لم يعد العنف ضد النساء في تونس قضية يمكن التعامل معها كحالات معزولة أو نزاعات عائلية عابرة. فحين ينتهي العنف إلى تقتيل امرأة، فإننا لا نكون أمام جريمة قتل فقط، بل أمام فشل محتمل في التقاط إشارات الخطر التي سبقتها.
لم يعد العنف ضد النساء في تونس قضية يمكن التعامل معها كحالات معزولة أو نزاعات عائلية عابرة. فحين ينتهي العنف إلى تقتيل امرأة، فإننا لا نكون أمام جريمة قتل فقط، بل أمام فشل محتمل في التقاط إشارات الخطر التي سبقتها.
La modernité ne consiste pas à abandonner une culture pour une autre. Elle correspond plutôt à la capacité d’une société à utiliser ses propres ressources historiques tout en adoptant les outils universels de la connaissance. L’histoire de la Tunisie est marquée par des figures réformatrices qui ont tenté de concilier ouverture intellectuelle et affirmation identitaire. Mais cet héritage doit être renouvelé.
En Tunisie, comme ailleurs, la coexistence entre identité sociale et identité numérique révèle parfois un décalage. Des propos qui seraient modérés dans l’espace réel peuvent être exprimés plus facilement en ligne, car la distance physique diminue le poids du regard social immédiat. Or une société qui règle toutes ses blessures à travers les réseaux sociaux risque de transformer le débat public en confrontation permanente.
Je souhaite user de mon droit de réponse pour éclairer l’aspect fondamentalement biaisé de l’article de Rihab Boukhayatia « Sihem Ben Sedrine, 25 ans de prison : le triomphe de l’impunité ? »
Derrière la transe, derrière la sueur et le mouvement, il y a une histoire qui sent le cuir tanné, le roseau et la corne de vache, et qui raconte mieux que n’importe quel livre l’âme de la Tunisie profonde. Ce texte est dédié à Salah Farzit, qui a passé cinq décennies à moderniser le mezoued sans jamais trahir son âme populaire.
Lorsqu’une société ne dispose pas d’espaces permettant de reconnaître les souffrances du passé, celles-ci ne disparaissent pas nécessairement. Elles peuvent continuer à influencer les relations présentes. Quand certains sont appelés à « tourner la page » sans qu’il ne leur soit permis de participer à l’écriture de cette page, la mémoire risque de se transformer en conflit permanent.
Le délestage n’est plus seulement un fait technique : c’est devenu, en quelques jours, un objet de colère et de demande de comptes. L’électro-caniculo-phobie naît précisément à cette jonction : entre un corps qui ne supporte plus la chaleur et une infrastructure qui ne suit plus. En Tunisie, le malaise de ce mois de juillet 2026, devient ainsi un phénomène psycho-socio-climatique émergent.
تلقت نواة رسالة من السجين السياسي الاستاذ العياشي الهمامي، ننشرها كما وردت دون زيادة أو نقصان.
In Tunisia, the lights going out are no longer a temporary inconvenience but a visible symptom of failed governance. Rolling power cuts and water shortages are not just the result of extreme heat or aging infrastructure; they reflect years of underinvestment, distorted energy policies, and a political system that separated democratic procedure from material delivery. Tunisians traded freedom for the promise of decisive leadership and got neither. As electricity and water become privatized survival tools—tanks and generators for those who can afford them—inequality deepens. What has never been tried is a democracy answerable for both the vote and the tap, for freedom and the lights staying on.
Le journaliste Haythem El Mekki, condamné en appel à un an de prison, illustre l’escalade de cette pression judiciaire. Des organisations comme Human Rights Watch, Amnesty International, Reporters sans frontières (RSF) et le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) dénoncent la répression qui touche l’opposition, la société civile et les médias, avec une trajectoire clairement ascendante depuis 2023.
“Ken Ritni 9olli” réussit ce pari difficile: rester profondément ancré dans la culture rap tunisienne avec son énergie brute, son dialecte assumé et sa sincérité viscérale, tout en dialoguant avec une tradition cinématographique et littéraire plus large.
Le salafisme est souvent si régressif sur les libertés, qu’il pousse ses adversaires à répondre par moins de démocratie. On finit par dire : le peuple est trop religieux, donc il faut le surveiller ; les élections peuvent donner la victoire aux islamistes, donc il faut limiter les élections ; les masses sont manipulées, donc il faut qu’une élite décide à leur place. Ce raisonnement peut paraître efficace à court terme, mais il détruit à long terme l’idée même de gauche.
Il est célébré comme le sommet absolu de la poésie arabe, cité par les manuels scolaires, récité comme un trésor national. Mais que reste-t-il du génie quand la plume se vend au plus offrant ? Portrait sans concession d’Al Mutanabbi, poète-courtisan du Xe siècle, dont le talent fulgurant n’a d’égal que l’ambivalence morale : entre vers immortels et versatilité cynique, entre fulgurances stylistiques et dérives racistes, voici l’envers d’une légende.
Quelques mois après un incendie, les massifs noircis retrouvent une teinte verte, les premières herbes apparaissent, et les réseaux sociaux s’en réjouissent : la forêt est de retour ! Pourtant, cette impression est souvent trompeuse. Décryptage d’une illusion d’optique écologique.
تقترح بيّة المظفر، إلى جانب الكاتب والباحث خليل الخلصي قراءة نقدية لفيلم ”على حلّة عيني“ الذي أدت فيه دور البطولة. فيلم قَدَّم نفسه كمديح لشباب تونس، وشكّل عند خروجه، تجسيداً لنهضتين: الأولى نهضة الأمّة، والثانية نهضة تعبيرها السينمائي. انطلاقاً من النجاح الدولي الذي حقّقه الفيلم عند صدوره عام 2015، يُفكّك النصُّ آليات المصادرة الرمزية التي يُكرّسها، وهي من ناحية تبعية هذا النوع من السينما التونسية لاقتصاد استعماري جديد، ومن ناحية أخرى إعادة إنتاج استشراق مُستبطَن.
Dans un monde saturé d’images violentes, fragmentées et consumées à toute vitesse, l’œuvre de Khemir constitue un véritable contre-pouvoir. Elle nous rappelle que l’art véritable n’est pas celui qui distrait ou divertit, mais celui qui recentre. Celui qui nous rend à nous-mêmes en nous ouvrant à plus grand que nous.
L’âne symbolise la résistance passive, l’observation silencieuse supérieure au verbiage intellectuel. Le style “hakimien”, élégant, caustique, riche en anecdotes savoureuses, masque à peine la profondeur philosophique. L’art véritable, suggère l’auteur, naît du concret, de l’humble, du quotidien méprisé par les élites.
Comment, au bout de quelques années, est-on passé de la propagation de la joie à la propagation de la peur ? Et comment la révolution a cessé d’être un objet de désir ? Soutenir que c’est seulement parce que la sur-répression ne cesse d’augmenter serait un raccourci. Il faut aller par-delà du pouvoir politique et voir la société dans sa complexité, pour saisir les causes d’une telle résignation.