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Liberté d’expression en Tunisie : Recul alarmant sous le joug du décret 54 et de l’article 86

Le journaliste Haythem El Mekki, condamné en appel à un an de prison, illustre l’escalade de cette pression judiciaire. Des organisations comme Human Rights Watch, Amnesty International, Reporters sans frontières (RSF) et le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) dénoncent la répression qui touche l’opposition, la société civile et les médias, avec une trajectoire clairement ascendante depuis 2023.

Salafisme et naufrage des espérances: la gauche arabe devant sa tentation réactionnaire

Le salafisme est souvent si régressif sur les libertés, qu’il pousse ses adversaires à répondre par moins de démocratie. On finit par dire : le peuple est trop religieux, donc il faut le surveiller ; les élections peuvent donner la victoire aux islamistes, donc il faut limiter les élections ; les masses sont manipulées, donc il faut qu’une élite décide à leur place. Ce raisonnement peut paraître efficace à court terme, mais il détruit à long terme l’idée même de gauche.

Al Mutanabbi: Le génie mercenaire ou l’âme vendue au pouvoir

Il est célébré comme le sommet absolu de la poésie arabe, cité par les manuels scolaires, récité comme un trésor national. Mais que reste-t-il du génie quand la plume se vend au plus offrant ? Portrait sans concession d’Al Mutanabbi, poète-courtisan du Xe siècle, dont le talent fulgurant n’a d’égal que l’ambivalence morale : entre vers immortels et versatilité cynique, entre fulgurances stylistiques et dérives racistes, voici l’envers d’une légende.

Peut-on agir sans désir de liberté ?

Comment, au bout de quelques années, est-on passé de la propagation de la joie à la propagation de la peur ? Et comment la révolution a cessé d’être un objet de désir ? Soutenir que c’est seulement parce que la sur-répression ne cesse d’augmenter serait un raccourci. Il faut aller par-delà du pouvoir politique et voir la société dans sa complexité, pour saisir les causes d’une telle résignation.

« Liberté en acte » de Hichem Ben Ammar : la mémoire noire fissure le silence

Les interventions d’historiens et les images d’archives apportent une dimension très forte à ce documentaire de 60 minutes, réalisé par Hichem Ben Ammar. Le film rend hommage à certaines personnalités écartées des archives officielle, comme Halima Ezzaïma, tunisienne noire engagée dans la lutte contre la colonisation. Et si certaines images sont difficiles à regarder, elles mettent en lumière les traces laissées par l’esclavage : des stigmates invisibles, mais encore bien présents.

Littérature : Autopsie d’une Migration vers le Nord

Dans sa « Saison de la migration vers le nord », Tayeb Salah montre que la violence contre les femmes, la fracture identitaire et la faim de l’autre traversent les deux rives. À Londres comme dans un village du Soudan, le corps féminin devient souvent le champ de bataille où se rejouent les blessures de l’Histoire et les faiblesses des hommes. Au final, la vraie migration n’est pas géographique: elle est intérieure, douloureuse et sans retour assuré.

Romans: Deux Femmes Prisonnières du Pouvoir

Dans les replis de l’Histoire, où les destins individuels se tissent aux fils invisibles des empires déchus, émergent deux figures féminines qui hantent la littérature contemporaine : Sayuri Nitta, la geisha éternelle des “Mémoires d’une geisha” d’Arthur Golden, et Rosa Sauer, la goûteuse anonyme du roman “La Goûteuse d’Hitler” de Rosella Postorino.

« Dhayaât Mahrouss » : leçon de pardon de la génération des années 90

Dhayaât Mahrouss n’était pas simplement un programme pour enfants : c’est une véritable archive de la mémoire culturelle tunisienne des années 1990, profondément ancrée dans l’imaginaire collectif d’une génération. Parfois présentée à tort comme une référence à l’irresponsabilité, la série propose au contraire un modèle implicite de cohabitation pacifique, fondé sur le compromis et l’acceptation des différences.