Les Tunisiens ont eu à subir tant de mauvais choix ces dernières années, depuis notamment la crise du Covid, mais le pays n’a jamais connu un flottement comparable à celui observé pendant la vague de chaleur de l’été 2026. Celle-ci a révélé des dysfonctionnements structurels, une absence de planification et d’anticipation, notamment dans le secteur de l’électricité, ainsi qu’une faiblesse criante en matière de moyens de lutte contre les catastrophes. Les observateurs ont également noté un fossé entre d’un côté les prévisions de l’État concernant la hausse de la demande et les risques climatiques, et de l’autre, son plan d’investissement, d’anticipation et de sécurisation des services. Un fossé que le discours complotiste du pouvoir n’a fait que creuser davantage, en s’enlisant dans des politiques populistes en quête de boucs émissaires à sacrifier sur l’autel de la grogne populaire.
23 juillet 2026. Il était environ 13 heures, lorsque les membres de la famille Bayahi, chez eux dans le quartier Al-Fehri, dans le gouvernorat de Manouba, luttaient contre la montre pour tenter de soulager leur père Chokri, malade et âgé de 62 ans, à l’aide de moyens rudimentaires. La bonbonne d’oxygène dont il dépendait pour respirer était tombée en panne suite à une coupure d’électricité.
C’était la énième panne depuis cinq jours, coïncidant avec une vague de chaleur exceptionnelle qui a frappé la Tunisie. Pour Chokri, chaque coupure signifiait l’arrêt de son appareil et une panne de la climatisation dans sa chambre, ce qui aggravait ses problèmes de santé.
Ne pouvant se résoudre à voir son père mourir sans rien faire pour le sauver, son son fils aîné, Chehab, a pris son téléphone pour filmer toute la scène. Sa vidéo a déclenché une vague d’indignation contre les autorités, ce qui a incité une députée de la région de Manouba à intervenir et à demander le rétablissement de l’électricité au domicile de la famille. Mais il était déjà trop tard : les arrêts à répétition avaient épuisé les poumons de l’homme, et son cœur a cessé de battre cette nuit-là, vers 23 h 55.
La famille Bayahi se dit déterminée à demander des comptes à ceux qu’elle tient pour responsables de la mort du père. Son épouse, Rafika Bouhajila, raconte les derniers jours de la vie de son mari, qui avait subi deux AVC quelques mois auparavant et était devenu paraplégique. Selon la famille, il était dans un état de santé relativement stable avant qu’il ne se détériore en raison des coupures de courant répétées. Les médecins l’avaient d’ailleurs autorisé à quitter l’hôpital quelques jours avant son décès, pour qu’il puisse rentrer chez lui. L’appareil respiratoire qui lui fournissait environ trois litres d’oxygène par jour était son seul viatique.
L’histoire de Chokri n’est qu’une parmi des dizaines d’autres qui n’ont pas été portées au public, celles de victimes de la canicule et des coupures d’électricité. Elle révèle dans le même temps l’impuissance d’un système énergétique confronté à des pressions cumulées et à des dysfonctionnements structurels. En raison de son incapacité chronique à trouver des solutions ou à anticiper, ce système réduit désormais les citoyens à de simples chiffres dans l’équation de la mort. A un moment où le pays n’est pas à l’abri d’une panne d’électricité généralisée, et fait face au réchauffement climatique qui dévaste des milliers d’hectares d’espaces verts.

Depuis la mi-juillet 2026, la demande en électricité, notamment aux heures de pic, a atteint environ 6 400 mégawatts, soit une hausse de près de 30 % par rapport aux niveaux habituels. Sachant que la capacité de production de la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg), est estimée à environ 4 630 mégawatts, soit un écart de près de 1 770 mégawatts. Devant cette pression, la société a dû recourir à des délestages afin d’éviter un effondrement du réseau, a expliqué la société dans ses différents communiqués à ce sujet.
Des données analysées obtenues par Nawaat auprès de la plateforme « Famma Dhaw ? » (Y a-t-il de l’électricité?) révèlent l’ampleur des perturbations dans l’alimentation en électricité pendant la vague de chaleur : 2665 coupures ont été recensées dans 376 régions réparties sur 24 gouvernorats entre le 22 juillet et le 3 août 2026.
