À l’approche de l’Aïd al-Adha, et face à la flambée des prix des moutons, les marchés aux bestiaux à Tunis deviennent le miroir reflétant l’inanité des politiques agricoles et socio-économiques. Ainsi, pour une grande partie des foyers tunisiens, dont le pouvoir d’achat ne cesse de dégringoler, les moutons de l’Aïd paraissent comme un mirage inaccessible. Entre le devoir religieux et l’attachement aux traditions et coutumes, l’ambiance festive tend à s’estomper, laissant place à un sentiment de déception et d’impuissance, mêlé à la nostalgie du bon vieux temps et des fêtes de l’Aïd d’un passé récent.
Malgré les profondes mutations qu’a connues le pays sur les plans politique, social et culturel, et qui se sont répercutées sur le mode de vie et de travail des Tunisiens et des Tunisiennes, l’Aïd al-Adha reste l’événement annuel le plus marquant pour une majeure partie des familles. Celles-ci s’y préparent des mois à l’avance et font coïncider leurs congés annuels avec ce rendez-vous, car cela leur permet de rendre visite aux proches ou de revoir le village natal. Sur le plan religieux, cette fête revêt une importance capitale, du fait qu’elle coïncide avec le pèlerinage. Or, pour les plus démunis, ce rituel devient une source de profond malaise.
Comment les spéculateurs sautent sur l’occasion
À l’approche de chaque fête religieuse, les marchés entrent dans un état de bouillonnement extrême, où les besoins des gens, liés à leurs sentiments et à leurs rites religieux, sont vus comme autant d’opportunités par les spéculateurs et autres opportunistes. Le sacré, qui est censé atténuer le poids de la vie quotidienne et faire rejaillir les valeurs de solidarité et de compassion, s’est vu progressivement intégré à la logique même du marché. Des esprits malveillants en tirent profit en jouant sur la fibre religieuse des Tunisiens. Ainsi, la hausse des prix lors de ces occasions n’est plus un fait exceptionnel ni le fruit du hasard, mais s’apparente à un mécanisme bien établi qu’on active à l’approche des grandes fêtes religieuses. Cela se produit notamment lors de l’Aïd al-Fitr, où les prix des habits pour enfants et des gâteaux s’envolent. A l’occasion de la fête du Mouled, les spéculateurs se focalisent sur le « zgougou ». On sait que ceux qui peinent à récolter ces graines de pins d’Alep dans les forêts ne tirent que quelques dinars, mais ils sont revendus à des prix exorbitants dans les commerces et sur les marchés. C’est toutefois à l’occasion de l’Aïd al-Adha que ce phénomène s’illustre le mieux : passant de la catégorie de bétail à celle d’animaux de sacrifice, les moutons se retrouvent chargés d’une forte symbolique religieuse qui va justifier la flambée sans précédent de leurs prix pendant cette période. L’équation est simple : plus les gens s’attachent à la tradition, plus son exploitation commerciale est grande, au point que l’Aïd est devenu, pour de larges pans de la société, davantage une saison d’épuisement du budget qu’un moment de joie ou de culte.
Tunisie : Terres agricoles en péril
09/10/2023

Non loin d’un des points de vente de moutons installés dans les rues de la capitale, un quadragénaire, tenant la main de son fils, scrute du regard les moutons. Il secoue la tête dans un profond silence avant de s’adresser à nous. Il explique qu’il était venu tôt le matin à la recherche d’un « mouton à portée de main », mais qu’il se rendait compte, à chaque fois, que c’était hors de son budget. Il ajoute : « Mon salaire me suffit à peine pour le reste du mois, et pourtant je me sens obligé d’acheter le mouton de l’Aïd, quel qu’en soit le prix. » Cet homme ne regarde pas seulement l’aspect sacré, mais aussi cette lourde pression sociale qui accompagne la fête de l’Aïd dans les quartiers populaires, où l’absence d’un mouton devant la maison suscite des remarques et des chuchotements entre voisins.
On dit que le rite du sacrifice est pour ceux qui en ont les moyens, et c’est vrai, mais la réalité est différente : quand on n’achète pas de mouton, on a le sentiment d’être inférieur aux autres et que ses enfants suscitent la compassion des autres enfants du quartier.
