La Tunisie n’a jamais été une chambre vide dans laquelle une nouvelle population serait entrée en effaçant tout ce qui précédait. Elle était déjà un territoire habité, cultivé, urbanisé, traversé par des échanges méditerranéens et sahariens.
La Tunisie n’a jamais été une chambre vide dans laquelle une nouvelle population serait entrée en effaçant tout ce qui précédait. Elle était déjà un territoire habité, cultivé, urbanisé, traversé par des échanges méditerranéens et sahariens.
تزامنا مع موجة الحر صائفة 2026 والانقطاعات المتكررة لخدمات الماء والكهرباء، تواترت الأخبار التي ينقلها المحامون عن تسجيل عدة وفيات لمنوّبيهم المساجين، في ظرف يتسم باكتظاظ مزمن وضغط على المرافق الصحية وتعتيم رسمي يكاد يكون ممنهجا. في هذه القراءة القانونية، يطرح الكاتب موضوع مسؤولية الدولة وحدودها في وفاة شخص كان تحت حراستها. فهل كان خطر الوفاة معلومًا؟ هل عولج في الوقت المناسب؟ هل كان استمرار الحرمان من الحرية ضروريًا؟ وهل يمكن، بعد الموت، إعادة بناء ما جرى على أساس وثائق وتحقيق مستقل؟
Il est des corps que l’on surveille avant même qu’ils aient appris à se connaître. Des corps que l’on couvre, que l’on juge, que l’on protège jusqu’à les enfermer. Avec “L’amande”, publié sous le pseudonyme de Nedjma, une femme ose déplacer le silence: raconter le désir féminin, c’est déjà contester ceux qui prétendent en fixer les limites. Mais derrière le roman érotique se dessine une question plus vaste, plus intime et profondément politique : à qui appartient le corps d’une femme lorsqu’une société entière croit avoir son mot à dire ?
في خريف 2019، كنتُ واقفاً أمام رصيف واسع في أريانة، أحاول أن أفهم لماذا يرفض رجل – صاحب مقهى – أشغالاً تُنجزها البلدية على رصيف عمومي ليس على ملكه و بعيداً عنه. في تلك اللحظة أدركتُ أن السؤال الحقيقي لم يكن عن موقف دراجات، بل عن من يملك الفضاء العام في تونس فعلاً.
Trois mille ans de civilisation, une lumière méditerranéenne, une fierté arabo-islamique. C’est ainsi que nous aimons nous raconter. Mais depuis le discours du 21 février 2023, un autre visage est apparu dans le miroir tunisien : agressions, expulsions, morts dans le désert, une militante emprisonnée, une Europe complice. Ce texte est une traversée de cette blessure et une question posée à nous-mêmes, sur ce que nous sommes devenus.
La stigmatisation en santé mentale en Tunisie ne résulte pas seulement d’un manque d’information. Elle peut aussi persister dans des milieux cultivés, lorsque des termes issus du champ médical sont employés sans mesurer leur portée symbolique et sociale. Les journalistes, responsables politiques, artistes, ont un rôle particulier dans la construction des représentations collectives.
لم يعد العنف ضد النساء في تونس قضية يمكن التعامل معها كحالات معزولة أو نزاعات عائلية عابرة. فحين ينتهي العنف إلى تقتيل امرأة، فإننا لا نكون أمام جريمة قتل فقط، بل أمام فشل محتمل في التقاط إشارات الخطر التي سبقتها.
La modernité ne consiste pas à abandonner une culture pour une autre. Elle correspond plutôt à la capacité d’une société à utiliser ses propres ressources historiques tout en adoptant les outils universels de la connaissance. L’histoire de la Tunisie est marquée par des figures réformatrices qui ont tenté de concilier ouverture intellectuelle et affirmation identitaire. Mais cet héritage doit être renouvelé.
En Tunisie, comme ailleurs, la coexistence entre identité sociale et identité numérique révèle parfois un décalage. Des propos qui seraient modérés dans l’espace réel peuvent être exprimés plus facilement en ligne, car la distance physique diminue le poids du regard social immédiat. Or une société qui règle toutes ses blessures à travers les réseaux sociaux risque de transformer le débat public en confrontation permanente.
Je souhaite user de mon droit de réponse pour éclairer l’aspect fondamentalement biaisé de l’article de Rihab Boukhayatia « Sihem Ben Sedrine, 25 ans de prison : le triomphe de l’impunité ? »
Derrière la transe, derrière la sueur et le mouvement, il y a une histoire qui sent le cuir tanné, le roseau et la corne de vache, et qui raconte mieux que n’importe quel livre l’âme de la Tunisie profonde. Ce texte est dédié à Salah Farzit, qui a passé cinq décennies à moderniser le mezoued sans jamais trahir son âme populaire.
Lorsqu’une société ne dispose pas d’espaces permettant de reconnaître les souffrances du passé, celles-ci ne disparaissent pas nécessairement. Elles peuvent continuer à influencer les relations présentes. Quand certains sont appelés à « tourner la page » sans qu’il ne leur soit permis de participer à l’écriture de cette page, la mémoire risque de se transformer en conflit permanent.
Le délestage n’est plus seulement un fait technique : c’est devenu, en quelques jours, un objet de colère et de demande de comptes. L’électro-caniculo-phobie naît précisément à cette jonction : entre un corps qui ne supporte plus la chaleur et une infrastructure qui ne suit plus. En Tunisie, le malaise de ce mois de juillet 2026, devient ainsi un phénomène psycho-socio-climatique émergent.
تلقت نواة رسالة من السجين السياسي الاستاذ العياشي الهمامي، ننشرها كما وردت دون زيادة أو نقصان.
In Tunisia, the lights going out are no longer a temporary inconvenience but a visible symptom of failed governance. Rolling power cuts and water shortages are not just the result of extreme heat or aging infrastructure; they reflect years of underinvestment, distorted energy policies, and a political system that separated democratic procedure from material delivery. Tunisians traded freedom for the promise of decisive leadership and got neither. As electricity and water become privatized survival tools—tanks and generators for those who can afford them—inequality deepens. What has never been tried is a democracy answerable for both the vote and the tap, for freedom and the lights staying on.
Le journaliste Haythem El Mekki, condamné en appel à un an de prison, illustre l’escalade de cette pression judiciaire. Des organisations comme Human Rights Watch, Amnesty International, Reporters sans frontières (RSF) et le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) dénoncent la répression qui touche l’opposition, la société civile et les médias, avec une trajectoire clairement ascendante depuis 2023.
“Ken Ritni 9olli” réussit ce pari difficile: rester profondément ancré dans la culture rap tunisienne avec son énergie brute, son dialecte assumé et sa sincérité viscérale, tout en dialoguant avec une tradition cinématographique et littéraire plus large.
Le salafisme est souvent si régressif sur les libertés, qu’il pousse ses adversaires à répondre par moins de démocratie. On finit par dire : le peuple est trop religieux, donc il faut le surveiller ; les élections peuvent donner la victoire aux islamistes, donc il faut limiter les élections ; les masses sont manipulées, donc il faut qu’une élite décide à leur place. Ce raisonnement peut paraître efficace à court terme, mais il détruit à long terme l’idée même de gauche.