L’inéluctable est donc arrivé. On pourrait même dire que c’était plus ou moins prévisible, attendu, voire souhaité par un bon nombre de Tunisiens. Kais Saïed, Président de la République, a finalement mis en application ses menaces à peine voilées et maintes fois répétées. Comme il n’a pas été entendu ou pris au sérieux, il a fini par lancer « les premiers missiles » dont il n’a cessé de parler. En application de l’article 80 de la Constitution de 2014 et selon la lecture personnelle qu’il en fait, il décide unilatéralement de geler les travaux du parlement pendant un mois, de lever l’immunité de tous les députés, de limoger le chef du gouvernement et de s’octroyer le droit de cumuler pratiquement tous les pouvoirs. Ces différentes mesures sont censées lui permettre de redresser la situation du pays et mettre fin à tous les abus. C’est du moins l’objectif qu’il s’est fixé et qu’il a présenté pour justifier sa décision.