Une quinzaine de jeunes ont pris la mer depuis Zarzis. Un seul a survécu. Malgré les morts qui s’accumulent et la chasse aux départs menée avec l’appui de l’Europe, des centaines de Tunisiens rêvent encore de la traversée.
Une quinzaine de jeunes ont pris la mer depuis Zarzis. Un seul a survécu. Malgré les morts qui s’accumulent et la chasse aux départs menée avec l’appui de l’Europe, des centaines de Tunisiens rêvent encore de la traversée.
Quatre migrants. Une même Tunisie. Des cages dans le désert, des ventes aux passeurs libyens, des naufrages provoqués en mer. Pour la première fois, ces exactions sont portées devant la Cour africaine des droits de l’homme. Un tribunal que la Tunisie elle-même a pris soin, entre-temps, de rendre plus difficile d’accès.
Sans existence légale, sans école, sans soins : en Tunisie, des milliers d’enfants en migration grandissent dans l’angle mort de l’Etat. Mendicité, traite des êtres humains, détentions arbitraires, déportations forcées vers l’Algérie ou la Libye. Le bilan est glaçant avec la fermeture du droit d’asile et l’intensification des violences.
Après des années de critiques sur sa gestion brutale des flux migratoires, le régime tunisien a trouvé un nouvel habillage pour ses expulsions de masse : le « retour volontaire ». Derrière ce vocabulaire emprunté à l’aide humanitaire, les témoignages, les données et le droit international racontent une tout autre histoire.
La tempête Harry a fait chavirer des centaines de vies en Méditerranée centrale. Des associations avancent le chiffre d’environ 1 000 migrants portés disparus, révélant l’ampleur d’une tragédie ignorée et l’échec des politiques migratoires européennes et tunisiennes.
Actuellement à l’affiche au cinéma, “Promis le ciel” est le troisième long-métrage d’Erige Sehiri. Le film, évoquant la question des migrants subsahariens en Tunisie avec beaucoup d’humanité et de poésie, a remporté l’Etoile d’Or au Festival international de Marrakech et le prix de la Critique ainsi que le Prix Les Grenades au Cinemamed 2025, à Bruxelles.
En Tunisie, des femmes migrantes accouchent dans des conditions précaires, exposant leurs nouveau-nés aux maladies et à la malnutrition. Accusées de contribuer à un prétendu « changement démographique » du pays, elles se heurtent aux obstacles administratifs, au racisme et à la pauvreté. Leur survie dépend largement de la charité et de l’aide limitée des organisations internationales.
Depuis le 25 juillet 2021, Kaïs Saïed mène une offensive systématique contre les corps intermédiaires. En supprimant les contre-pouvoirs et en muselant les voix critiques, le président tunisien façonne un État sans médiation, sans opposition et sans débat.
L’affaire Abdelkader Dhibi remet en lumière une immigration tunisienne en pleine explosion, dépassant désormais les flux marocains et algériens. Entre pressions migratoires et tensions politiques, cette affaire relance un débat plus large sur l’intégration et la place des Tunisiens en France.
Les familles des migrants tunisiens disparus en Italie ne comptent plus sur l’Etat –défaillant ou complice, par ses silences- pour faire la lumière sur le sort de leurs enfants. Des témoignages édifiants dépeignent le combat solitaire de ces Tunisiens meurtris.
En cette journée, défendre les droits des réfugié·es n’est pas une question de charité. C’est honorer nos engagements internationaux, respecter le droit, et affirmer une vision humaniste de notre société.
Saadia Mosbah, la fondatrice de l’association antiraciste «Mnemty» croupit depuis plus d’un an en prison. Tandis que le pouvoir, se nourrissant de la rhétorique de diabolisation et de délire conspirationniste, continue de clouer au pilori les défenseurs des droits humains.
Traités, accords ou mémorandums d’entente ? Le président de la République, Kais Saied, joue sur les mots. Mais la réalité est la même concernant la gestion de la migration. Quelle est la nature de la coopération entre la Tunisie et l’Europe et quelles sont ses retombées ?
Qu’ils soient opposés à leur expulsion d’Europe ou qu’ils applaudissent celle des migrants subsahariens de Tunisie, nos concitoyens ne se font plus d’illusion sur le mémorandum d’entente conclu avec l’Union européenne. Et un an et demi après sa conclusion, le bilan de cet accord nébuleux prend des allures de débandade.
Des migrants tunisiens meurent dans des circonstances suspectes dans les geôles italiennes. Mais ni les rapports accablants des ONG, ni les témoignages poignants diffusés sur les réseaux sociaux ne semblent émouvoir les autorités tunisiennes.
La Garde nationale et l’armée tunisienne sont coupables de trafic de migrants irréguliers, avec la complicité de parties libyennes. Expulsés vers les frontières, les migrants sont ensuite “vendus” aux Libyens. Ces transactions sont accompagnées de tortures et d’autres pratiques esclavagistes, d’après un nouveau rapport européen accablant.
D’après The Guardian, la Commission européenne s’apprête à revoir ses accords avec la Tunisie concernant la gestion des flux migratoires. Cette décision intervient après des révélations accablantes, dont celles de l’OMCT, sur des cas de violences sexuelles et autres pratiques inhumaines dont seraient coupables les autorités tunisiennes.
La politique du président Kais Saied, salué par l’extrême droite italienne pour ses « exploits » en matière de lutte contre l’immigration, repose sur une stratégie qui vise plusieurs objectifs à la fois. Voici comment le pouvoir fait d’une pierre deux coups.