Fin juillet, Wiem B. s’apprêtait à rejoindre son mari, d’origine kerkennienne, et ses enfants déjà sur place. Accompagnée de deux cousins, dont l’un est aussi d’origine kerkennienne, elle a été empêchée de parvenir aux îles. Au port, après avoir payé son ticket d’entrée, un agent en civil l’a apostrophée. « Il m’a demandé pourquoi nous voulons aller à Kerkennah. Je lui ai exposé la situation en lui montrant, carte d’identité nationale à l’appui, que mon époux est natif des îles. Il n’a rien voulu entendre et nous a ordonnés de faire demi-tour », raconte-t-elle à Nawaat.

L’agent lui a demandé ensuite de notifier par écrit son entrée à Kerkennah au poste de police situé au port. Une formalité rejetée par un autre agent et le directeur même du poste consultés par Wiem et ses cousins. Il a fallu ainsi environ 20 minutes de pourparlers pour qu’enfin, ils puissent s’installer au ferry. D’autres personnes n’ont pas eu cette chance, ajoute Wiem. « Ce jour-là, beaucoup ont été refoulés. Les uns en pleurs, les autres demandaient des explications. C’était l’incompréhension totale ».