“Bakma”, ou le procès de notre silence

Dans “Bakma”, le film réalisé par Abdelhamid Bouchnak, la peur ne vient plus de ce que la caméra consent à taire. Elle monte de nos rues, de nos escaliers, de nos commissariats, de ces lieux familiers dont la violence a fini par se confondre avec le décor. Ce film n’est pas qu’une fiction : c’est un procès. Et l’on s’aperçoit vite, dans le noir, que le banc des accusés est de notre côté de l’écran.

« Les héritiers du silence » : l’histoire oubliée de l’esclavage en Tunisie

La Tunisie célèbre chaque 23 janvier l’abolition de l’esclavage, rarement ceux qu’elle a libérés. Or ce silence cause des ravages. Il alimente le racisme d’aujourd’hui, de la discrimination quotidienne aux discours officiels sur les migrants subsahariens. Dans « Les héritiers du silence », Abdelhamid Larguèche retrace la traite transsaharienne et redonne voix à ceux qu’on a fait taire.

Tunisie : Ce que le masculinisme fait de la liberté des femmes

Défendre les acquis juridiques ne suffit pas. Il faut démonter les discours qui banalisent le viol, protéger les victimes de la culpabilisation. Le consentement est une frontière que nul pouvoir sur autrui ne peut franchir. Il faut aussi refuser qu’on fasse du divorce, de la liberté sexuelle ou de l’indépendance financière des femmes le coupable de toutes les crises du moment.

Aimer un pays qui vous éteint

Je regarde mes amis, mes camarades de toutes ces années, s’effondrer un à un. Certains restent en prison. D’autres sont partis le cœur arraché parce que l’amour ne suffit plus à tenir debout face à l’absurde. D’autres encore sont morts, pas d’un procès, mais de cette fatigue sourde qui use les corps qu’on a trop longtemps tenus tendus contre l’injustice.

Haythem Mekki: le prix exorbitant de la satire

Ses traits d’humour incisifs n’ont guère épargné les différents gouvernements qui se sont succédé depuis la Révolution. Mais ces dernières années, Haythem Mekki a fait l’objet de trois procédures judiciaires. Et voici qu’il est condamné à un an de prison sous le régime du 25 juillet.

Tunisie : condamnés, poursuivis, exilés, les journalistes dans le viseur

Des journalistes croupissent en prison, d’autres attendent leur jugement, d’autres encore ont choisi l’exil. Le secteur est cerné de toutes parts, dans un pays devenu pour la profession une prison à ciel ouvert. Une liberté sous conditions qui n’a rien d’inconditionnel. L’arrestation, cette semaine, du rédacteur en chef du site Al Qatiba en est la dernière illustration.