Avec un léger sourire qui cache une grande gêne, notre interlocuteur avoue que l’Aïd n’est plus, pour sa famille, une simple fête religieuse, mais qu’il est aussi devenu pratiquement la seule occasion de manger de la viande d’agneau. Il affirme que, comme la plupart des Tunisiens, il ne mange de la viande que rarement, en raison des prix si élevés. Si élevés qu’elle ne figure plus sur la liste des achats quotidiens des familles de classe moyenne ou modestes. Il poursuit en disant: « Mes enfants attendent la fête de l’Aïd d’une année à l’autre pour pouvoir manger du mechoui et en sentir l’odeur à la maison, comme tout le monde… Figurez-vous que la viande d’agneau est devenue un rêve saisonnier pour ce peuple. »
A ce sujet, Mehdi Mabrouk, universitaire et spécialiste en sociologie, estime, dans un entretien accordé à Nawaat, que les fêtes et les célébrations religieuses n’ont jamais été de simples rites purement spirituels. Selon lui, elles sont historiquement liées à des dimensions sociales et festives qui renforcent le sentiment d’appartenance à la communauté et reproduisent ses liens sociaux. Or, ces rites, dont l’Aïd al-Adha, ont subi au fil du temps de profondes transformations qui ont fini par les intégrer à la logique du marché et de la consommation. Notre interlocuteur souligne que, par le passé, le sacrifice était essentiellement lié au besoin de consommer de la viande dans une société de rareté, et où celle-ci était souvent réservée aux familles aisées. Cette pratique s’est progressivement généralisée, touchant aujourd’hui presque toutes les catégories de la population, y compris celles aux petits revenus. Pour le chercheur, ce n’est pas le rituel en soi qui a changé aujourd’hui, mais le contexte socio-économique, où la logique du marketing, de la consommation et de l’émulation sociale ont pris le dessus. Pour de nombreuses familles, l’achat d’un mouton n’est plus seulement dicté par le devoir religieux, mais aussi par la crainte d’une gêne sociale ou un complexe d’infériorité que pourraient ressentir les enfants par rapport à leurs semblables. La pression de l’entourage et des réseaux sociaux ont contribué, selon lui, à transformer le mouton de l’Aïd en une marchandise soumise aux règles de l’offre, de la publicité et de la consommation. Mehdi Mabrouk souligne que cette tendance concerne la plupart des fêtes religieuses, désormais associées à des modes de consommation saisonniers, tels que l’achat de vêtements et de gâteaux ou la ruée sur certains produits alimentaires. Il considère que le marché a progressivement réussi à imprégner le domaine symbolique et religieux pour en faire un espace économique à part entière.

La « Rahba », théâtre à ciel ouvert de l’effondrement du pouvoir d’achat
Au bord de la route menant à l’entrée sud de la capitale, la poussière des voitures se mêle à l’odeur des moutons et à leurs excréments, tandis que des camionnettes chargées de moutons s’alignent sous un soleil de plomb qui s’abat sur les lieux. Les cris des marchands fusent de toutes parts, tandis que les gens se promènent nonchalamment entre les troupeaux de moutons serrés les uns contre les autres. Ils leur caressent le dos et les auscultent scrupuleusement ; puis la même question revient à chaque fois : « Combien ça coûte ? » Mais à chaque fois, la réponse douche les quidams. Les sourires se figent sur les visages, dont les traits trahissent une fatigue manifeste. A un moment, un homme s’attarde longuement devant un petit agneau qui lui arrive à peine aux genoux, puis murmure d’une voix basse : « Même ce chat vaut plus de 1000 dinars ! Que faire ? » Un autre sort son téléphone, ouvre la calculatrice et commence à faire quelques opérations en silence, puis remet l’appareil dans sa poche et s’en va sans dire un mot. Dans un autre coin, on aperçoit un petit garçon qui tire avec insistance sur la main de son père en montrant un mouton : « Je veux celui-là, papa ! » On constate vite le sourire malaisé du père, qui lui répond calmement : « Voyons d’autres d’abord ! » Même s’il savait d’emblée que la plupart des bêtes exposées au marché dépassaient son budget. Dans la foule, le même discours revient sans cesse : « Les vrais éleveurs ne sont plus là, ce sont ces spéculateurs qui ont acheté les moutons à bas prix pour les revendre plusieurs fois plus cher ». Et chaque fois que quelqu’un s’approche d’un mouton, la même scène se répète : une longue auscultation, un silence pesant, puis un recul graduel qui ressemble à un retrait d’une bataille inégale.
