Qu’on parle confinement ou couvre-feu, la crise semble être la dernière de ses préoccupations. Non sans humour, Ridha Tlili assure qu’il est « encore survivant », alors qu’on l’a cru disparu des radars. Et tous les moyens sont bons pour ce quadragénaire de jouer à saute-mouton avec les disciplines artistiques. Du cinéaste au metteur en scène, avec six films au compteur et pas moins de deux en montage, voici ouvert le chapitre du chorégraphe. Le procès en spécialité, il le rembarre d’un haussement d’épaule. « Pourquoi pas, après tout », s’exclame l’auteur de Forgotten, que nous avons rencontré le 17 décembre 2020 à Sidi Bouzid, où il prépare Cypher. Ambiance : les doigts dans la prise, et froid sec sur la ville où la morosité d’un jeudi marque le dixième anniversaire d’une révolution qui s’est levée du mauvais pied. La continuité est pourtant là : prolongeant son intérêt pour les marges, Cypher est né dans l’esprit du cinéaste d’une découverte de jeunes danseurs en contexte urbain. Comme quoi, les parallèles finissent par se croiser.