Les perturbations ont atteint leur point culminant le 23 juillet : la plateforme a recensé 122 régions privées d’électricité simultanément, réparties dans 20 gouvernorats. Tandis que les coupures simultanées ont touché, à un moment de la journée, 21 gouvernorats.
Ces chiffres ne constituent pas des données officielles, mais reposent sur des signalements volontaires des citoyens recueillis par la plateforme. Nawaat a officiellement demandé à la Steg ainsi qu’au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie des données détaillées concernant l’ampleur des coupures ainsi que leur répartition temporelle et géographique, mais nous n’avons rien reçu. C’est pourquoi notre enquête s’appuie sur les données de « Famma Dhaw ? » pour évaluer l’ampleur des perturbations au cours de la période étudiée.
Pour comprendre comment la Tunisie en est arrivée à une crise de cette ampleur, il faut revenir sur la gestion du secteur de l’électricité ces dernières années, ainsi que sur les retards accusés dans la réalisation de projets censés renforcer les capacités de production. Sans oublier les mesures qui auraient aggravé les déséquilibres financiers, parallèlement à la forte hausse de la demande en électricité et au réchauffement climatique.
Dysfonctionnements et laxisme
Interrogé par Nawaat, Chekib Ben Mustapha, consultant en politiques publiques, estime que « les origines de la crise se trouvent dans l’incapacité de la production électrique à suivre le rythme de la consommation, qui augmente d’année en année, notamment pendant les pics de l’été, en raison de l’usage intensif des climatiseurs. Cela dit, cette hausse n’était pas une surprise. Le syndicat de la Steg avait demandé depuis des années au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie l’autorisation de lancer la construction de quatre centrales dans le cadre de la stratégie nationale de transition énergétique, à savoir Sfax 1 et 2 et Bizerte 1 et 2, sans avoir reçu de réponse à ces courriers à ce jour. Sans compter que la situation financière de la Steg n’a pas été assainie et que les tarifs n’ont pas été revus pour les grands projets et les secteurs à forte consommation, alors même que la hausse de la demande impose de réviser ces tarifs. »
Ce déséquilibre financier est principalement dû à l’écart entre le coût de production de l’électricité et les recettes qu’elle génère. Sachant que la société vend l’électricité à un prix inférieur à son coût de production, ce qui oblige l’État à compenser la différence par une subvention d’exploitation. Cependant, l’allocation irrégulière de cette subvention, notamment au cours de la période 2016-2023, a aggravé les pressions financières pesant sur l’entreprise, parallèlement à l’accumulation de factures impayées par les administrations et les institutions publiques. Ce qui a fini par grever sa trésorerie et l’a contrainte à recourir à l’emprunt pour couvrir ses besoins quotidiens. L’arrêté de 2014 d’acheter du gaz naturel directement à l’Algérie a également accentué cette pression1. Cela a contraint la société de se procurer des devises et de s’approvisionner en gaz à un coût plus élevé, après avoir perdu le prix préférentiel dont elle bénéficiait depuis les années 1990, estimé à environ 99 dinars par tonne équivalent pétrole.

En matière d’investissements, un rapport de l’Observatoire tunisien de l’économie indique que de nombreuses études portant sur des projets de production d’électricité ont été réalisées et que des demandes de financement ont été soumises à l’autorité de tutelle, sans que la Steg n’ait reçu aucune réponse. Cela a coïncidé avec une baisse de 87 % des investissements de la Steg dans la production d’électricité entre les périodes 2016-2020 et 2021-2025. Ce qui corrobore la conclusion de Chekib Ben Mustapha selon laquelle la réduction des investissements de la Steg n’était pas un obstacle technique, mais un choix politique systématique. En effet, la version actualisée de la stratégie nationale de transition énergétique pour 2022/2023 a attribué aux concessions privées un rôle central représentant près de 80 % des objectifs programmés. Tandis que la part de la Steg dans le Plan solaire tunisien2 est de 380 mégawatts sur les plus de 4 000 mégawatts prévus à l’horizon 2030. Cela a fini par faire du secteur public un simple intermédiaire entre les producteurs privés et les consommateurs. Ce qui explique la lenteur avec laquelle les demandes répétées de construction de nouvelles centrales ont été prises en compte avant que la crise n’éclate avec la vague de chaleur.
