Tunisie : Ce que le masculinisme fait de la liberté des femmes

Défendre les acquis juridiques ne suffit pas. Il faut démonter les discours qui banalisent le viol, protéger les victimes de la culpabilisation. Le consentement est une frontière que nul pouvoir sur autrui ne peut franchir. Il faut aussi refuser qu’on fasse du divorce, de la liberté sexuelle ou de l’indépendance financière des femmes le coupable de toutes les crises du moment.

Aimer un pays qui vous éteint

Je regarde mes amis, mes camarades de toutes ces années, s’effondrer un à un. Certains restent en prison. D’autres sont partis le cœur arraché parce que l’amour ne suffit plus à tenir debout face à l’absurde. D’autres encore sont morts, pas d’un procès, mais de cette fatigue sourde qui use les corps qu’on a trop longtemps tenus tendus contre l’injustice.

Haythem Mekki: le prix exorbitant de la satire

Ses traits d’humour incisifs n’ont guère épargné les différents gouvernements qui se sont succédé depuis la Révolution. Mais ces dernières années, Haythem Mekki a fait l’objet de trois procédures judiciaires. Et voici qu’il est condamné à un an de prison sous le régime du 25 juillet.

Tunisie : condamnés, poursuivis, exilés, les journalistes dans le viseur

Des journalistes croupissent en prison, d’autres attendent leur jugement, d’autres encore ont choisi l’exil. Le secteur est cerné de toutes parts, dans un pays devenu pour la profession une prison à ciel ouvert. Une liberté sous conditions qui n’a rien d’inconditionnel. L’arrestation, cette semaine, du rédacteur en chef du site Al Qatiba en est la dernière illustration.

“L’amande” : Quand la littérature ouvre le corps interdit

Il est des corps que l’on surveille avant même qu’ils aient appris à se connaître. Des corps que l’on couvre, que l’on juge, que l’on protège jusqu’à les enfermer. Avec “L’amande”, publié sous le pseudonyme de Nedjma, une femme ose déplacer le silence: raconter le désir féminin, c’est déjà contester ceux qui prétendent en fixer les limites. Mais derrière le roman érotique se dessine une question plus vaste, plus intime et profondément politique : à qui appartient le corps d’une femme lorsqu’une société entière croit avoir son mot à dire ?

Nous sommes un peuple déshumanisé et déshumanisant

Trois mille ans de civilisation, une lumière méditerranéenne, une fierté arabo-islamique. C’est ainsi que nous aimons nous raconter. Mais depuis le discours du 21 février 2023, un autre visage est apparu dans le miroir tunisien : agressions, expulsions, morts dans le désert, une militante emprisonnée, une Europe complice. Ce texte est une traversée de cette blessure et une question posée à nous-mêmes, sur ce que nous sommes devenus.