Tunisie : Ce qu’il s’est vraiment passé le 14 janvier à Tunis

Par Pierre Puchot – Médiatpart – Six mois ont passé depuis ce jour mémorable où Zine El Abidine Ben Ali, président de la Tunisie depuis cinq mandats, quittait le pays, à la grande joie des Tunisiens d’abord incrédules. Deux versions officielles, très incomplètes et donc insatisfaisantes, ont été rendues publiques, et documentaient jusqu’à aujourd’hui les circonstances de la fuite du dictateur honnis.[…]

Pour la Constituante

Depuis l’âge de 17 ans, je suis dans toutes les manifs, les grèves. J’ai été tabassé plusieurs fois, renvoyé de la faculté alors qu’il ne me restait qu’une année pour devenir ingénieur […]

Après la Dictature, la Mafia !

Le 14 juillet, la Tunisie fête sa révolution avec un joli feu de 400 hectares. La forêt de Kerkouen, Dar Chichou, Oued el Kssab brûle depuis deux semaines. Les pompiers, les militaires, la garde nationale, l’office de la protection des forêts et tous les habitants de la région entre El Haouaria et Menzel Témime savent pertinemment que cet incendie est d’origine criminelle et connaissent les auteurs de ce crime.

A quoi ça sert de s’entredéchirer alors que personne ne gagnera tout seul ?!

Les tunisiens ont balayé d’un revers de main le « chacun pour soi ! ». Ils l’ont démontré à la fin du mois de décembre et jusqu’au 14 janvier qu’ils étaient ravis de faire cause commune et faire dégager leur bourreau. Victimes d’une tyrannie politique et affairiste pendant plusieurs décennies, ils ont fini par se souder et se dresser comme un seul homme pour dire, « basta ! ». Depuis, le relais a été vite transmis aux mains des partis politiques, tout naturellement promus comme étant acteurs centraux du nouveau paysage politique.