À l’une des extrémités de la « Rahba », Mounir, un homme d’un certain âge au visage fatigué, se tient près de son vieux camion. Il observe le mouvement des acheteurs qui déambulent parmi les moutons, les traits tirés et le regard troublé devant les prix. Il nous parlait, tout en écoutant de loin les commentaires outrés et les discussions entre les gens accusant les vendeurs de cupidité. Il réagit d’un ton mêlant patience et amertume : « Ici, les gens ne regardent que le prix. Ils ne savent pas ce qu’il y a derrière ». Il tenait à préciser qu’il était agriculteur et non un simple « revendeur » venu profiter de la fête pour faire grimper les prix, comme le répètent de nombreux citoyens. Il explique avoir passé des mois entiers à élever ce bétail, partageant ses efforts entre l’achat de fourrage, le suivi vétérinaire, les frais de transport, l’entretien et la surveillance, alors que presque toutes les dépenses ont augmenté. Tout en désignant les moutons derrière lui, il soutient que l’élevage n’est plus ce qu’il était et que le coût d’entretien d’une seule tête de bétail accable le paysan avant que la bête n’arrive chez l’acheteur. D’une voix qui semblait plus apaisée, il ajoute que le vendeur « est lui aussi un citoyen confronté à la même crise que tout le monde. Il va chaque jour au marché pour acheter des légumes, de l’huile, du sucre et les autres produits de première nécessité aux mêmes prix dont se plaignent les citoyens. » Il paie, comme tout le monde, ses factures d’électricité et d’eau, et assume les frais de scolarité de ses enfants ainsi que les charges quotidiennes qui ne cessent de s’accumuler. Et d’enchaîner :
Nous ne sommes pas coupés de la réalité pour que les gens croient que nous vivons dans l’aisance ; nous essayons simplement, nous aussi, de nous en sortir.
Il estime, par ailleurs, que beaucoup de gens pensent que la vente de moutons pendant la période des fêtes permet de s’enrichir rapidement, alors que la réalité, selon lui, est tout autre : ce commerce, explique-t-il, ne dure qu’une semaine ou deux par an, pendant lesquelles sont vendus les bêtes dont l’entretien a pris des mois. Ensuite, la plupart des éleveurs ou des petits agriculteurs se retrouvent le reste de l’année sans revenu régulier ni source de subsistance stable leur garantissant une vie tranquille. L’homme ne cache pas non plus son désarroi face au climat de tension qui met aux prises vendeurs et acheteurs au marché. Il explique cette situation par l’exacerbation de la crise économique qui frappe le pays. Le citoyen arrive au marché aigri et abattu, tandis que le vendeur subit à son tour la pression des coûts, des pertes et de l’incertitude. Il souligne d’un ton quelque peu abrupt :
L’État a semé la discorde entre les gens : l’acheteur pense que le vendeur le vole, tandis que le vendeur est, lui, persuadé que tout le monde lui fait porter la responsabilité d’une situation qu’il ne maîtrise pas.
