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Maya Ksouri face à Yasmina Khadra: L’imposture des chroniqueurs tv

Cet entretien a porté préjudice à la littérature, à laquelle il faut rendre hommage, pour qu’elle ne soit plus malmenée par des chroniqueurs/euses qui croient faire la pluie et le beau temps, qui, par la grandeur de leur petitesse devant cet édifice dont la hauteur leur donne le vertige, confondent l’homme et l’écrivain, le texte et le contexte et croient comprendre tout de l’œuvre.

Mythe de la double caverne : Platon, Jean et Mohamed à l’heure du Covid-19

On connaît bien le mythe de la caverne platonicien. Des prisonniers qui ne savent pas qu’ils le sont, prennent pour la réalité les reflets et les ombres qu’ils voient sur les parois de l’antre qui les héberge. Imaginons que l’un d’entre eux, raconte Platon, soit conduit de force vers la sortie. Il sera ébloui par la lumière du soleil et sa première réaction sera de vouloir retourner dans la caverne.

Crise Covid-19 : Une occasion historique pour annuler la dette

La dangerosité de cette dette ne réside pas dans sa valeur intrinsèque ou relative au PIB. Elle réside surtout dans sa nature. Le fait que la majorité de la dette tunisienne soit détenue par des partenaires étrangers met la Tunisie dans une situation de tutelle. Cette situation, au-delà de sa gravité réelle, représente un traumatisme dans la mémoire collective liée à l’instauration du protectorat français en 1881, à cause justement de l’endettement.

Les sardines, les « sans-dents », le chef du gouvernement et… Steinbeck

Lors de son tout dernier entretien télévisé, le chef de gouvernement Elyes Fakhfakh, agacé par le propos de la journaliste mettant en avant les insuffisances de certains centres d’hébergement de quarantaine Covid-19, lui rétorqua qu’on devait réviser nos exigences en termes de confort et apprendre à « ouvrir une boîte de sardines avec les dents ». Etrange exemple qui dénote de l’improvisation du moment, tant il paraît pour le moins incongru de parvenir à ouvrir une boîte métallique avec ses dents, même avec toute la bonne volonté du monde et les efforts dictés par l’indigence la plus extrême.

Covid-19 : La nécessité d’un journalisme scientifique

Malgré l’ampleur de l’offre médiatique sur le nouveau Coronavirus, les connaissances scientifiques relatives à cette pandémie suscitent souvent des malentendus chez le grand public. Nombreuses sont les théories du complot et les rumeurs qui circulent, en ligne et hors ligne, sur le SARS-CoV-2. A l’origine de cela, l’illettrisme scientifique, une marginalisation des sciences humaines dans les formations scientifiques et l’absence d’un journalisme scientifique.

L’œuf, le « sans-part », le Président et… Leibniz

Ces derniers jours auront été sans nul doute marqués par « l’épisode de l’œuf ». Rappelons-en toute de même brièvement la teneur. Sorti durant le couvre-feu nocturne pour aider à la distribution des aides alimentaires dans la région de Kairouan, Kais Said, noyé dans la foule qui s’était agglutinée apprenant sa venue, est brusquement pris à parti par un homme désespéré qui lui tend un œuf avant de s’éclipser, non sans avoir expliqué que c’était là tout ce dont il disposait pour dîner.

Figures de la précarité urbaine au féminin: L’expérience de l’association Beity

A l’occasion du huitième anniversaire de l’association Beity, nous publions ce texte dont nous a fait part sa présidente Sana Ben Achour. Cette contribution interroge le lien entre les configurations de l’espace et les rapports sociaux de sexe dans la fabrique des laissé-e-s pour compte. L’espace urbain et l’habitat ne sont-ils qu’une simple scène sur laquelle se jouent les violences, les marginalités et les exclusions ou participent-ils de la déstructuration-restructuration des individus et des rapports sociaux ?

Le syndicaliste, le politique et l’intellectuel

Un syndicaliste est par essence partial. Il pense ici et maintenant, lève la barre de ses exigences pour améliorer les conditions de négociation. Un politique s’active pour gouverner en promettant un projet de société. Un intellectuel, quant à lui, imagine, ouvre des horizons, défend un idéal. Gare au mélange des genres et à la confusion des rôles.

Le capitalisme tunisien à l’épreuve du Coronavirus

Le capitalisme à la tunisienne, rudement mis à l’épreuve par cette crise, est à bout de souffle. Bien loin de la concurrence pure et non-faussée, il est depuis des décennies basé sur le copinage et les bonnes relations avec le pouvoir en place. Le voici menacé d’effondrement, en dépit des envolées lyriques et de la virulence du président de l’UTICA.

« La mandragore » de Machiavel, une comédie politique ?

La philosophie de Machiavel est fondée sur “l’intérêt” qui est un mot clé dans sa pensée politique quand il réfléchit sur le pouvoir et quand il décortique ses mécanismes. L’intérêt est parfois “auréolé” de religion, ce qui fait perdre au terme “morale” toute sa signification et, par conséquent, fait perdre à la religion tout crédit.

Plaidoyer pour une société politique post-Covid-19

La question du modèle politique est centrale. Le modèle, ce n’est ni le régime, ni le système. Il s’agit d’une problématique « méta » qui, comme telle, se situe au-delà des considérations techniques qui accompagnent immanquablement les réflexions purement procédurales. C’est, plus fondamentalement, de tradition dont nous parlons ici. Et derechef, la question : sur quelle tradition politique voulons-nous bâtir notre après-Corona ?

Covid-19 : Dérapage anti-décentralisation en Tunisie ?

Les temps sont durs pour le pouvoir local qui se trouve de plus en plus désorienté en raison notamment des lacunes observées au niveau du Code des Collectivités Locales inhérentes, du reste, à l’interférence des rôles entre les deux pouvoirs, local et central. Mais au-delà de ces lacunes et du retard accusé relatif à la publication des décrets d’application, les collectivités locales, ne sachant à quel saint se vouer, sont déstabilisées après la fameuse circulaire du chef du gouvernement publiée le 25 mars 2020 pour faire face à la crise pandémique du Covid-19.

Covid-19 : Revoir le modèle économique tunisien

La crise du Covid-19 a permis l’éclosion d’une myriade d’initiatives que le système économique normal empêchait de germer. La pandémie a mis en évidence l’extrême fragilité de secteurs tels que le tourisme, la sous-traitance ou les services, qui ne peuvent jouer le rôle d’ossature de l’économie nationale. A situation exceptionnelle, réponses exceptionnelles. Voici quelques pistes de réflexion et d’action.