Je regarde mes amis, mes camarades de toutes ces années, s’effondrer un à un. Certains restent en prison. D’autres sont partis le cœur arraché parce que l’amour ne suffit plus à tenir debout face à l’absurde. D’autres encore sont morts, pas d’un procès, mais de cette fatigue sourde qui use les corps qu’on a trop longtemps tenus tendus contre l’injustice.

