Les migrants du camp de réfugiés de Choucha devant le siège de l'UNHCR qui refuse d'ouvrir ses portes. Crédit photo : Nicanor Haon

Les migrants du camp de réfugiés de Choucha devant le siège de l’UNHCR qui refuse d’ouvrir ses portes. Crédit photo : Nicanor Haon

C’est un peu le coup de la dernière chance pour les migrants du camp de Choucha qui se sont vu refuser le statut de réfugié. Ils ont quitté le camp hier soir pour venir ce matin à Tunis où ils ont décidé d’organiser une manifestation. Ils sont une centaine et espèrent se faire entendre par le UNHCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés en organisant un sit-in Place des Droits de l’Homme à Tunis.

Ils sont près d’une centaine à être arrivés en bus ce matin à Tunis. Ils se sont rapidement dirigés vers la place des Droits de l’homme et ont déployé des banderoles sur lesquelles ont pouvait lire : “Même guerre, même réfugiés, même statut” ou “We are all from Libyan crisis”. Les migrants qui se sont déplacés jusqu’à Tunis sont venus dire leur incompréhension quant au refus d’octroi du statut de réfugié.

Mais rapidement la police est intervenue et a fait évacuer les lieux. Une partie des migrants a décidé alors de se rendre au bureau du UNHCR à Tunis.

Il y a quelques jours dans les médias on pouvait lire qu’un certain nombre de migrants du camp de Choucha, ayant le statut de réfugié, s’envolaient pour les Etats-Unis. On ne parlait pas vraiment de ceux qui restent, toujours sans statut. D’après le UNHCR au 28 décembre 2012, il restait 212 migrants déboutés dans le camp de Choucha.

En juin quand le camp fermera, les migrants qui sont encore là devront partir. Ils ne peuvent pas retourner en Libye, la situation n’étant pas stabilisée. Par ailleurs le FIDH expliquait dans un communiqué il y a quelques mois que les ressortissants d’origine subsaharienne étaient retenus illégalement par des milices sur le territoire libyen.

Affrontements entre des réfugiés africains et les habitants de Ben Guerdane en mai 2011. Aujourd'hui plus d'une centaine de réfugiers organisent un sit-in à Tunis pour trouver une solution à ceux qui demeurent sans aucun satatut à la veille de la ferméture du camp. Crédits photo : Camille Lambrecq

Affrontements entre des réfugiés africains et les habitants de Ben Guerdane en mai 2011. Aujourd’hui plus d’une centaine de réfugiers organisent un sit-in à Tunis pour trouver une solution à ceux qui demeurent sans aucun satatut à la veille de la ferméture du camp. Crédits photo : Camille Lambrecq

En Tunisie aucun statut légal ne leur a été accordé et lors d’une visite interministérielle au camp Mohamed Monzer Belghith, représentant du Ministère des Affaires Sociales a enjoint les migrants encore présents sur le territoire a bénéficier du programme d’appui au retour volontaire mis en œuvre par l’Office International de la Migration.

Pourtant les migrants déboutés disent ne pas pouvoir rentrer chez eux et demandent à ce que leur dossier soit réexaminé par le UNHCR, qui est l’institution en charge de l’octroi du statut, étant donné qu’aucune législation interne n’existe en la matière.

Les migrants se retrouvent donc coincés et contraints à vivre de manière précaire, dans des conditions climatiques difficiles et en ayant difficilement accès à de la nourriture ou aux médicaments. Un des migrants resté au camp témoigne : « J’aurais voulu venir mais je suis malade, il fait bien trop froid. Je ne suis même pas allé à l’hôpital. Ils ne me donneraient que du paracétamol. »

Après presque deux ans de vie précaire les migrants encore présents dans le camp sont fatigués psychologiquement et beaucoup témoignent de leur fatigue : « Qu’allons-nous devenir ? Où allons-nous aller ? C’est épuisant de ne pas savoir. Beaucoup d’entres nous sont déprimés » raconte un migrant présent à Tunis.

A l’occasion de ce sit-in le Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux publie un communiqué :

Ici en arabe – Ici en anglais –

En français :

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