La semaine médiatique a été chargée en…terrorisme. Entre les événements de Raoued, du 4 février dernier, et quatre jours après, ceux de Borj Louzir, le ministère de l’Intérieur, les médias et les réseaux sociaux se sont encore une fois enflammés, traitant les informations d’une façon inappropriée.
La semaine dernière, “l’Initiative de Recherche de la Vérité sur l’Assassinat » et le collectif des avocats de Chokri Belaid ont annoncé aux médias qu’une plainte a été déposée auprès de la commission africaine des Droits de l’Homme afin de saisir la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
Qu’on le veuille ou non, il parait que le décès de Gadhgadhi, présumé responsable de l’assassinat de Belaid et des combattants de l’armée à Chaâmbi, met de la poudre aux yeux sur « l’armoire noire » de l’assassinat politique en Tunisie. Avec l’achèvement des sept terroristes de L’Ariana, La main « justicière » s’enlise d’avantage dans l’anonymat et la précarité.
Deux opérations antiterroristes en une semaine ne sont pas sans répercussions politiques. Le coup de filet de samedi à dimanche à Borj Louzir a convaincu les plus sceptiques de la réalité d’une guerre aussi obscure qu’impitoyable.
A la fin du mois d’août, la rédaction de Nawaat avait reçu un mail d’une jeune activiste, dénonçant l’arrestation de trois jeunes militants du Front populaire à La Marsa. Selon cette activiste, les jeunes militants avaient été enlevés, maintenus arbitrairement en détention puis condamnés en seulement 24 heures. Voici leur témoignage
Arrêté alors qu’il filmait un jet d’œufs sur le Ministre de la culture, le cameraman de la web-TV, Mourad Meherzi est aujourd’hui victime d’une procédure judiciaire sévère. Accusé de « complicité » avec le réalisateur qui a lancé l’œuf…
Lors d’une conférence de presse, tenue aujourd’hui mercredi 28 août à midi, le ministre de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, a présenté les résultats de l’enquête et les preuves qui confirment l’implication du mouvement d’Ansar Al Charia, dans les assassinats politiques de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi, dans des trafics d’armes en Tunisie, ainsi que dans les attentats du mont Chaâmbi, de la Goulette et de Mhamdia.
Le chef du gouvernement Ali Laârayedh s’en est pris aujourd’hui mardi 27 août lors d’une conférence de presse à Ansar al-Charia, en déclarant : « Nous avons décidé de classer Ansar al-Charia comme une organisation terroriste. » Sur les réseaux sociaux, les réponses des sympathisants d’Ansar al-Charia n’ont pas tardé.
Ce 16 août, le parti “Tendance démocratique” a organisé une conférence partisane portant sur la « la sécurité nationale et le terrorisme ». À cette occasion, plusieurs experts ont été invités à intervenir. Deux allocutions ont été prononcées pendant la conférence.
En ce deuxième jour de l’Aïd El Fitr, tôt ce matin du 9 août, des forces de l’ordre ont tenté de faire dégager les sit-inneurs rassemblés devant l’Assemblée Nationale Constituante.
Les événements majeurs qui ont marqué ces derniers jours ont été les explosions au massif montagneux de Chambi, à Kasserine (nord-ouest) et les arrestations “record” effectuées par les forces de l’ordre depuis vendredi 3 août de présumés terroristes à Sousse, Ouardia et Ben Guerdane.
Dès l’assassinat du martyr Mohamed Brahmi, Tunis ainsi que plusieurs régions internes du pays ont été la scène d’une vague de manifestations. A l’occasion, certaines agressions policières ont eu lieu, contrariant les contestations pacifiques.
Dans un entretien exclusif avec Mosaique FM, ce lundi 30 juillet, le ministre de l’Intérieur a annoncé vouloir démissionner du gouvernement et a admis par ailleurs ne pas être à même d’assurer la sécurité de toutes les personnalités publiques, à commencer par la sienne propre.