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Peut-on agir sans désir de liberté ?

Comment, au bout de quelques années, est-on passé de la propagation de la joie à la propagation de la peur ? Et comment la révolution a cessé d’être un objet de désir ? Soutenir que c’est seulement parce que la sur-répression ne cesse d’augmenter serait un raccourci. Il faut aller par-delà du pouvoir politique et voir la société dans sa complexité, pour saisir les causes d’une telle résignation.

« Liberté en acte » de Hichem Ben Ammar : la mémoire noire fissure le silence

Les interventions d’historiens et les images d’archives apportent une dimension très forte à ce documentaire de 60 minutes, réalisé par Hichem Ben Ammar. Le film rend hommage à certaines personnalités écartées des archives officielle, comme Halima Ezzaïma, tunisienne noire engagée dans la lutte contre la colonisation. Et si certaines images sont difficiles à regarder, elles mettent en lumière les traces laissées par l’esclavage : des stigmates invisibles, mais encore bien présents.

Littérature : Autopsie d’une Migration vers le Nord

Dans sa « Saison de la migration vers le nord », Tayeb Salah montre que la violence contre les femmes, la fracture identitaire et la faim de l’autre traversent les deux rives. À Londres comme dans un village du Soudan, le corps féminin devient souvent le champ de bataille où se rejouent les blessures de l’Histoire et les faiblesses des hommes. Au final, la vraie migration n’est pas géographique: elle est intérieure, douloureuse et sans retour assuré.

Romans: Deux Femmes Prisonnières du Pouvoir

Dans les replis de l’Histoire, où les destins individuels se tissent aux fils invisibles des empires déchus, émergent deux figures féminines qui hantent la littérature contemporaine : Sayuri Nitta, la geisha éternelle des “Mémoires d’une geisha” d’Arthur Golden, et Rosa Sauer, la goûteuse anonyme du roman “La Goûteuse d’Hitler” de Rosella Postorino.

« Dhayaât Mahrouss » : leçon de pardon de la génération des années 90

Dhayaât Mahrouss n’était pas simplement un programme pour enfants : c’est une véritable archive de la mémoire culturelle tunisienne des années 1990, profondément ancrée dans l’imaginaire collectif d’une génération. Parfois présentée à tort comme une référence à l’irresponsabilité, la série propose au contraire un modèle implicite de cohabitation pacifique, fondé sur le compromis et l’acceptation des différences.

Lettre à mon amie Bochra Belhaj Hmida

Ton absence aujourd’hui est organisée. Une absence voulue par un pouvoir qui gouverne par l’intimidation, la confusion et la désignation d’ennemis intérieurs. Un pouvoir qui harcèle, emprisonne et pousse à l’exil, non seulement pour punir, mais aussi pour dissuader toute velléité d’opposition.

Le Bal des Naufragés : Autopsie d’une nation à la dérive

Lorsque les rues se transforment en rivières, ce n’est pas la faute de la pluviométrie, mais celle de l’artificialisation sauvage des sols. Ce bilan n’est pas le fruit de la fatalité, mais celui d’un urbanisme de prédation oùle bétonnage sauvage a remplacél’ingénierie du drainage. La rue, espace de citoyenneté par excellence, est ainsi devenue un piège mortel.