Dans « Éloge de l’ombre », le photographe Safouane Ben Slama enchâsse les imperfections des choses dans le confort d’un regard hélas peu complice. L’exposition se poursuit à La Boîte, à Tunis, jusqu’au 20 mai 2020.
Dans « Éloge de l’ombre », le photographe Safouane Ben Slama enchâsse les imperfections des choses dans le confort d’un regard hélas peu complice. L’exposition se poursuit à La Boîte, à Tunis, jusqu’au 20 mai 2020.
Dans sa nouvelle création expérimentale, « Apparition », Ismaïl Bahri laisse le pouvoir d’une ombre s’étendre sur une photo pour se demander ce qui, de la mémoire, peut revenir à la faveur d’un toucher. Ce film a décroché le 27 janvier, le prix « Ammodo Tiger Short », de la section courts-métrages, à l’International Film Festival Rotterdam-IFFR 2020.
Certes, « Un fils » touche juste au regard de la déchirure intime qui affecte un couple sur le point de perdre son enfant. Mais la faible conscience qu’a Mehdi Barsaoui des enjeux de la représentation sociale dans ce premier long-métrage peine à se transformer en regard. Actuellement en salles.
« La terre parle arabe », dit une vieille chanson égyptienne. Un adage qui pourrait être remis en question dans le monde arabe avec la vive concurrence des langues étrangères et l’émergence de langues natives réclamant davantage de reconnaissance, comme le berbère dans les pays du Maghreb.
Avec un propos gorgé de clichés, cautionné par des têtes d’affiche dont le film se passerait sans risque, Manèle Labidi signe une comédie nullissime qui se repose sur ses lauriers de légèreté. Après une projection en avant-première aux JCC 2019, le film sera en salles en France à partir du 12 février 2020.
C’est, encore une fois, du théâtre filmé. Aux rythmes bandants d’une zokra modernisée, « De la Guerre » ne déroge pas à la marotte dialoguée de Fadhel Jaziri pour nous servir un gros pétard mouillé. Le film est actuellement en salles.
Nul doute que « Sur la transversale » est un documentaire intelligent. Mais son intelligence aux allures contrefactuelles est proportionnelle à ses limites. Il a beau recoller l’épopée de la sélection tunisienne au Mondial de 1978 à son hors-champ politique et social, Sami Tlili s’y contente de retracer une page du récit national par le menu. Encore au programme de Pathé Tunis City.
En dépit de la justesse de sa mise en scène, qui fait de lui un des films les plus incarnés de la décennie, « Noura rêve » de Hind Boujemaa évite difficilement l’écueil d’une lucidité contrefaite qui se paie le luxe d’un énième tour de piste féministe à rebours, voulant se refaire une santé sans oser aller au bout de sa quête d’émancipation. Sacré Tanit d’Or des JCC 2019, ce film est actuellement au cinéma.
Djebel Jelloud, et en particulier le quartier de Fathallah, s’est invité à l’édition 2019 des Journées Cinématographiques de Carthage. Le film documentaire «Fathallah TV» réalisé par Wided Zoghlami, revient sur le parcours de trois musiciens de la région, à savoir Halim Yousfi, Tiga Black’na, et Pazza Man. La cinéaste, ainsi que le trio, évoquent la naissance du projet, en 2007. Un regard sur la musique contestataire née dans les quartiers populaire, sous la dictature. L’histoire d’une amitié.
À force de vouloir secouer quatre personnages mal en point dans un huis-clos, « Avant qu’il ne soit trop tard » de Majdi Lakhdar s’enlise dans une mécanique qui ne paye pas de mine. Mise en scène et dramaturgie y pèsent aussi lourd, sinon plus, que le plafond d’une vieille maison et s’écroulent avec. Actuellement au cinéma.
C’est ici, à Djebel Jelloud, que l’artiste est né. Tiga, jonglant entre Rap, reggae et ragga s’exprime sans fard. Après avoir longtemps représenté son quartier, l’artiste passe à une autre dimension. Ses lyrics rageurs veulent interpeller toute la Tunisie, en caressant le rêve de l’universalité. Comme une revanche, un message d’espoir adressé à ceux qui souffrent « de la pauvreté, de la répression, de la dictature, de la violence ». Une musique pour coller à la réalité, la transmuer, quand la parole se tait. Un tempo pour décoller et déjouer les clichés décolorés.
Livrées au djihad sexuel en Syrie, Djo et Zina parviennent à s’enfuir. Le film maintient sa ligne de clivage : les femmes battantes et protectrices sont aux premières loges, et les hommes – à l’exception d’un jeune homosexuel sont salauds et violents. Actuellement au cinéma.
Doté de deux beautés indissociables, avec ses saillies visuelles et son potentiel narratif, « All come from dust » fait de la construction des briques vernaculaires une petite cosmogonie. Ce premier court-métrage documentaire de Younès Ben Slimane est une véritable promesse, en compétition dans le cadre des Journées Cinématographiques de Carthage 2019.
En partageant les réminiscences de leur amitié, « Ahl El Kahf » de Fakhri El Ghezal prend la forme d’une lettre adressée à deux rappeurs, Joujou M et Galla3, partis clandestinement de Redeyef à Nantes. La beauté de ce court-métrage documentaire a quelque chose de l’assurance d’une liberté prélevée au silence des départs. En compétition dans le cadre des Journées Cinématographiques de Carthage 2019.
Avec son contingent d’archives d’ex-détenus de la prison 09 avril de Tunis, l’exposition « 0904 » de Malek Gnaoui nous tient en haleine. Si la valeur intrinsèque de ces documents ne fait aucun doute, toute la question est de savoir quelle valeur ajoutée l’artiste a pu en tirer. L’exposition a eu lieu dans le cadre de Dream City 2019, qui s’est tenue du 04 au 13 octobre à Tunis.
Sur fond vicié de l’envers du système, entre corruption policière, propagande et misère sociale, la nouvelle comédie « Fataria » de Walid Tayaa met tous les sujets sur la table, sans pouvoir partager autre chose que sa propre vacuité. Le film est en salles depuis le 25 septembre 2019.
Le groupe français Saïan Supa Crew a marqué la scène hip hop internationale entre 1998 et 2007. Bien que chacun de ses membres a entamé une carrière solo, les ponts n’ont jamais été coupés entre les ex-Saïan. Entre rap, ragga, reggae, zouk et autres musiques caribéennes, trois membres de ce collectif, Specta, Vicelow et Sir Samuel, se sont produits, samedi 28 septembre, au Wax à Gammarth. La caméra de Nawaat a capté des extraits de leur performance et notre équipe les a rencontrés.
S’il remplit son office promotionnel comme on remplit un récipient, « Artistes de Tunisie » (éd. Cérès et KLF, septembre 2019) quitte difficilement les voies d’un catalogue élémentaire. Coécrit par Elsa Despiney et Ridha Moumni, il recense scolairement les parcours d’une kyrielle de plasticiens pesant d’un poids inégal dans la balance d’une histoire encore à écrire.