Au milieu des bêlements des moutons et du tintamarre des négociations incessantes, Mounir continuait à nous parler. Il cherchait à défendre non seulement le prix d’un mouton, mais surtout l’image d’un éleveur qui sent que ses efforts ne sont jamais reconnus. Il conclut par cette phrase laconique qui résume bien la situation : « En réalité, la plupart d’entre nous, ici, vivons la même crise, mais chacun souffre à sa manière. »
La situation des agriculteurs et des éleveurs, ainsi que le prix des moutons pour cette année, ont été l’objet de discussions au sein du Syndicat des agriculteurs tunisiens. Son président, Midani Dhaoui, a révélé dans des déclarations à la presse que les besoins du marché tunisien étaient estimés entre 900 000 et 950 000 têtes de moutons. Il a déclaré que le cheptel disponible était théoriquement en mesure de satisfaire la demande, tout en dénonçant ce qu’il qualifie de rumeurs et de campagnes visant à amplifier la crise afin de faire flamber les prix. Il ne dispense toutefois pas les intermédiaires et les spéculateurs de leur rôle. Enfin, le dirigeant syndical a appelé les citoyens à s’adresser directement aux éleveurs et aux agriculteurs afin de contourner les hausses de prix imposées par les intermédiaires sur les marchés et dans les circuits de distribution.

Points de vente au poids : un fossé entre les discours et la réalité
Afin d’apaiser la colère grandissante provoquée par la forte hausse des prix des moutons, le ministère de l’Agriculture a décidé de recourir de nouveau à la vente au kilo dans des points de vente réglementés. Dans son communiqué rendu public le 8 mai 2026, le ministère a expliqué que ces espaces étaient soumis au contrôle et proposaient des moutons à des prix de référence censés être inférieurs à ceux pratiqués sur les marchés informels et par les intermédiaires.
Deux espaces de vente ont été aménagés respectivement à Saïda, dans le gouvernorat de Manouba, et à Radès, dans le gouvernorat de Ben Arous. Les prix varient en fonction du poids des moutons, le prix au kilo de poids vif étant estimé entre 23 et 27 dinars environ. Les autorités ont présenté cette mesure comme un moyen de réguler le marché et de réduire la pression sur les citoyens. Pour ce faire, elles ont lancé une campagne de sensibilisation.
Les communiqués et déclarations officiels vantant les avantages de ces points de vente ont été vite contredits par des dizaines de témoignages et de vidéos diffusés sur les réseaux sociaux, dans lesquels des citoyens et citoyennes critiquaient ces espaces. Nous nous sommes rendus au point de vente de moutons au kilo à Radès. Dès notre arrivée, l’écart entre le discours officiel et la réalité sur le terrain paraissait flagrant. En effet, ce lieu, présenté dans les communiqués officiels comme un espace aménagé, soumis à un contrôle et proposant des moutons aux citoyens à des prix réglementés, ressemblait plutôt à un terrain vague.

La vaste place du marché semblait presque déserte : aucune activité de vente réelle n’y était perceptible et aucun troupeau n’y était exposé, contrairement à ce que laissaient entendre les récits de propagande. Seuls quelques groupes de citoyens, éreintés par une longue attente sous le soleil, étaient là. Ils guettaient le portail et la route menant à la place avec une grande impatience, comme s’ils attendaient un événement exceptionnel, et non un marché censé fonctionner quotidiennement et de manière réglementée. Au milieu de cette vacuité, les échanges en marge entre les personnes présentes révélaient l’ampleur du désarroi et de la frustration. Certains affirmaient venir depuis plusieurs jours sans parvenir à trouver un mouton convenable, tandis que d’autres partageaient des informations, non confirmées, sur la date de nouveaux arrivages. Soudain, le silence fut rompu par le bruit d’un camion transportant plusieurs moutons qui entrait dans la cour. Des dizaines de personnes se ruèrent alors vers lui, offrant un spectacle où l’avidité se mêlait à l’anxiété. Des hommes et des femmes courent, d’autres se dressent pour apercevoir les moutons de loin. Des questions fusent sur les prix et la disponibilité, avant qu’un homme, debout devant le camion, ne vienne mettre fin au charivari en annonçant que ces moutons avaient des propriétaires et n’étaient pas à vendre. C’est alors que la déception s’est de nouveau abattue sur ceux qui s’étaient rassemblés autour du camion, d’autant que beaucoup espéraient que ce moment marquerait la fin de ces longues heures d’attente. Un petit nombre de « béliers » a ensuite été déchargé ; on leur a dit qu’ils étaient destinés à la vente. Mais la plupart des personnes présentes les ont aussitôt refusés, au motif qu’ils étaient âgés et marqués par des traces de blessures, pour certains d’entre eux. En effet, les cornes semblaient cassées, ce qui a fait dire à un homme, avec ironie et rage : « Ces moutons sont destinés au combat, et ils sont vieux ! »
Un homme âgé, assis près de la place, nous a interpellés pour nous demander si nous avions trouvé un mouton. Puis il nous a conseillé sans ambages de venir très tôt le matin et de passer un accord avec « Slimane », si nous souhaitions vraiment acquérir un mouton. Ce nom qui revenait fréquemment dans les bouches, n’était pas cité comme celui d’un simple vendeur, mais désignait apparemment la seule personne capable de résoudre le problème dans cet espace censé être sous le contrôle de l’État. Dire qu’il était possible d’obtenir un mouton par l’intermédiaire de « Slimane », alors que, sur place, on ne voyait rien, indique qu’il y avait une voie informelle. Un marché informel, où les relations personnelles priment sur les lois, en l’absence quasi totale de l’État sur les lieux. À l’exception d’une voiture de police stationnée à quelques mètres du portail de la place déserte.

