En manque de légitimité, le pouvoir tente de s’approprier l’histoire, en remodelant à sa guise les dates historiques. Le président s’est découvert une nouvelle vocation : celle de « redresseur du cours de l’histoire » !
En manque de légitimité, le pouvoir tente de s’approprier l’histoire, en remodelant à sa guise les dates historiques. Le président s’est découvert une nouvelle vocation : celle de « redresseur du cours de l’histoire » !
Autrefois phare du cinéma arabe et africain, les Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) cherchent à retrouver leur éclat. Entre prestige historique et nécessité de renouveau, le festival se réinterroge sur sa place dans le paysage cinématographique régional. Un éminent critique égyptien lève le rideau sur l’évolution des JCC. Entretien.
Ce qui s’est passé à la cérémonie de clôture du 20 décembre, matérialise un rapport de force : le pouvoir politique et administratif dicte sa loi. Et si une lubie de dernière minute prend madame la ministre, tout le monde doit s’écraser. Les récentes sorties médiatiques d’un bon nombre de cinéastes sont tout au plus des larmes de crocodiles.
Face à l’autoritarisme, ces groupes longtemps qualifiés de « hooligans », ont prouvé encore une fois qu’ils pouvaient se substituer aux élites. Leur présence à Gabès a redonné vie au mouvement social en Tunisie. Reportage.
« On the Hill », long-métrage documentaire de Belhassen Handous, a décroché le Tanit de bronze dans cette édition 2025 des Journées Cinématographiques de Carthage. Dans ce film de 77 min, la caméra accompagne la fatigue, le froid, la folie. Des scènes sublimes s’enchaînent jusqu’au vertige.
Avec en vue une grève générale et un congrès extraordinaire, l’année 2026 s’annonce cruciale pour le syndicat fondé par Farhat Hached. La centrale retrouvera-t-elle pour autant sa place à l’avant-garde des forces vives du pays, malgré les coups de boutoir du pouvoir ?
L’artiste visuelle Aïcha Snoussi présente son exposition intitulée «Tétanos» au 32 Bis Tunis, jusqu’au 13 février 2026. Sommes-nous au centre-ville, à quelques encablures de la Place Barcelone, ou avons-nous accédé à une faille spatio-temporelle qui, comme au cinéma, nous emmène vers un ailleurs à habiter de nos peurs ?
Longtemps reléguées au silence, les menstruations révèlent pourtant l’un des angles morts les plus tenaces de nos sociétés : la manière dont nous traitons, éduquons et écoutons le corps féminin.
Le régime novembriste interdisait la création associative et n’autorisait que celles assujetties en essayant de les cantonner à des audiences confidentielles. Le novembrisme a coupé l’eau de sorte que les plantes meurent et les fleurs se fanent. Le juilletisme de son côté, souffle sur cet éco-système un vent glacial qui le couvre de givre.
Cet homme qui rêvait d’une cour constitutionnelle, est aujourd’hui privé de ses droits les plus fondamentaux. Il est puni pour avoir dénoncé l’arbitraire (y compris face au président), et pour avoir démontré l’inanité des procès intentés à l’encontre de ses futurs codétenus.
« L’homme de cendres », son ancrage dans son époque et son discours tant esthétique que social, sont plus complexes que les simplifications auxquelles on nous a habitués à son propos. Sa récente restauration fait ressurgir l’oscillation du film, sa plaie, entre l’aveu d’une audace et le caché d’une compromission.
Nawaat reprend son rythme habituel, pour poursuivre sa mission entamée en 2004. Durant le mois de novembre écoulé, son nom, ses articles, ses contributions auront été largement diffusés par la presse libre. Et pour l’occasion, les défenseurs de la liberté d’expression du monde entier ont réitéré leur refus de la normalisation de la censure et de l’autoritarisme.
L’Association des journalistes de Nawaat a reçu, le vendredi 31 octobre, une notification exigeant le gel de ses activités pour un mois. Cette mesure intervient dans le cadre d’une série de suspensions arbitraires ordonnée par le pouvoir, et visant plusieurs associations militantes. Nawaat s’engage à appliquer la suspension de ses activités durant un mois, et annonce faire appel en justice, avec le soutien des voix libres, et de ses compagnons de lutte.
1886 / 1966 / 1986 / 2006 / 2016. On dirait que le 6 est le chiffre fétiche du cinéma dans notre pays. Une année après l’invention du cinématographe, Albert Samama-Chikli l’introduit à Tunis. Tandis que 2016 a été l’année d’un plébiscite international pour notre 7eme art. Reste à espérer que l’année 2026 soit historique pour le cinéma en Tunisie.
Victime d’un interminable acharnement judiciaire, cette jeune journaliste a aujourd’hui la vie brisée. Pourtant, son cas ne semble guère intéresser les cercles politico-humanitaires, d’habitude prompts à s’indigner. Alors que les figures de proue du mouvement « Azimoun » se sont éclipsées, de peur sans doute de subir le même sort.
Paris espère garder la Tunisie dans sa zone d’influence d’autant que ce soft power a fortement diminué chez ses anciennes colonies au Maghreb et au Sahel. La coopération avec Saied semble être satisfaisante aux yeux de l’exécutif français, dont la bienveillance s’explique aussi par les efforts menés pas Tunis pour empêcher les départs de migrants vers l’Europe.
Dans cette ville, respirer c’est inhaler un cocktail toxique fait d’acide sulfurique, de dioxyde de carbone, d’ammoniac et de métaux lourds. Signe des temps : le simple fait de pouvoir respirer un air qui ne tue pas est devenu un rêve collectif.
Ces révoltes des GenZ aux quatre coins du monde, viennent nous rappeler que nous vivons depuis le début du nouveau millénaire, un basculement significatif touchant tous les aspects de la vie sociale. L’histoire n’est pas à l’arrêt, comme le préconisait Fukuyama. Le choc des civilisations n’est pas une fatalité comme le voulait Huntington.