L’incarcération, et la condamnation à une lourde peine, de ce vieux routier de la politique, illustre l’impasse historique dans laquelle se trouve aujourd’hui, la Tunisie. Une rétrospective de son long parcours s’impose.
L’incarcération, et la condamnation à une lourde peine, de ce vieux routier de la politique, illustre l’impasse historique dans laquelle se trouve aujourd’hui, la Tunisie. Une rétrospective de son long parcours s’impose.
Le journaliste Haythem El Mekki, condamné en appel à un an de prison, illustre l’escalade de cette pression judiciaire. Des organisations comme Human Rights Watch, Amnesty International, Reporters sans frontières (RSF) et le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) dénoncent la répression qui touche l’opposition, la société civile et les médias, avec une trajectoire clairement ascendante depuis 2023.
Quatre migrants. Une même Tunisie. Des cages dans le désert, des ventes aux passeurs libyens, des naufrages provoqués en mer. Pour la première fois, ces exactions sont portées devant la Cour africaine des droits de l’homme. Un tribunal que la Tunisie elle-même a pris soin, entre-temps, de rendre plus difficile d’accès.
En accordant aux Européens autant de concessions qui saignent nos terres et nos ressources en eau, le pouvoir sape sa propre rhétorique sur la souveraineté. L’enquête qui suit décrit les ravages d’une transition « verte » menée au pas de charge. Et dans l’opacité.
“Ken Ritni 9olli” réussit ce pari difficile: rester profondément ancré dans la culture rap tunisienne avec son énergie brute, son dialecte assumé et sa sincérité viscérale, tout en dialoguant avec une tradition cinématographique et littéraire plus large.
Le salafisme est souvent si régressif sur les libertés, qu’il pousse ses adversaires à répondre par moins de démocratie. On finit par dire : le peuple est trop religieux, donc il faut le surveiller ; les élections peuvent donner la victoire aux islamistes, donc il faut limiter les élections ; les masses sont manipulées, donc il faut qu’une élite décide à leur place. Ce raisonnement peut paraître efficace à court terme, mais il détruit à long terme l’idée même de gauche.
Il est célébré comme le sommet absolu de la poésie arabe, cité par les manuels scolaires, récité comme un trésor national. Mais que reste-t-il du génie quand la plume se vend au plus offrant ? Portrait sans concession d’Al Mutanabbi, poète-courtisan du Xe siècle, dont le talent fulgurant n’a d’égal que l’ambivalence morale : entre vers immortels et versatilité cynique, entre fulgurances stylistiques et dérives racistes, voici l’envers d’une légende.
Quelques mois après un incendie, les massifs noircis retrouvent une teinte verte, les premières herbes apparaissent, et les réseaux sociaux s’en réjouissent : la forêt est de retour ! Pourtant, cette impression est souvent trompeuse. Décryptage d’une illusion d’optique écologique.
Le durcissement des mesures coercitives et sécuritaires face à la recrudescence des cas de tricherie aux examens a montré ses limites en Tunisie. L’alternative ? Des professionnels proposent des solutions psychopédagogiques, plus durables et moins néfastes pour la société et pour l’école. Enquête.
Sans existence légale, sans école, sans soins : en Tunisie, des milliers d’enfants en migration grandissent dans l’angle mort de l’Etat. Mendicité, traite des êtres humains, détentions arbitraires, déportations forcées vers l’Algérie ou la Libye. Le bilan est glaçant avec la fermeture du droit d’asile et l’intensification des violences.
Après des années de critiques sur sa gestion brutale des flux migratoires, le régime tunisien a trouvé un nouvel habillage pour ses expulsions de masse : le « retour volontaire ». Derrière ce vocabulaire emprunté à l’aide humanitaire, les témoignages, les données et le droit international racontent une tout autre histoire.
Victime de la cabale politique montée par le pouvoir contre ses opposants, Jlassi entame sa quatrième année en prison. Son avocat rappelle les aberrations qui ont entaché le procès dit du «complot contre la sûreté de l’État», où il s’est vu condamné à 10 ans d’incarcération.
Dans un monde saturé d’images violentes, fragmentées et consumées à toute vitesse, l’œuvre de Khemir constitue un véritable contre-pouvoir. Elle nous rappelle que l’art véritable n’est pas celui qui distrait ou divertit, mais celui qui recentre. Celui qui nous rend à nous-mêmes en nous ouvrant à plus grand que nous.
Retour sur le calvaire vécu par les Tunisiens à la veille de l’Aïd al-Adha. Une tournée à travers quelques points de vente de moutons, soi-disant réglementés par l’Etat, montre l’immense fossé qui sépare les discours officiels de la réalité amère.
Présentée comme une avancée historique, la nouvelle loi sur le statut de l’artiste promet enfin des droits sociaux à un secteur précarisé. Mais pour une partie du monde culturel, ce texte ouvre aussi la porte à une mise sous contrôle de la création.
L’âne symbolise la résistance passive, l’observation silencieuse supérieure au verbiage intellectuel. Le style “hakimien”, élégant, caustique, riche en anecdotes savoureuses, masque à peine la profondeur philosophique. L’art véritable, suggère l’auteur, naît du concret, de l’humble, du quotidien méprisé par les élites.
Comment, au bout de quelques années, est-on passé de la propagation de la joie à la propagation de la peur ? Et comment la révolution a cessé d’être un objet de désir ? Soutenir que c’est seulement parce que la sur-répression ne cesse d’augmenter serait un raccourci. Il faut aller par-delà du pouvoir politique et voir la société dans sa complexité, pour saisir les causes d’une telle résignation.
Loin de s’essouffler, le mouvement de protestation né à Gabès insuffle une nouvelle dynamique aux luttes sociales en Tunisie. Et la poursuite de la répression, sous toutes ses formes, ne fait que le renforcer.