“L’amande” : Quand la littérature ouvre le corps interdit

Il est des corps que l’on surveille avant même qu’ils aient appris à se connaître. Des corps que l’on couvre, que l’on juge, que l’on protège jusqu’à les enfermer. Avec “L’amande”, publié sous le pseudonyme de Nedjma, une femme ose déplacer le silence: raconter le désir féminin, c’est déjà contester ceux qui prétendent en fixer les limites. Mais derrière le roman érotique se dessine une question plus vaste, plus intime et profondément politique : à qui appartient le corps d’une femme lorsqu’une société entière croit avoir son mot à dire ?

Nous sommes un peuple déshumanisé et déshumanisant

Trois mille ans de civilisation, une lumière méditerranéenne, une fierté arabo-islamique. C’est ainsi que nous aimons nous raconter. Mais depuis le discours du 21 février 2023, un autre visage est apparu dans le miroir tunisien : agressions, expulsions, morts dans le désert, une militante emprisonnée, une Europe complice. Ce texte est une traversée de cette blessure et une question posée à nous-mêmes, sur ce que nous sommes devenus.

La résistance du mezoued : Hommage à Salah Farzit

Derrière la transe, derrière la sueur et le mouvement, il y a une histoire qui sent le cuir tanné, le roseau et la corne de vache, et qui raconte mieux que n’importe quel livre l’âme de la Tunisie profonde. Ce texte est dédié à Salah Farzit, qui a passé cinq décennies à moderniser le mezoued sans jamais trahir son âme populaire.

Liberté d’expression en Tunisie : Recul alarmant sous le joug du décret 54 et de l’article 86

Le journaliste Haythem El Mekki, condamné en appel à un an de prison, illustre l’escalade de cette pression judiciaire. Des organisations comme Human Rights Watch, Amnesty International, Reporters sans frontières (RSF) et le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) dénoncent la répression qui touche l’opposition, la société civile et les médias, avec une trajectoire clairement ascendante depuis 2023.

Al Mutanabbi: Le génie mercenaire ou l’âme vendue au pouvoir

Il est célébré comme le sommet absolu de la poésie arabe, cité par les manuels scolaires, récité comme un trésor national. Mais que reste-t-il du génie quand la plume se vend au plus offrant ? Portrait sans concession d’Al Mutanabbi, poète-courtisan du Xe siècle, dont le talent fulgurant n’a d’égal que l’ambivalence morale : entre vers immortels et versatilité cynique, entre fulgurances stylistiques et dérives racistes, voici l’envers d’une légende.

Littérature : Autopsie d’une Migration vers le Nord

Dans sa « Saison de la migration vers le nord », Tayeb Salah montre que la violence contre les femmes, la fracture identitaire et la faim de l’autre traversent les deux rives. À Londres comme dans un village du Soudan, le corps féminin devient souvent le champ de bataille où se rejouent les blessures de l’Histoire et les faiblesses des hommes. Au final, la vraie migration n’est pas géographique: elle est intérieure, douloureuse et sans retour assuré.

Romans: Deux Femmes Prisonnières du Pouvoir

Dans les replis de l’Histoire, où les destins individuels se tissent aux fils invisibles des empires déchus, émergent deux figures féminines qui hantent la littérature contemporaine : Sayuri Nitta, la geisha éternelle des “Mémoires d’une geisha” d’Arthur Golden, et Rosa Sauer, la goûteuse anonyme du roman “La Goûteuse d’Hitler” de Rosella Postorino.