Alors que le gouvernement tunisien s’engage de pied ferme dans la course à l’hydrogène vert, présentée comme une opportunité à saisir, c’est un tout autre son de cloche qui se fait entendre au niveau local.

Alors que le gouvernement tunisien s’engage de pied ferme dans la course à l’hydrogène vert, présentée comme une opportunité à saisir, c’est un tout autre son de cloche qui se fait entendre au niveau local.
Le théâtre engagé ou contestataire prospère en Tunisie. Il s’impose par ses performances artistiques, mais surtout par le choix de thématiques sociales trop souvent passées sous silence. Et voici qu’une pièce centrée sur la cause écologique brûle les planches.
La Goulette a longtemps paru un symbole du métissage et du vivre-ensemble. Certains sont nostalgiques des baigneurs aux mœurs bohèmes et du mélange des communautés. Ces images de cartes postales, c’est du passé. Place à d’autres populations, rongées par la misère.
« La transition énergétique ne se fait pas de manière équitable entre les pays du Nord et les pays du Sud », déclare une spécialiste. Et qu’attendre de la COP28 quand elle est présidée par le PDG d’une compagnie pétrolière ?
Les rejets toxiques du groupe chimique de Gabès ont contaminé les eaux côtières, entraînant une diminution drastique des ressources marines. Certains pêcheurs de la région ont choisi de risquer leur vie en empruntant leurs petits bateaux pour tenter de rejoindre l’Italie.
Un organisme public alerte les citoyens sur une catastrophe à laquelle d’autres organismes publics ont contribué. Tout se passe comme si l’inventaire des plages polluées était le stade terminal d’une fuite en avant des institutions. Une dérive extrêmement dangereuse, un summum de l’absurdité, déplore un spécialiste.
Hausse du prix du carburant, défaillance des transports publics, pollution atmosphérique : de plus en plus de Tunisiens se mettent au vélo, par conviction.
« C’est un signe de défaillance du ministère. La ministre se déplace avec ses cadres et se réunit avec les gouverneurs sans faire participer les communes. Tout cela pour avoir, au final, dix personnes qui ramassent du plastique », ironise le président de la Fédération Nationale des Communes Tunisiennes (FNCT). « L’initiative vise à ancrer la culture environnementale. La propreté est un effort quotidien qu’il faut déployer à vie », rétorque un responsable du ministère.
La bande côtière de la Tunisie s’étendant sur 1.300 km est l’une des premières richesses du pays. Une ressource mise en péril par la pollution. Chaque année, le ministère de la Santé publie une liste de plages interdites à la baignade. L’ONAS est pointée du doigt. Des analyses révèlent la présence de germes fécaux à des concentrations importantes. Et le laisser-faire n’incite guère les unités industrielles à limiter leurs rejets polluants.
Toute perturbation de l’environnement où vit un poisson peut provoquer des réactions dans son comportement. Il peut même changer physiquement. Le sar, menacé dans son habitat naturel, exprime son stress par le développement d’un comportement agressif. Et d’autres espèces étrangères sont désormais présentes dans les eaux tunisiennes, menaçant leur fragile équilibre écologique.
Initiatives locales, actions en justice, pétitions : face aux enjeux environnementaux qui bouleversent notre planète et des pouvoirs publics aux abonnés absents, de plus en plus d’acteurs de la société civile se mobilisent.
Alors que le contrat d’exploitation de la décharge de Borj Chakir devait expirer le 4 octobre 2021 et ainsi concrétiser sa fermeture, l’ANGED a pris la décision de le prolonger de six mois. Retour sur ce dossier épineux.
Dans ce reportage, Maryem nous embarque à la rencontre de trois jeunes femmes s’engagent contre la pollution dans la région de Gabès : l’air et les eaux contaminés par les rejets des usines de produits chimiques, mais aussi les déchets de ces usines qui jonchent la région. D’après elles, le fléau peut même devenir une source de revenus et de création d’emplois.
Points noirs, décharges anarchiques, ordures éparpillées… les déchets font désormais partie du paysage tunisien et imposent un constat d’échec de leur gestion.
Les zones humides sont une source de vie pour des populations entières. Elles abritent de nombreuses espèces animales et végétales. Leur étendue ne cesse de diminuer au fil du temps, et certaines ne peuvent plus assurer leur fonction de réservoir d’eau notamment pendant les périodes des crues. Or les crues sont de plus en plus à craindre dans un contexte de changements climatiques.
Les sacs en plastique, notamment les sacs à usage unique, existent encore dans les grandes surfaces, même si le décret gouvernemental qui interdit leur utilisation est entré en vigueur en mars 2020. Quels sont donc les différents types de sachets qui se trouvent dans les grandes surfaces ? Quelle est la démarche du gouvernement dans l’interdiction des sacs en plastique ? Quelles sont les difficultés techniques et politiques à surmonter à cet égard ?
Cet été, les méduses ont envahi les plages en Tunisie, au grand dam des baigneurs. Une invasion qui témoigne du déséquilibre touchant le milieu marin depuis des années. Surexploitation des ressources maritimes, pollution, réchauffement climatique, autant de causes qui facilitent la reproduction des méduses. Ainsi, l’humain est à la fois la victime et le responsable de leur multiplication.
Alors que la Tunisie a renouvelé son engagement à protéger l’environnement lors de la COP25 tenue du 2 au 13 décembre à Madrid, quatre ans après la signature de l’Accord de Paris, la population de Gabès continue à subir les émissions toxiques du Groupe Chimique Tunisien. Le 9 décembre, les habitants de Chatt Essalem, centre de Gabès, ont « éprouvé des difficultés respiratoires », d’après un communiqué du FTDES.