Original pic by Reuters, photoshopped by Nawaat

Si certains prennent une arme pour tuer leurs soi-disant ennemis, croyant répondre à un ordre divin, d’autres s’acharnent à détruire, au nom de Dieu, tout ce qui se trouve sur leur chemin pour arriver à leur fin, et se maintenir au pouvoir. Pourtant, en aucune manière Dieu ne peut cautionner cette destruction systématique d’une société et de ses acquis, au nom de l’islam ; car ces tentatives ont un nom : « Fitna »

A titre d’exemple, l’un des piliers de l’islam est la justice, et la réforme du secteur de la justice est justement un des objectifs de la révolution. Mais que ne fut mon étonnement, lorsqu’ en Aout 2012, après de longs débats au sein de la constituante, au sujet de la haute instance de la justice, un des députés d’Ennahdha déclare à la presse que cette instance ne doit pas être indépendante. Les députés nahdhaouis finissent donc par bloquer la création de cette instance et réussissent ainsi à enterrer la réforme de la justice, pour en faire une arme entre les mains du pouvoir.Ce qui a pour conséquence, le maintien tel quel de la corruption et de l’injustice ; ainsi, sur un ensemble de 800 affaires de corruption transmises aux tribunaux, environ une vingtaine seulement d’entre elles sont à ce jour tranchées. D’autres part, nous assistons aujourd’hui à des injustices que même du temps de Ben Ali on n’a pas vu ; comme cette femme violée et accusée d’atteinte à la pudeur, et ces 4 profs qui ont écopé de 6 mois de prison parce qu’ils ont osé s’attaquer à la corruption, ainsi que tant d’autres exemples encore où l’agressé est accusé à tort.

De même le projet de réforme de l’armée et de la police qui auraient dû être inclus dans la constitution en tant qu’armée et police républicaine, et qui a également été stoppé net par les députés nahdhaouis, pour une des raisons les plus étonnantes du monde.En effet, un député nahdhaoui déclare, à la constituante que la police ne doit pas être républicaine parce qu’elle pourrait se retourner contre le pouvoir et faire un coup d’état ; ce qui semble très étonnant et très peu plausible, puisque la neutralité de la police est le pilier de toutes les démocraties, et aucune n’a pensé à ce fameux coup d’état. Mais la vérité est que le pouvoir en place, veut une police qui ne bouge que sous ses directives, une police qui matraquerait les civils, et laisserait des extrémistes corriger la société civile et lui imposer sa loi, bref, une police que le pouvoir utiliserait pour assoir sa dictature.

D’autre part,l’institut national pour la réforme de l’information, l’INRIC, aurait dû être effective, mais ne l’est pas à cause de la négligence du pouvoir qui l’a poussé à jeter l’éponge ; l’INRIC qui espère maintenant la formation de la haute institution indépendante des médias ce moi-ci. Enfin peut-être …

Quant à la fierté des tunisiens, l’ISIE, institution chèrement acquise, et exemple même de l’indépendance et de l’intégrité, il semblerait également que le pouvoir n’en veut plus, même si c’est grâce à cette institution-là qu’il a été élu. En plus, pour justifier son rejet de cette institution vis-à-vis de la société civile, nos autorités cherchent à la diffamer et l’affaiblir, à travers sa traduction en justice pour des accusations bidons ; chose que tous les tunisiens déplorent et ressentent comme une trahison.

Pour couronner le tout, certains cherchent maintenant à s’attaquer à l’U.G.T.T. dans l‘espoir de le museler, parce qu’il soutient le peuple. l’U.G.T.T qui constitue notre patrimoine ? Qui a combattu la colonisation? L’U.G.T.T c’est l’amour de la patrie, c’est l’identité nationale, c’est la Tunisie.

S’attaquer à l’U.G.T.T revient à s’attaquer au pays et à tous les tunisiens ;et toute tentative dans ce sens est vouée à l’échec, parce que les tunisiens ne le permettraient pas. Tous ceux qui sont au pouvoir devraient prendre garde : les tunisiens d’aujourd’hui ne sont pas les tunisiens sous le régime de Ben Ali. Ils ont changé. Ils ont fait une révolution et ils ont beaucoup appris ; car la vraie révolution, ce n’est pas vraiment celle qui a lieu dans les rues, mais c’est celle qui se fait dans la tête.