Un cimetière. Celui du quartier d’Al Attar où reposent ses défunts habitants. En face, un autre cimetière. Celui des déchets du Grand Tunis. Chaque jour, ce sont plus de 3000 tonnes de déchets qui affluent de 38 municipalités. Nous sommes face à l’immense – 124 hectares – décharge de Borj Chakir, dans la commune de Sidi Hassine, à 8 kilomètres de la capitale.

« Là, c’est le casier 7, à vue d’œil on voit bien qu’il a dépassé sa capacité de stockage », s’indigne Oussama Hammami, membre du conseil municipal de Sidi Hassine et militant remarqué de la campagne « Sakkar El Msab » (Fermez la décharge). « Le gouvernement s’est engagé à fermer la décharge en juin 2021 et voilà qu’on apprend que l’ANGED renouvelle pour 6 mois le contrat de l’exploitant », poursuit-il, furieux. Youssef Ayari, lui aussi élu municipal, milite depuis plusieurs années pour la fermeture de Borj Chakir. Elle représente, selon lui, « une menace environnementale et sanitaire pour la commune ». Si aucune étude n’associe les maladies respiratoires dont sont victimes les habitants d’El Attar à la présence de la décharge, de nombreux témoignages confirment l’impact nocif des déchets sur la santé des riverains.