Ainsi, le parti Ennahdha qui argumentait pourtant il y a quelques semaines que « selon des sondages », « 80% des Tunisiennes sont contre l’égalité dans l’héritage » s’insurge finalement contre les faiseurs de sondage dans un communiqué publié le 4 mai. Suite à la publication de résultats plaçant le parti au plus bas de sa popularité, celui-ci dénonce « la manipulation des données et des chiffres » et accuse le cabinet dirigé par Hassan Zargouni, Sigma Conseil, d’ « orienter l’opinion publique ».  Même revirement du côté de Nidaa Tounes. Alors que l’actuel chef du gouvernement et potentiel candidat du parti Tahya Tounes aux présidentielles, Youssef Chahed, est talonné de près par ses concurrents populistes dans les intentions de vote, Béji Caïd Essebsi a profité de son allocution présidentielle de Ramadan pour faire part de sa toute récente défiance envers les cabinets de sondages. Il leur reproche d’amplifier « la fièvre électorale » et invite les citoyens à ne pas prendre au sérieux leurs résultats. Un éveil tardif du pouvoir, alors que la loi électorale de 2014 demandait déjà la promulgation d’une loi réglementant le secteur des sondages d’opinion.