Il n’était pas évident d’imaginer vers quoi pencherait, six ans après Thala mon amour, le second long-métrage de Mehdi Hmili. Entre les deux temps de son récit, et comme pour tenir le drame dans ses bras, tout ira de mal en pis. Partant d’une prémisse à l’issue incertaine, Streams s’aventure sur le terrain du mélodrame familial, où la perversité de l’ascenseur social fait office de toile de fond. Conduite sous le prisme de l’intime, la trajectoire à deux points de vue, d’une mère aux abois et de son fils en chute libre, est traversée par des vents contraires avec des mains qui ne se tendent que pour mieux enfoncer le clou. Si le film laisse un intérêt certain avec la générosité du regard qu’il pose sur la jeunesse et la pertinence du cadre quasi-immersif qu’il établit, il aurait pu se conjuguer peut-être plus efficacement par une mise en scène davantage ouverte.