Une canicule, une inondation, des coupures d’eau et d’électricité, la soif, une calamité de plus. Peu importe le désastre : il y a toujours un coupable tout trouvé. Les femmes, leurs corps, l’art, la joie de vivre.
Une canicule, une inondation, des coupures d’eau et d’électricité, la soif, une calamité de plus. Peu importe le désastre : il y a toujours un coupable tout trouvé. Les femmes, leurs corps, l’art, la joie de vivre.
Les relations entre le Parlement et le gouvernement n’ont jamais été aussi délétères. La plupart des ministres n’assistent plus aux débats. Le président, lui, ne se gêne plus à traiter ses ministres avec condescendance et, en cas de difficulté, à les jeter à la vindicte populaire. Autant de signes d’une rupture à tous les niveaux de la décision.
Vingt-cinq ans de prison pour avoir présidé la commission chargée d’établir la vérité sur les crimes de la dictature. Le verdict contre Sihem Ben Sedrine referme, six ans après sa publication, le rapport le plus dérangeant de l’histoire récente tunisienne.
In Tunisia, the lights going out are no longer a temporary inconvenience but a visible symptom of failed governance. Rolling power cuts and water shortages are not just the result of extreme heat or aging infrastructure; they reflect years of underinvestment, distorted energy policies, and a political system that separated democratic procedure from material delivery. Tunisians traded freedom for the promise of decisive leadership and got neither. As electricity and water become privatized survival tools—tanks and generators for those who can afford them—inequality deepens. What has never been tried is a democracy answerable for both the vote and the tap, for freedom and the lights staying on.
L’incarcération, et la condamnation à une lourde peine, de ce vieux routier de la politique, illustre l’impasse historique dans laquelle se trouve aujourd’hui, la Tunisie. Une rétrospective de son long parcours s’impose.
Le journaliste Haythem El Mekki, condamné en appel à un an de prison, illustre l’escalade de cette pression judiciaire. Des organisations comme Human Rights Watch, Amnesty International, Reporters sans frontières (RSF) et le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) dénoncent la répression qui touche l’opposition, la société civile et les médias, avec une trajectoire clairement ascendante depuis 2023.
Quatre migrants. Une même Tunisie. Des cages dans le désert, des ventes aux passeurs libyens, des naufrages provoqués en mer. Pour la première fois, ces exactions sont portées devant la Cour africaine des droits de l’homme. Un tribunal que la Tunisie elle-même a pris soin, entre-temps, de rendre plus difficile d’accès.
After facing years of criticism regarding its brutal immigration management, the Tunisian government has found a new label for its mass expulsions: “voluntary return.” Behind this term borrowed from humanitarian aid, testimonies, data and international law tell an altogether different story.
Après des années de critiques sur sa gestion brutale des flux migratoires, le régime tunisien a trouvé un nouvel habillage pour ses expulsions de masse : le « retour volontaire ». Derrière ce vocabulaire emprunté à l’aide humanitaire, les témoignages, les données et le droit international racontent une tout autre histoire.
Far from losing momentum, the protest movement which began in Gabes is breathing new life into social struggles in Tunisia. And continued repression in all of its forms is only making it grow stronger.
Comment, au bout de quelques années, est-on passé de la propagation de la joie à la propagation de la peur ? Et comment la révolution a cessé d’être un objet de désir ? Soutenir que c’est seulement parce que la sur-répression ne cesse d’augmenter serait un raccourci. Il faut aller par-delà du pouvoir politique et voir la société dans sa complexité, pour saisir les causes d’une telle résignation.
Loin de s’essouffler, le mouvement de protestation né à Gabès insuffle une nouvelle dynamique aux luttes sociales en Tunisie. Et la poursuite de la répression, sous toutes ses formes, ne fait que le renforcer.