne veulent pas d’une enquête qui finit par tomber dans les oubliettes, comme celle de l’assassinat du cheik de Montplaisir.

Malheureusement, l’inefficacité de cette constituante ne cesse de se confirmer de jour en jour ; sans doute parce que ses dirigeants et les chefs du pays sont les mêmes. Ou alors parce que quelque part, on essaye de la manipuler ; comme lui présenter une tâche importante, pour détourner son attention d’une autre affaire encore plus importante ; ou pour passer le plus de temps possible à écrire la constitution : cinq mois et pas un seul article n’a été écrit. Rien que l’exemple de la charia a duré plus de 2 mois avant d’être finalement résolu. Demain Ennahdha pourrait très bien nous sortir une nouvelle trouvaille pour lancer la société dans d’interminables discussions et ralentir le travail de la constitution d’un mois ou deux. Entre temps, Ennahdha s’est déjà octroyé le contrôle des statistiques, a implanté ses membres dans les gouvernorats et l’administration tunisienne, et nous venons d’apprendre que le contrôle d’internet vient d’être accordé au ministère de l’intérieur, donc à Ennahdha ; sans parler des différentes autres nominations qui se sont faites discrètement ; autrement dit, non seulement nos statistiques ne seraient plus fiables, mais en plus le trafique des prochaines élections serait un jeu d’enfants. Serait-ce la raison pour laquelle le parti au pouvoir cherche à écarter Mr Jendoubi de la haute instance des élections ?

Pendant ce temps, la constituante laisse le gouvernement faire et renonce à son pouvoir. Il paraitrait même que le taux d’absentéisme est très élevé parmi les élus, ce qui est inadmissible. Il faut que la constituante reprenne les rennes de ce pouvoir pour sauver le pays. Il faut exiger que le gouvernement revienne sur ces décisions et il faut surtout que Mr Marzouki et Ben Jaafer comprennent qu’ils seraient responsables au même titre que les dirigeants d’Ennahdha, si un malheur arrive à ce pays.

En effet, on voit déjà l’avenir sombre de la Tunisie qui se dessine vaguement : il sera peuplé de contestations et de sit-ins pour contrer les retombées des mauvaises décisions prises par les incompétents qu’Ennahdha a placé aux postes clés du pays.

Il sera également marqué par le bras de fer entre la société civile et le gouvernement, et toutes les manifs des Tunisiens pour empêcher les mauvaises décisions de ce gouvernement.