L’information est passée inaperçue. Annoncée par le président en marge du conseil des ministres du samedi 15 janvier 2022, la transformation de neuf écoles et instituts supérieurs ainsi que six universités en Etablissements Publics à caractère Scientifique et Technologique (EPST) a été éclipsée par la répression des manifestations du 14 janvier et par le dégel des relations entre Kaïs Saïed et Noureddine Tabboubi. Pourtant, cette révolution dans le monde universitaire est lourde de conséquences et mérite que l’on s’y intéresse de près.

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Les établissements concernés sont les écoles nationales d’ingénieurs de Tunis, Sousse et Monastir, les facultés de médecine de Tunis, Sousse et Sfax, la Faculté des sciences de Gabes, l’Institut supérieur de l’éducation et de la formation continue et l’Institut supérieur des sciences appliquées et de technologie de Sousse. Par ailleurs, les universités de Monastir, Sfax, Gabès, Kairouan, Sousse et Tunis- El Manar accèdent au même statut.

Un communiqué du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, en date du 17 janvier 2022 indique que ce changement de statut a pour but de «renforcer l’indépendance [des établissements concernés], leur fournir plus de flexibilité en matière de gestion, leur permettre de disposer de fonds propres». L’ambition des autorités est d’améliorer la qualité de l’enseignement supérieur et de se conformer aux standards internationaux afin d’améliorer le positionnement de la Tunisie dans les classements mondiaux.