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Nidhal Ouerfelli, porte-parole du gouvernement Jomaa

 

Poursuivi jusque Genève en marge de la 25ème session du Conseil des droits de l’Homme par l’affaire Jabeur Mejri, le président Marzouki a finalement libéré le « blasphémateur de Facebook » avant de lever l’état d’urgence jeudi 6 mars. Une atmosphère d’apaisement qui risque d’être éphémère, la veille de la reprise lundi du procès des Ligues de protection de la révolution. Droit dans ses bottes, le chef du gouvernement de compétences poursuit quant à lui son bonhomme de chemin, manifestement plus soucieux de l’économie que des futures élections.

Libéralisme sous couvert de technocratie ?

Plutôt terne et policé, le premier grand oral médiatique de Mehdi Jomâa, le 3 mars dernier, recèle néanmoins quelques indications sur la politique économique qu’entend mener son gouvernement.

L’entretien télévisé contraint le cabinet du Premier ministre à une mise au point jeudi concernant les recrutements dans la fonction publique. Jomâa avait en effet sous-entendu que ceux-ci seraient gelés suite au constat d’une productivité quasi nulle depuis la révolution.

C’est le fringant conseiller économique, Nidhal Ouerfelli, fraîchement désigné porte-parole du gouvernement, qui se charge de préciser que les recrutements dans la fonction publique programmés pour l’année 2014 ne sont pas concernés par ce gel. Mais telle une contrepartie à cette concession « socialiste », Ouerfelli annonce par ailleurs que l’État se désengage de la subvention de certains matériaux de construction dont le ciment.

Pour réaliser l’équilibre financier du budget 2014, le pays a besoin de la bagatelle de 4.5 milliard de dinars supplémentaires, révèle l’ex ministre de l’industrie. Au moment où la Banque Mondiale vient d’accorder à la Tunisie son plus gros prêt depuis la révolution (1,2 milliard de dollars), le gouvernement Jomâa annonce la couleur sociale de son mandat en procédant bientôt aux premiers ajustements structurels impopulaires, avec -22% de compensation des produits de consommation courante.

Même si certaines de ces mesures étaient déjà prévues avant son investiture, cette vague de réformes libérales n’aidera pas Jomâa à se débarrasser de l’image d’un homme parrainé par l’UTICA.

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La Tunisie enjeu contingent de la deuxième guerre froide

Alors que la Russie est aux prises avec l’Ukraine et le reste du monde, en pleine campagne guerrière en Crimée, Sergueï Lavrov trouve le temps d’effectuer le 4 mars une visite en Tunisie.

A en croire les déclarations officielles du chef de la diplomatie russe, la Russie de Poutine se découvre une passion soudaine pour la démocratie dans le monde arabe, et plus particulièrement en Tunisie, pays hôte de John Kerry deux semaines auparavant.

Plus crédibles, les fuites en provenance du Palais de Carthage font état d’un effort de lobbying de Lavrov auprès de Moncef Marzouki en vue d’une normalisation progressive avec le régime syrien de Bachar al Assad, l’un des derniers satellites pro russes de la région, après la perte probablement définitive de l’Ukraine.

Est-ce une fin de non-recevoir en amont, toujours est-il que la veille de la visite officielle, le ministre tunisien des Affaires étrangères avait réitéré que le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays « n’est pas à l’ordre du jour », même si à la Kasbah on évoque un service minimal administratif bientôt rouvert à Damas.

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Un féminisme sans gloire

Pour la Journée internationale des droits des femmes, les émules des Femen « section monde arabe » enlèvent le bas… à Paris. Amina Sbouï avait pourtant déclaré avoir quitté le mouvement, mais l’occasion était visiblement trop belle pour provoquer un nouveau buzz dans l’esprit cheap de l’époque.

Les deux jeunes tunisiennes du Louvre ne sont pas à une contradiction près : en se dénudant, elles délivrent un message confus, en disant se solidariser ainsi « avec la femme arabe qui se fait lapider partout dans le monde islamique » et militer pêle-mêle « contre la charia, contre le voile, contre la burqa, contre la lapidation » (sic)… La Joconde a de quoi rire jaune.

Hara Kiri avait inventé en son temps l’humour bête et méchant, nous assistons aujourd’hui à l’avènement d’un féminisme laid, niais et vulgaire.