Chekib Ben Mustapha explique que « la tutelle préfère miser de plus en plus sur l’approvisionnement direct en électricité en provenance d’Algérie, car cette solution présente deux avantages : l’absence d’investissement et une gestion facile. Mais, en contrepartie, elle rend la Tunisie vulnérable face au moindre incident technique ou autre, à l’image des incendies qui ont ravagé plusieurs régions algériennes cette année. Ce qui pourrait laisser le pays sans alternative, étant donné que les gouvernements successifs ont choisi de prendre ce risque. Toutefois, le recours à des délestages au cours de cette année a montré le fossé entre ce choix théorique et la réalité. Alors que le pays s’était orienté vers des projets de concessions de centrales photovoltaïques et vers le projet ELMED d’interconnexion électrique avec l’Italie et l’Europe en général. »
A ce sujet, il convient de noter que la loi de 2015 relative à la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables oblige le gouvernement à élaborer et présenter son plan de développement énergétique au plus tard en 2020. Il était prévu que cette stratégie à long terme se traduise en objectifs clairs et à moyen terme. Cependant, ce plan n’a jusqu’à présent pas vu le jour. Selon Chekib Ben Mustapha, ces données montrent que « la stratégie nationale de transition énergétique a été abandonnée au profit d’une orientation différente qui n’a pas fait l’objet d’un débat public. » Il soulignequ’un dialogue franc avec les différents acteurs et une définition claire des choix stratégiques « aurait permis de remédier aux dysfonctionnements accumulés et d’éviter que le système ne connaisse une telle dérive lors de la crise de l’électricité en juillet. »

Pour notre interlocuteur, « la Tunisie est encore loin d’atteindre la souveraineté énergétique, du fait qu’elle dépend de plus en plus des importations de gaz et d’électricité, alors que l’apport des énergies renouvelables reste limité. » Il estime que « cette situation contraste avec le potentiel du pays en matière de production de pétrole et de gaz. Celle-ci n’a pas été, selon lui, suffisamment exploitée en raison d’un système fiscal peu attractif pour les investissements, ainsi que d’un cadre législatif obsolète et des restrictions imposées à l’exploitation des gisements non conventionnels. » Il en conclut que l’accumulation de ces choix « a eu comme effet de faire basculer la balance énergétique d’un quasi-équilibre en 2010 vers un déficit chronique en 2026. »
S’appuyant sur une série de chiffres et d’indicateurs, le consultant Chekib Ben Mustapha affirme que les projets de transition énergétique ne suffiront pas à combler le déficit de production d’électricité. D’autant plus que le taux de réalisations approuvées depuis 2019 n’a pas dépassé 60 %. Il souligne également que les énergies renouvelables nationales ne représentent, selon les données du secrétaire d’État à la Transition énergétique Wael Chouchane, qu’environ 9 % de la consommation de la Steg. Notre interlocuteur explique que les importations d’électricité en provenance d’Algérie ont, quant à elles, représenté 11 % de la consommation nationale en 2025, ce qui montre, selon lui, la dépendance persistante du réseau électrique vis-à-vis de sources extérieures. Il estime ainsi que le pari sur les énergies renouvelables et l’interconnexion électrique ne saurait suppléer le besoin de renforcer les capacités de production locales, capables d’assurer l’alimentation en électricité 24 heures sur 24, notamment pendant les heures de pic, précise-t-il.
L’expérience des années précédentes montre que l’approbation des projets ne signifie pas pour autant qu’ils seront mis en service. Sur les 500 mégawatts approuvés en 2018, aucun n’était entré en service à la fin de l’année 2024, sachant, par-dessus tout, que seuls 300 mégawatts ont été conservés. Et malgré le lancement d’un nouvel appel d’offres en avril 2026, rien ne garantit que les prévisions annoncées seront atteintes. Aussi, rien ne garantit que l’objectif de produire 35 % d’électricité à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030 puisse couvrir 35 % de la consommation nationale d’énergie. Car, selon ces données, son apport ne dépassera guère 10 % de la consommation nationale d’énergie primaire, tandis que l’apport des biocarburants ne dépassera pas environ 8 %. Par conséquent, ce processus ne saura jamais combler, à lui seul, le déficit de production.