Interrogé par Nawaat, Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne pour informer les consommateurs (OTIC), indique que l’on ne dispose toujours pas de données précises sur le volume du cheptel en Tunisie ni sur le coût réel de production d’un kilo de viande d’agneau. Une chose est néanmoins sûre, selon lui, c’est que le coût de production est bien inférieur aux prix pratiqués sur le marché pendant la période de l’Aïd al-Adha. Notre interlocuteur explique que le prix du kilo de viande après l’abattage est estimé à environ 60 dinars, ce qui signifie que le prix d’un mouton vivant équivaut à peu près à la moitié de ce montant sur le marché. Lotfi Riahi ajoute que le coût des aliments de bétail a connu ces dernières années une baisse relative, notamment grâce à l’amélioration des végétations dans certaines zones de pâturage, suite aux précipitations enregistrées. Cela aurait permis de réduire la dépendance des agriculteurs vis-à-vis des aliments industriels et, par conséquent, de diminuer en partie les coûts. Il a également souligné que les prix de vente chez le boucher se répercutent directement sur les prix pratiqués au marché, face à une chaîne de distribution complexe qui influe sur le prix final payé par le consommateur. Il considère que le problème ne se limite pas aux moutons, mais touche l’ensemble du secteur de la viande rouge, avec des prix de moutons oscillant, cette année, entre 1 000 et 2 000 dinars. Ce qui, selon lui, représente des prix très élevés par rapport au pouvoir d’achat. Il ajoute que, dans une équation équitable, le prix du kilo de viande rouge devrait correspondre au moins au salaire journalier d’un citoyen, mais que la réalité est très loin de ce compte. Il conclut en soulignant que l’organisation s’oppose aussi bien à l’importation des viandes, à l’occasion des fêtes, qu’au recours à la viande congelée. Il estime que la Tunisie possède les moyens suffisants pour devenir un pays exportateur de viande, si le secteur est mieux géré.

Notre virée à travers les points de vente, qu’ils soient réglementés par l’État ou non, met en évidence l’immense écart qui sépare le discours trompeur véhiculé par les médias grand public de la réalité, à laquelle sont confrontées les familles tunisiennes. Une réalité marquée par l’effondrement du pouvoir d’achat et l’accumulation des crises économiques, sans qu’aucune mesure sérieuse et efficace ne soit prise. Car même le fait de duper la population en usant de la théorie du complot et des accusations de trahison ne trompe plus personne. La flambée des prix est la conséquence inéluctable de certains choix déconnectées de la réalité, à laquelle s’ajoute la crainte des responsables de prendre des décisions qui pourraient leur coûter de longues années de prison sans même pouvoir se défendre.
La hausse des prix n’est plus un fait conjoncturel, mais une norme constante qui accable les citoyens. Elle s’accentue à l’approche des fêtes ou des célébrations religieuses ou sociales très chères aux Tunisiens, dont notamment l’Aïd al-Adha, transformant ainsi ce qui devrait être un moment de joie pour les familles et les proches en sources supplémentaires de stress, de tourment et de pression.





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