Le consultant préconise alors de réinvestir dans les capacités de production locales, l’électricité algérienne ou européenne via « Elmed » devant rester une solution d’exception. Il souligne également que l’énergie solaire ne couvre pas les besoins nocturnes et que son stockage reste coûteux. Il insiste sur la nécessité de renforcer la production traditionnelle pour garantir l’alimentation en électricité 24 heures sur 24, tout en recourant aux énergies renouvelables pour alléger la facture et donner à la Steg une plus grande marge de manœuvre.
Tout cela met en évidence un autre paradoxe : même à supposer que les objectifs de la stratégie nationale de transition énergétique soient atteints à l’horizon 2030, cela ne permettra pas de résoudre la crise de la production. A l’heure où la Tunisie décide d’accroître ses importations pour couvrir ses besoins en électricité. Ce qui soulève une question supplémentaire : que fera l’État pour combler ce déficit en attendant la réalisation des projets annoncés ?

Des solutions palliatives à une crise chronique
Face à cette crise structurelle qui ne cesse de s’aggraver, l’État continue d’adopter la même stratégie, qui consiste à accélérer la transition énergétique et à étendre les interconnexions électriques avec l’étranger, alors qu’elle peine à rétablir ses capacités de production existantes. Le gouvernement maintient ce cap et trouve du soutien au sein du Parlement. Interrogé par Nawaat, Issam Chouchane, membre de la commission des finances du Parlement, souligne la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du projet d’interconnexion électrique avec l’Italie « Elmed » ainsi que des accords de concession relatifs à la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables. Ceux-ci constituent, selon lui, le pari principal du gouvernement pour atténuer la pression qui pèse sur la Steg. Il estime que ces projets permettront, à moyen terme, d’augmenter les capacités de production et de renforcer le réseau électrique. Toutefois, leur mise en service restera tributaire d’une accélération des délais de réalisation, alors que le pays se plaint d’un déséquilibre entre l’offre et la demande.
En attendant donc que les projets sur lesquels mise l’État entrent en service, Chouchane suggère des solutions provisoires, notamment en aidant les citoyens à acquérir des groupes électrogènes et d’autres alternatives, ce à quoi s’oppose le syndicat de la Steg. En effet, Fathi Msalmi, secrétaire général de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, souligne à Nawaat que les panneaux solaires, les batteries et les groupes électrogènes ne seraient que des solutions temporaires et coûteuses, qui ne s’attaqueraient pas à la racine du problème. Il trouve que la solution passe par un réinvestissement dans les capacités de production traditionnelles, parallèlement au développement des énergies renouvelables, tout en aidant la Steg à retrouver son rôle d’investisseur.
Il estime que « l’exclusion de l’entreprise publique d’une partie de l’investissement, au profit d’un rôle accru du secteur privé, a été l’une des raisons de l’échec de l’objectif de 35 % d’énergies renouvelables. » Cet échec est dû, selon lui, aux pressions exercées par ce qu’il a qualifié de « lobbies financiers » pour obtenir davantage de privilèges.
Ce constat concorde avec les analyses de Chekib Ben Mustapha et des autres sources, assurant que la réalisation des objectifs de la transition énergétique ne suffira pas à elle seule à combler le déficit de production. Ainsi, la crise de l’été 2026 n’était pas un événement passager, mais le résultat d’une accumulation de mauvais choix et de dysfonctionnements dans la gestion du système énergétique, qui se sont révélés à la première grande épreuve climatique.
Pendant que le réseau électrique révélait les limites de sa capacité à répondre à la hausse de la demande, conjuguée à la vague de chaleur, les forêts étaient confrontées à une pression climatique croissante, avec la propagation des feux dans plusieurs régions. Cette crise met en lumière un autre aspect de l’impréparation au changement climatique dans un pays où les effets du réchauffement s’accélèrent. Elle montre que les politiques publiques continuent de gérer les crises selon une logique d’intervention après coup plutôt que d’anticipation et de prévention.

Le test des feux de forêt
Sahbi Boudhiaf, directeur de la conservation des forêts au sein de la Direction générale des forêts (DGF) du ministère de l’Agriculture et de la Pêche, explique que « la hausse des températures, la concomitance des vagues de chaleur et des vents secs, à l’instar de ce que connaissent les pays du bassin méditerranéen, ne constituent pas la cause directe des incendies, mais elles les amplifient et accélèrent leur propagation. Le facteur humain reste la cause principale de la plupart de ces incendies, qu’ils soient dus à la négligence ou à un acte délibéré. Depuis début mai jusqu’à fin juillet 2026, la Tunisie a enregistré près de 100 feux de forêt, dont 10 méga-feux, qui ont ravagé environ 12 000 hectares, contre 2 705 hectares au cours de la même période en 2025, notamment à Zaghouan, Bizerte, Beja, Jendouba, Le Kef et Siliana », assure le responsable dans une déclaration à Nawaat.
Notre interlocuteur enchaîne : « La préparation de la saison a débuté dès le mois de mars par l’aménagement des pistes, des tranchées et des bandes de protection. En parallèle, la surveillance et les moyens d’intervention ont été renforcés, en coordination entre les services forestiers, la protection civile, l’armée et les autorités régionales et sécuritaires. Cependant, les équipes d’intervention ont été confrontées à la hausse des températures, aux vents violents, à la difficulté d’accès à certains sites et à la simultanéité des incendies, sans compter le manque de moyens face à l’étendue du massif forestier. Quant à la régénération du couvert végétal, elle varie selon les espèces. Il faut dire que le rétablissement complet de l’équilibre écologique peut prendre entre 30 et 80 ans », déplore-t-il.

Ces données mettent le système de prévention et d’intervention à l’épreuve. Le cahier des charges publié par le Fonds mondial pour la nature en Afrique du Nord, en partenariat avec la Direction générale des forêts3, et rendu public le 12 août 2026, ne nie pas l’existence de mécanismes de coordination, mais appelle à leur renforcement et à leur harmonisation. Il propose de développer un système de gestion des incidents conforme aux normes internationales, d’actualiser le protocole de protection des forêts contre les incendies et d’établir une liste des mécanismes de coordination existants entre les différents intervenants. Ainsi, le document soutient que le défi ne consiste pas seulement à fournir davantage de moyens de lutte contre les incendies, mais surtout à faire des mécanismes d’intervention existants un système plus intégré et mieux à même de faire face à des incendies qui gagnent en intensité en raison des conditions climatiques.
Toutes les données confirment que ce qui s’est passé durant l’été 2026 est le présage d’une crise qui risque de s’aggraver l’été prochain et à chaque nouvelle canicule. Alors que l’État s’obstine à adopter des solutions de replâtrage qui, loin de s’attaquer aux causes du problème, ne font que le perpétuer. En l’absence d’un changement fondamental dans les politiques d’investissement et de planification, cette attitude conduit à faire supporter au citoyen le plus lourd fardeau. Il est ainsi livré à lui-même face aux coupures de courant et doit se débrouiller pour trouver des alternatives, comme des générateurs, des batteries ou autres. Pendant ce temps, le pouvoir, plus acculé que jamais, tente, honteusement, de faire porter la responsabilité des coupures et de toutes les tares dont souffre le pays à des comploteurs imaginaires.
- En 2014, le mécanisme d’approvisionnement en gaz naturel de la Steg a été modifié : celle-ci en achetait désormais directement à l’Algérie, sans passer par la Société tunisienne des activités pétrolières (ITAP). Ce qui a imposé à la Steg des charges financières supplémentaires liées à l’obtention de devises et au coût de l’approvisionnement. ↩︎
- Il s’agit du plan stratégique adopté en vertu de la loi d’orientation relative à la transition énergétique (Loi n° 12 de 2015). Un plan qui vise à porter le taux de la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables d’environ 3 % en 2016 à 12 % en 2020, puis à 30 % en 2030. ↩︎
- Fonds mondial pour la nature – Afrique du Nord (WWF North Africa) et Direction générale des forêts, Termes de référence – Consultation pour l’élaboration du Plan d’action national pour la prévention, la coordination et l’intervention rapide face aux feux de forêt en Tunisie, 12 août 2026. ↩︎





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